Andy Murray
Le Britannique Andy Murray | AFP - MIGUEL MEDINA

Le trio Djokovic-Murray-Federer déjà mordant

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Invaincu depuis sa demi-finale perdue contre Rafael Nadal à l'US Open, Andy Murray (N.2) a conquis une 16e victoire consécutive, aux dépens de Jérémy Chardy, lors du 2e tour du Masters 1000 de Bercy. Tête de série N.2, le Britannique l'a emporté 6-2, 6-4, et ouvre la voie au trio de favoris pour la conquête du titre parisien. Novak Djokovic (N.1) est passé aux dépens d'Ivan Dodig (6-4, 6-3), Roger Federer (N.3) dominant nettement Adrian Mannarino 6-2, 6-3.

Novak Djokovic en souffrance physique, Rafael Nadal au repos pour mieux préparer les deux dernières échéances de 2011, Roger Federer de retour depuis dix jours après six semaines d'arrêt, et Andy Murray, fringant et insatiable. Voilà le panorama des quatre meilleurs joueurs du monde en plein milieu de cette semaine parisienne. A dix jours du Masters de Londres, la bonne santé physique, mentale et tennistique de l'Ecossais tranche avec celle de ses rivaux. Mais deux d'entre eux ont apporté des éléments de réponse.

16e succès consécutif pour Murray

Après avoir réalisé le triplé Bangkok, Tokyo et Shanghaï avant de se faire porter pâle à Bâle, il vient d'enchaîner la bagatelle de 15 victoires consécutives sur le circuit. Depuis sa défaite en demi-finale de l'US Open contre Rafael Nadal, il n'a toujours pas mordu la poussière. Et Jérémy Chardy n'a pas été le premier à y parvenir.

Pris à la gorge dès l'entame du match, le Palois a fini par céder son engagement sur la troisième balle de break concédée dans ce premier jeu du match. Après vingt minutes, il était déjà mené (4-0). "Je trouve que je fais un bon début de match, et je me prends 4-0", avouait-il après le match. "Je crois qu'il ne fait pas une faute directe lors des quatre premiers jeux." Sans se procurer la moindre balle de break dans ce premier set, il le perdait 6-2 en 35 minutes de jeu. Beaucoup plus offensif dans la deuxième manche, plus performant au service, secteur de jeu qu'il savait être crucial pour exister, il s'accrochait, mais devait une nouvelle fois céder son service sur une double-faute (3-2). Cette petite différence suffisait au 3e mondial pour rester devant et remporter ce match, après 1h19 de jeu, 6-2, 6-4. "Au début du 2e set, j'ai commencé à frapper plus fort en coup droit, à jouer de meilleures zones. A la fin, je l'ai fait douter." N'ayant jamais réussi à battre un seul membre du Top5 dans sa carrière malgré ses quatre Top10 à son palmarès, Jérémy Chardy a encore vu l'écart qui le sépare des tout meilleurs. "Je suis sur la bonne voie", estime-t-il.

Le 110e mondial ne se faisait pas d'illusion face à un joueur qui l'a dominé pour la quatrième fois et dont il dresse les points forts: "Il ne joue pas si vite que ça, mais il varie souvent les effets, les hauteurs. Il a une très bonne main, sait tout faire. Tactiquement, il est très fort, très intelligent." En 8e de finale, Andy Murray sera confronté à l'Américain Andy Roddick, qu'il n'a affronté qu'une fois cette saison (victoire au Queen's) et qu'il a battu à sept reprises en dix matches. "Il faut avoir de la patience contre lui", indique l'Ecossais. "Il faut mettre la pression sur ses jeux de service. Si on arrive à le faire, on le gêne car il n'aime pas ça. Mais quand il est sur sa lancée, qu'il gagne des points faciles sur son service, à ce moment-là, il se met à très bien jouer. A mon avis, il a le meilleur service du tennis en ce moment."

Nole rassurant

Toute la question était de savoir si l’épaule douloureuse de Novak Djokovic allait tenir. Le Serbe qui avait testé cette épaule mardi soir durant un court entraînement d’une heure, ne semblait pas trop souffrir lors des premiers échanges.Opposé au Croate Ivan Dodig, le N.1 mondial a toutefois débuté tout en douceur, profitant d’une certaine crispation de son adversaire, comme en témoigne un retour de service terminant dans le plafond du Palais Omnisports de Paris-Bercy, et permettant à Djokovic de mener 3-2 sur un jeu blanc. Le Serbe profitait alors d’une défaillance de son adversaire sur la première balle de service pour le mettre sous pression.

