Andy Murray
Andy Murray | LIONEL BONAVENTURE / AFP

La désillusion Murray

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Un jour après l'élimination de Novak Djokovic (N.2), Andy Murray (N.3) s’est incliné dès les huitièmes de finale du BNP Paribas Masters. Le Britannique a subi la loi du qualifié polonais Jerzy Janowicz en trois sets, 5-7, 7-6(4), 6-2 devant un public incrédule. C’est la première fois depuis Bercy 2006 qu’aucun des quatre ténors du circuit (Federer, Djokovic, Murray, Nadal) n’est présent en quarts de finale d’un Masters 1000. Le tournoi est décimé.

Quelle sensation ! Comme le Tchèque Rosol à Wimbledon contre Nadal, Jerzy Janowicz a réussi un vrai tour de force en sortant Andy Murray en huitièmes de finale du Masters 1000 de Paris. Après avoir senti le boulet de la défaite lorsque l’Ecossais a vendangé une balle de match à 5-4 au deuxième set, le jeune Polonais (22 ans dans 10 jours) a serré la vis pour déborder le vainqueur de l’US Open qui s’est agacé devant tant de réussite.

Intraitable au service

Servant le plomb (22 aces), Janowicz a minimisé le fameux retour de Murray, sa meilleure arme. Le géant Slave (2,03 m) aux faux airs de Ray Liotta a remporté 83% des points joués après sa première balle. Et même s’il a commis de nombreuses fautes (38 contre 25), ses 51 coups gagnants (à 31) ont enfoncé Murray notamment dans le troisième acte. Pas manchot non plus au filet (14 montées réussies sur 20 contre 18/30), l’enfant de Lodz n’avait rien d’un 64e mondial, son classement lundi à l’ATP.

Dans la première manche, le combat fût intense et il fallu toute l’expérience de Murray et sa science des points importants pour breaker à 5-5, au meilleur moment (comme hier soir face à Paul-Henri Mathieu). L’Ecossais pensait bien avoir fait le plus difficile d’autant qu’il s’emparait de nouveau de la mise en jeu adverse pour servir pour le match à 5-4. Il s’offrait même une balle de match mais manquait un coup droit (beaucoup trop lifté) et s’énervait, ce qui lui valait de se faire huer par le chaud public du POPB.

Culotté et entreprenant

Le vainqueur des JO craquait ensuite dans le jeu décisif (0-2 puis 2-4 et finalement 4-7). Contre toute attente et un peu comme pour Novak Djokovic hier, il allait devoir disputer une troisième manche très incertaine contre un joueur qu’il devait à peine connaître avant le début du tournoi. Et ce fût un calvaire. Les spectateurs ayant pris son parti, le Polonais jouait crânement sa chance, distribuant de grands coups droits dévastateurs et des parpaings au service. Il réalisait un premier break puis un second avant de servir pour le match. Murray sauvait bien une balle de match sur un passing de coup droit splendide mais Janowicz concluait quelques instants plus tard sur un ultime coup droit long de ligne (5-7, 7-6, 6-2 en 2h24). La plus belle performance d’une carrière jusque là assez terne mais qui ne demande qu’à décoller.

Pour la première fois depuis Bercy 2010 (victoire de Robin Soderling), la victoire dans un Masters 1000 va donc échapper aux cadors du "Big Four". Quant au dernier qualifié à avoir atteint les quarts de finale dans un Masters 1000, il s'agit de Matthew Ebden, l'an dernier à Shanghai.

Simple messieurs (8e de finale):
Gilles Simon (FRA) bat Kei Nishikori (JPN/N.15) par forfait (blessure cheville droite)
Tomas Berdych (CZE/N.5) bat Kevin Anderson (RSA) 1-6, 6-3, 6-4
Jerzy Janowicz (POL) bat Andy Murray (GBR/N.3) 5-7, 7-6 (7/4), 6-2
Janko Tipsarevic (SRB/N.8) bat Juan Monaco (ARG/N.9) 6-3, 3-6, 6-3
Jo-Wilfried Tsonga (FRA/N.6) bat Nicolas Almagro (ESP/N.11) 7-6 (7/4), 7-6 (7/3)
David Ferrer (ESP/N.4) bat Stanislas Wawrinka (SUI/N.16) 6-2, 4-6, 6-2
Michaël Llodra (FRA) bat Juan Martín Del Potro (ARG/N.7) 6-4, 6-3
Sam Querrey (USA) bat Milos Raonic (CAN/N.14) 6-3, 7-6 (7/1)