Michael Llodra
Michael Llodra rageur | MAXPPP - IAN LANGSDON

Ferrer rend Tsonga inoffensif

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Dans le choc de ces quarts de finale entre les deux dernières têtes de série du tournoi, David Ferrer (N.4) s'est qualifié pour les demi-finales du BNP Paribas Masters aux dépens de Jo-Wilfried Tsonga (N.6) 6-2, 7-5. Le Français a commis trop de fautes, s'inclinant pour la 2e fois en 3 duels et perdant un nouveau match contre un Top10. L'Ibère jouera Michael Llodra, tombeur de Sam Querrey 7-6 (7/4), 6-3. Un bel exploit pour le Parisien, qui reviendra dans le Top 100

LE TABLEAU DU BNP PARIBAS MASTERS DE BERCY

En manque de sensation au premier set, en manque de réussite globalement. Jo-Wilfried Tsonga n'a pas été outrageusement dominé par David Ferrer. Il a simplement été moins constant, moins performant, moins bon. Et contre l'une des machines les mieux huilées du circuit mondial, cela ne pardonne pas. Un chiffre démontre cette infériorité: aucune balle de break obtenue durant l'heure vingt de match. Et il court toujours après sa première victoire contre un membre du Top 10 cette saison.

 Très incisif et agressif en début de match, le Français a d'entrée voulu asphyxier l'Espagnol, en montant souvent au filet, en tentant des coups définitifs. Mais rapidement, il a commis des fautes grossières, ce qui le contraignait à prendre toujours plus de risques. Dans le sixième jeu, sur sa troisième balle de break consécutive, la tête de série N.4 s'emparait du service adverse (4-2). Il remportait le jeu suivant en profitant de trois fautes directes du Manceau (5-2). Visiblement en manque de sensation, Tsonga poursuivait sa mauvaise série en cédant une nouvelle fois son engagement, sur un jeu blanc et sur quatre fautes de revers (6-2). En 32 minutes, Ferrer avait pris un ascendant, remportant 17 points sur son service contre 11 au Français dans un secteur de jeu qui n'est pourtant pas son point fort. Le nouvel "élève" de Roger Rasheed changeait donc de raquette, et obtenait le soutien du public qui sentait son protégé sur la voie de la perdition.

Michael Llodra: "Je suis audacieux, je tente, ça marche. Sur une semaine, je sais que je peux être performant. Mais vous m'auriez vu voici quatre semaines jouer à Orléans... Je faisais douze double-fautes, je ne tenais pas l'échange... J'ai commencé à me sentir mieux à Bâle. Et ici, c'est un tournoi que j'adore. Cela ne m'a jamais fait peur d'affronter de gros serveurs. Je la chance de pouvoir retourner chopé des deux côtés. Et je pense être le dernier à jouer comme ça (vers le filet). Les mecs n'ont pas l'habitude. Il faut que je les amène dans ma filière: jamais les mêmes balles et beaucoup d'audace. Les rallyes de fond de court, ça m'épuise, et c'est ce que veulent les mecs. Contre Ferrer, ça va être dur. Il a été impressionnant contre Jo. Cela va être un match différent. Il n'évolue pas dans le même registre que les gars que j'ai joués jusque-là. C'est une machine du fond du court. Il est juste derrière les quatre dingos de devant (sic). Mais c'est lui qui a la pression. Aujourd'hui, j'ai tapé le fourgon, demain j'attaque la Banque de France (rires). Ce serait con de ne pas jouer ma carte à fond."

Les choses s'amélioraient dans le jeu, mais "Jo" ne parvenait toujours pas à se procurer la moindre balle de break. Et si ses jeux de service étaient un peu plus sereins, David Ferrer ne présentait aucune faille. Il passait à deux points du match, mais Tsonga venait encore au filet pour faire la différence et rester en vie. Ce n'était que partie remise. Mené 0-40 sur son service, il devait effacer trois balles de match, mais il n'en sauvait que deux, la troisième se finissant avec un coup droit loin des limites du terrain. Une énième faute directe pour aboutir à une nouvelle défaite contre un Top 10 cette saison, une caste à laquelle il appartient mais qu'il n'a pas maîtrisée en 2012 avec une seule victoire (Del Potro à Rome). Jo-Wilfried Tsonga ne sera pas en finale à Bercy pour la deuxième année de suite. Mais il sera la semaine prochaine à Londres pour viser une deuxième finale consécutive au Masters.

Le dernier mohican résiste

Pour un pré-retraité, Michael Llodra est encore très actif. Tombé au 114e rang mondial avant Bercy, il avait laissé entendre que la saison prochaine pourrait être sa dernière. Mais il vient simplement de se qualifier pour la deuxième demi-finale d'un Masters 1000 dans sa carrière. A 32 ans. Devant sa famille, devant le public, il a encore montré qu'il avait de bonnes jambes, un bon bras, et que dans ces conditions (indoor, surfacer rapide), il était extrêmement dangereux. Et l'un des dernier mohicans avec son jeu orienté vers le filet. 

Mais en face, Sam Querrey avait également de gros arguments dans le jeu offensif. Du coup, on a assisté à une guerre de déplacements, le premier entrant dans le terrain ayant de grandes chances de marquer le point. Et quand le Parisien vient au filet, ses chances de succès se multiplient encore. C'est ainsi que les deux joueurs ont d'abord dû se départager au jeu décisif, le Français prenant le dessus sur un passing-shot de revers dans le couloir de l'Américain (7/4). Puis, sur sa troisième balle de break, il voyait un nouveau passing de revers de son adversaire rester dans le filet (2-0). Au septième jeu, "Mika" devait sauver pas moins de cinq balles de break (les seules obtenues par le 24e mondial dans le match et les 5 premières concédées par le Français dans le tournoi), dont trois consécutives, pour garder la main (5-2). Sur sa première balle de match, il envoyait sa volée de revers dans le couloir. Sur la deuxième, son service slicé sortant n'était pas remis par Querrey. Et Michael Llodra pouvait encore lever les pouces vers le public, pour la quatrième fois de la semaine. Grâce à cette victoire, il réintègrera le Top 100, et devrait même flirter avec le Top 50. De quoi retrouver de l'énergie pour continuer.

Pour la deuxième fois dans l'Histoire du tournoi de Bercy, deux Français seront en demi-finale. La première fois, c'était en 2010, et Llodra était déjà présent (vaincu par Soderling), au côtés de Gaël Monfils (battu en finale par le Suédois). Deux chances de trouver un successeur à Jo-Wilfried Tsonga, sacré ici en 2008 ?