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Nadal se hisse en finale du Masters 1000 de Rome | AFP-BOUYS

Gasquet cramé, Murray pas loin

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Héroïque depuis le début de la semaine, Richard Gasquet n'a rien pu faire en demi-finale du Masters 1000 de Rome face à Rafael Nadal. Marqué par les efforts consentis lors des deux derniers jours, le Biterrois n'a tenu le choc qu'un set avant de déposer les armes face au numéro un mondial (7-5 6-1), qui affrontera en finale le Britannique Murray ou le Serbe Djokovic.

La troisième marche était trop haute. Après avoir fait chuter le grand Roger Federer et le Tchèque Tomas Berdych, membre du Top 10, respectivement en huitième et quart de finale, Richard Gasquet a dû déposer les armes en demi-finale face au numéro un mondial, Rafael Nadal. "Je commence à être fatigué", avait prévenu le Biterrois mais malgré la débauche d'énergie consentie depuis le début de la semaine romaine, il a joué sa chance à fond en faisant jeu égal tout au long de la première manche.

Déjà battu à huit reprises en huit matches par le Majorquin, le numéro deux tricolore n'a pourtant pas fait le moindre complexe en début de match, démontrant que sa cinquième qualification dans le dernier carré d'un Masters 1000 ne devait rien au hasard et était bel et bien le reflet d'un réel renouveau. En variant à merveille, en s'appuyant sur une nouvelle confiance et sur son incomparable revers, le Français a poussé le roi Nadal dans ses derniers retranchements au cours des sept premiers jeux en s'offrant la bagatelle de quatre balles de break. Son incapacité à transformer ces occasions a sonné comme le chant du cygne. Le poids des deux matches précédents a fini par avoir raison de sa bonne volonté.

Un Gasquet à deux visages

Bousculé au cours des premiers jeux, Rafa attendait son heure. Après avoir plié sans jamais rompre, le Majorquin a su profiter de sa première et seule occasion dans la première manche pour prendre le large et s'emparer du gain de la première manche. Le sort de la rencontre était scellé. Gasquet ne procurait plus la moindre balle de break, ne remportait que quatre points sur l'engagement adverse au cours du deuxième set, que neuf sur le sien… Après un premier acte prometteur, le match tournait à la démonstration. Nadal prenait son envol vers de possibles retrouvailles avec Djokovic, mais s'il a reconnu à la sortie du cours qu'il préférait retrouver Andy Murray. "Je ne suis pas stupide, je préfère Murray", a-t-il plaisanté. Djoko est "fantastique, il semble imbattable cette année, et puis je ne suis pas le genre de gars qui cherche la revanche", a ajouté l'Espagnol, défait six jours plus tôt en finale à Madrid par le Serbe. "Mais si je joue contre Murray, ça voudra dire affronter le gars qui a battu Djokovic, alors ce sera très difficile aussi".

Murray fait souffrir Djokovic

Novak Djokovic, tête de série N.2, s'est qualifié pour la finale en venant difficilement à bout de l'Ecossais Andy Murray (6-1, 3-6, 7-6 (7/2)) et retrouvera Rafael Nadal, qu'il avait battu au même stade de la compétition il y a une semaine à Madrid. Djokovic a allongé à 36 sa série de victoires depuis le début de la saison. Il n'a pas perdu un match en 2011, et s'approche du record de John McEnroe (42 victoires d'affilée début 1984). Il s'agit cependant d'une victoire au forceps pour le Serbe qui a dû lutter plus de trois heures pour finalement prendre le dessus sur le Britannique.

Murray a raté son début de match avant de se ressaisir au deuxième set. Breaké en début de troisième acte, l'Ecossais s'est démené pour revenir et servir pour le match à 5-4 dans un troisième set de folie (il est même passé à deux points du match). Mais le vainqueur de l'Open d'Australie n'est plus le joueur d'il y a quelques années qui lâchait le morceau: il se bat jusqu'au bout et croit dur comme fer à ses capacités de déborder son rival au finish. Lors du jeu décisif, il n'a laissé que des miettes à Murray pour l'emporter. Reste une inconnue: dans quel état physique sera-t-il dimanche pour affronter u Rafael Nadal revanchard après ses trois défaites face au Slave en finale (Indian Wells, Miami, Madrid) ?

"J'aurais dû gagner", a regretté le N.4 à l'ATP après sa défaite. "Mais si je continue à travailler dur, a tirer les leçons des erreurs commises aujourd'hui, je peux aller plus haut", a poursuivi Murray. "J'ai passé quatre, cinq ans parmi les quatre meilleurs du monde, a ajouté l'Ecossais. J'étais sur une mauvaise pente mentalement ces derniers temps, mais votre tennis ne part jamais. Je ne me suis jamais senti en crise, j'avais juste besoin de sortir de cet état mental, de retrouver la bonne attitude." "J'ai joué mon meilleur tennis contre le meilleur joueur du monde en ce moment. Je ne sais pas (s'il s'agit de mon meilleur match sur terre battue), a-t-il dit, mais je peux gagner le French (Roland-Garros), ça me donne confiance".

Thomas BONNET