Djokovic - Federer
Répondant à la demande des premiers joueurs mondiaux, le passeport biologique est instauré dans le tennis | AFP - GLYN KIRK

Le tennis dit oui au passeport biologique

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La Fédération internationale de tennis (ITF) a officialisé l'application du passeport biologique dès la saison 2013, dans le cadre de la lutte antidopage. Les instances du tennis répondent ainsi à la demande croissante des principaux joueurs du circuit, qui réclamaient plus de contrôles durant la saison, notamment sanguin.

Le passeport biologique est arrivé. Après le cyclisme, qui l'avait instauré dès 2008, ou encore l'athlétisme et la natation qui l'avaient adopté plus tard, c'est au tour du tennis de se mettre à la page. Il était temps diront certains. Désormais, le nombre de tests urinaires et sanguins seront revus à la hausse tout au long de la saison, mais aussi hors compétition. 

Cette évolution dans la lutte anti-dopage était devenue nécessaire après les plaintes répétées de joueurs de premier plan, tels que Roger Federer et Andy Murray, de ne pas subir assez de contrôles tout au long de la saison. "Penser que le tennis est propre, c'est naïf , disait encore récemment le Suisse à la chaîne CNN. Notre sport a besoin de faire le maximum pour être certain que l'intégrité sera préservée. Je me suis toujours battu pour qu'il y ait plus de contrôles."

Federer: "Moins de contrôles qu'il y a six, sept ou huit ans"

En 2012 l'ITF a procédé à 2 185 tests, dont 187 contrôles sanguins. Le problème majeur de ces tests est surtout qu'ils ne surprennent que peu souvent les joueurs. Ainsi, en 2011, il n'y avait eu que 21 tests d'effectués en dehors des périodes de compétition. A titre de comparaison, l'Union Cycliste Internationale en avait réalisé 3 314 contrôles inopinés sur la même période !

 En novembre dernier, Federer encore lui, avait tiré la sonnette d'alarme : "J'ai l'impression de subir moins de contrôles qu'il y a six, sept ou huit ans". Même son de cloche du côté d'Andy Murray : "Il me semble que les tests hors-compétition pourraient et devraient être plus fréquents. En décembre, quand les joueurs s'entraînent et préparent la prochaine saison, il serait bon de venir les contrôler plus souvent. Moi par exemple, je serais complètement d'accord pour que quelqu'un vienne voir ce que je fais dans ces périodes-là."

"Un excellent outil dans la lutte contre le dopage"

La balle était donc déjà dans le camp des instances du tennis, qui ont répondu favorablement à leur demande. "La mise en place d'un passeport biologique est une étape importante pour le Programme antidopage du tennis dans la mesure où il fournit un excellent outil dans la lutte contre le dopage", a expliqué Francesco Ricci Bitti, président de l'ITF. Il est sûr qu'avec plus de contrôles, le tennis gagnera il est sûr en crédibilité. A l'heure où les surfaces, de plus en plus lente, favorisent les joueurs les plus endurants, il était important de lutter plus fort pour que ce sport se mette à jour.

Le passeport biologique, comment ça marche ? Dans les faits, il permettra de déceler un éventuel dopage en observant ses effets sur l'organisme à travers plusieurs paramètres biologiques tels que  l'hématocrite ou le taux d'hémoglobine. En cas de variations trop importantes d'un de ces paramètres, l'athlète soupçonné pourrait être accusé de dopage. Une évolution saine et nécessaire dans le monde du tennis qui aspirait à plus de transparence. Reste à savoir si le passeport biologique apportera des résultats encourageants, ou pas... A suivre !