Rafael Nadal (Masters 2017)
Rafael Nadal lors de sa dernière apparition au Masters, en 2017 | Alberto Pezzali / NurPhoto

ATP Finals : Nadal et le Masters, je t'aime moi non plus

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Vainqueur des quatre Grands Chelems, des Jeux Olympiques, de la Coupe Davis, Rafael Nadal n'a qu'un trou à son palmarès : le Masters. Son histoire avec le tournoi des Maîtres reste compliquée et l'édition 2019 pourrait bien ne pas déroger à la règle.

Bonjour à tous, hier (lundi), j’ai passé une IRM à Majorque et malgré une petite distension abdominale, je vais me rendre à Londres. Jeudi ou vendredi, je tenterai d'adapter mon service. L’idée est de pouvoir jouer le Masters, merci pour le soutien !” C’est par ces mots que Rafael Nadal a, mardi sur Twitter, laissé un espoir à ses fans. “L’idée est de pouvoir jouer à Londres”... Si pour d’autres, ce petit passage pourrait passer inaperçu, chez le numéro un mondial, il permet l'interprétation, voire le doute. Pourquoi ? Parce qu’il vit une histoire pour le moins contrariée avec le tournoi des Maîtres.

Une petite colle pour commencer : savez-vous combien de matches a disputé Rafael Nadal au Masters depuis cinq ans, soit depuis l’édition 2014 ? Cinq petites rencontres dont deux défaites face à Novak Djokovic (2015) et David Goffin (2017). Dans le même temps, ses meilleurs ennemis, Djokovic et Federer ,en ont respectivement joué 20 (pour 17 succès) et 18 (pour 13 victoires). Un gouffre. 

On le sait, le physique de “Rafa” grince souvent. Et particulièrement, assez logiquement d’ailleurs, en fin de saison. On en veut pour preuve son zéro pointé aux Masters 1000 de Shanghai et Bercy et au Masters. Après un début de saison généralement canon puis une tournée sur terre exténuante, le corps de Nadal souffre à partir de la mi-saison jusqu’à craquer à l’automne venu. La saison 2019 ne déroge donc pas à la règle. On le pensait lancer vers une première finale à Paris depuis 2007, las les abdominaux ont dit stop. Et s’il a bien fait partie du tirage au sort de mardi, rien ne garantit qu’il sera sur le court de l’O2 Arena à partir de lundi dans le groupe Agassi.

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La Coupe Davis dans la balance ?

Un forfait de Nadal, le huitième en quinze qualifications - il passerait donc la barre symbolique des 50% - pour les finales de la saison, ne serait pas une surprise. Ce qui en serait une, ce serait plutôt de le voir briller à Londres, en indoor là où son jeu s’exprime le moins bien (16 victoires-13 défaites au Masters en carrière). Si en extérieur, son ratio de victoires atteint le chiffre ahurissant de 84,8%, il tombe à 68,1% dans la chaleur des salles obscures. Quelque part, comme certains avant lui, Nadal paye sa moins bonne appréhension d’une surface. Face à Federer, il affiche 60% (24/40) de succès au total pour un maigre 16% en indoor (1/6) alors que contre Djokovic son ratio passe de 48% (26/54) à 28% (2/7). Maigre, très maigre pour l’Espagnol.

Aussi, au vu de sa réussite, on peut aisément comprendre que Nadal ne pousse pas son corps au-delà de ses limites en fin de saison. Une blessure aggravée au Masters pourrait compromettre sa préparation et donc la saison suivante. Encore en course pour la place de numéro un mondial - Novak Djokovic, son ultime adversaire, doit au moins atteindre la finale pour le dépasser, le maître de Roland va-t-il tenter le tout pour le tout pour sauver son trône ? Rien n’est moins sûr. En revanche, la première phase finale de la nouvelle Coupe Davis, organisée à Madrid sous l’impulsion de son ami Gérard Piqué, pourrait bien peser un peu plus lourd dans la balance. Malheureusement diront certains.