Bercy - Photo pretexte
Bercy - Photo pretexte | FRANCK FIFE

Le dur, nouvelle terre des Français

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Avec un tournoi du Grand Chelem disputé sur terre-battue, la France pourrait être une nation très forte sur cette surface. Ce n’est pas le cas, et l’histoire contemporaine montre que les Tricolores ont obtenu de bien meilleurs résultats sur surface dur. A tel point que les deux autres tournois majeurs dans l’Hexagone (BNP Paribas Masters de Bercy et Open Gaz de France) se disputent sur des surfaces rapides. Un signe ?

Glissades ou blocages, aces ou rallyes de fond de court, service-volée ou lift, la France hésite. Entre la terre-battue et les surfaces rapides, les joueurs français n’affichent pas de certitudes absolues, et cela ne date pas d’hier. Si la période d’avant-guerre était assez claire dans les Grands Chelems (schématiquement, les Australiens gagnaient l’Open d’Australie, les Français Roland-Garros, les Britanniques Wimbledon et les Américains l’US Open), la suite a été beaucoup moins précise.

Depuis l’arrivée de l’ère Open, hormis la victoire de Yannick Noah sur les courts de la Porte d’Auteuil, celle de Mary Pierce, et la finale de Henri Leconte au même endroit, les Tricolores ont plutôt trouvé des couleurs loin de l’ocre. Mary Pierce et Amélie Mauresmo ont trouvé leur bonheur à l’étranger (Open d’Australie), Sébastien Grosjean ou Cédric Pioline également (finale en Australie et à l’US Open), tout comme Jo-Wilfried Tsonga (finale à l’Open d’Australie). Terrain préféré des Espagnols depuis plus de 20 ans, la surface lente réclame un niveau physique exceptionnel, une science tactique très poussée, une patience à toute épreuve, sans oublier un jeu de jambes très particulier. De ces efforts physiques intense dans la préparation comme dans le déroulement de l’épreuve, les joueurs français préfèrent souvent le beau jeu, les beaux coups…

Il n’est donc pas étonnant que le choix des surfaces, lors de la Coupe Davis notamment, se porte sur des surfaces rapides, puisque la France n’a été couronnée que loin de la terre dans l’ère moderne (1991 sur dur à Lyon, 1996 sur dur en Suède, 2001 sur gazon en Australie), subissant les plus cruelles déroutes sur terre (finale 2002 à Bercy contre la Russie, finale 1999 à Nice contre l’Australie, finale 1982 à Grenoble contre les Etats-Unis). Chez les filles, même constat avec les deux sacres conquis sur moquette à Bois-le-Duc en 1997 et à Moscou en 2003.

Si Roland-Garros présente sa plus belle robe ocre au grand public, ses entrailles recèlent de courts en dur couverts, au sein du CNE, où les joueurs s’entraînent la majeure partie du temps lorsqu’ils sont à Paris durant l’année. Et quand certains anciens pointent du doigt le manque d’entraînement sur terre-battue des Français pour prétendre à la victoire finale à Roland-Garros, cela prouve bien que l’image liée à ce Grand Chelem ne colle pas si bien aux joueurs actuels.