Tombeur de Rafael Nadal au deuxième tour du Masters 1000 de Montréal, Dodig n’était donc pas plus impressionné que ça de se retrouver face à un Djoko que l’on dit diminué par son épaule. Pointant au 39e rang mondial, le fan de Goran Ivanisevic aura tenu 40 minutes dans le premier set, avant de voir Djoko se procurer trois balles de set et remporter la manche sur la première d’entre elles (6-4). Pour ce qui est de son épaule, les très nombreux supporteurs de Nole peuvent être rassurés. Sur un coup droit effectué le dos face au filet, le N.1 mondial réalisait un passing qui laissait bouche bée le public parisien.

Au fil des jeux, le visage de Dodig était de plus en plus marqué. Et alors que son service n’était déjà pas très brillant sur la première balle, son taux de réussite passait de 51 à un bien maigre 40 %. Evidemment, face à l’actuel meilleur joueur du monde, il était bien difficile de tenir le score. Vainqueur en 2009, Djokovic faisait durer les échanges, et malgré la lenteur des balles, sentait à quel moment il devait accélérer la cadence. Il menait rapidement 5-2, puis enlevait finalement la rencontre (6-4, 6-3) après 1h31 sur un ace, le premier et dernier de la partie…

Federer, lesson two

Du premier affrontement avec Roger Federer à Wimbledon en juillet dernier, Adrian Mannarino avait retenu le sentiment d'avoir reçu une leçon. Autre lieu, autre surface, autre atmosphère, mais sans doute le même constat. Et un score identique, si l'on enlève le troisième set londonien réglementaire (6-2, 6-3). Moins d'une heure de match, quelques éclairs, quelques jolis coups, mais une défaite. Il a beau ne plus être N.1 mondial, ne même plus faire partie des trois meilleurs du monde, et affronter un Français devant ses supporteurs, le Suisse fait toujours autant d'effet sur le public. L'ovation d'avant-match, c'était pour lui. Après aussi, évidemment. Sans forcer, en variant beaucoup ses coups et ses effets, le 4e mondial a fait le break au quatrième jeu (3-1) puis une deuxième fois sur le dernier jeu de la première manche (6-2) pour l'empocher en 24 minutes. Avec seulement 46% de premières balles, le Valdoisien avait du mal à lutter.

Après avoir fait appel au kiné pour soigner une main ensanglantée après une chute dans le premier jeu de la 2e manche, Adrian Mannarino devait abandonner son service sur une double faute (3-1). Trop inconstant face à une référence en la matière, le 85e mondial ne pouvait empêcher l'inéluctable. "J'ai l'impression qu'il y a un monde d'écart entre nous deux. J'ai l'impression qui n'est jamais pris de vitesse. Même quand j'ai l'impression de servir une très bonne 1ère balle, j'ai le sentiment de servir une 5e balle, parce qu'il est l'aise dessus, et il me met en danger tout de suite sur le deuxième coup", constatait le Français à l'issue de sa défaite. "Le sentiment que j'ai, c'est qu'il joue trop vite pour moi, que je suis tout le temps sous pression, il m'oblige à prendre des risques que je n'ai pas l'habitude de prendre. Finalement, j'ai l'impression d'avoir fait quelques beaux points et énormément de fautes."

Au bout de 55 minutes passées sur le terrain, Roger Federer s'imposait sans avoir concédé la moindre occasion de perdre son service, ne commettant que sept petites fautes directes contre vingt-cinq à son adversaire. "C'est un bon début", constatait-il après sa victoire avant de préciser son sentiment concernant la surface: "Je n'ai pas l'impression que c'est une surface injouable. On a du temps pour prendre ses repères. (...) Il est plus rapide qu'il y a quatre ans, quand j'avais perdu contre Nalbandian sur un Roland-Garros bis." Dans le seul Masters 1000 dont il n'a jamais atteint la finale, le Suisse affrontera en 8e de finale Richard Gasquet, un joueur qu'il a battu huit fois en dix affrontements mais dont le dernier rendez-vous s'était soldé par une défaite, sur la terre-battue romaine.