Roger Federer
Roger Federer | GLYN KIRK / AFP

Federer maître parmi les maîtres

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Roger Federer a remporté ce dimanche à Londres le 70e tournoi de sa carrière pour sa 100e finale. Un succès en trois sets (6-3, 6-7(6), 6-3) contre Jo-Wilfried Tsonga en finale du Masters qu’il enlève pour la sixième fois, record de Lendl et Sampras battu. Le Suisse aux 16 tournois du Grand Chelem construit un peu plus sa légende tandis que le Français se rapproche du Top 5 et conclut une bonne année.

Le premier set fût plutôt serré, les deux hommes se rendant coup pour coup sur leurs engagements, sans trop de souci. Mais à 4-3 pour lui, Federer effectuait un jeu de retour parfait pour ravir –blanc- le service de Tsonga, deuxième Français à disputer la finale du Masters après Sébastien  Grosjean, battu en 2001. Malgré quelques belles volées, le Manceau se prenait les passings du Suisse, toujours aussi précis dans les moments clefs. Le jeu de jambes de l’ancien numéro 1 mondial reste le révélateur de son jeu : quand il est bien là-dessus, il n’y a pas grand-chose à faire pour son adversaire.

Federer prend les devants

Tsonga refusait pourtant de baisser pavillon et il contraignait son rival à batailler pour s’octroyer le dernier jeu de cette première manche, après plusieurs égalités (6-3 en 34 minutes). Avec davantage de coups gagnants (12 contre 9) et moins de fautes directes, le Français pouvait s’en vouloir car il venait de concéder une manche qu’il aurait pu gagner s’il avait mieux servi.

Tsonga servait en premier dans le deuxième set. Il enlevait facilement son premier jeu de service mais souffrait pour gagner son engagement à 1-1. Mené 15-40, il sortait la grosse artillerie (deux aces) pour écarter ces balles de break. Il continuait de faire la course en tête (2-1). A 2-2, le Suisse se procurait une nouvelle balle de break à 30-40 qu’il convertissait sur un superbe retour. Il venait de prendre un ascendant très clair sur Tsonga et une option sur le titre.

D’autant que Tsonga accusait le coup, ses jambes répondant moins bien qu’au premier acte malgré quelques belles réactions épisodiques. Quand Rodgeur fait la course en tête, il devient quasiment imbattable. Il se décale en coup droit et dicte l'échange comme à ses plus beaux jours. Le Français luttait vaillamment mais il ne parvenait pas à reprendre le contrôle de la partie et le service adverse. Sauf en fin de set.

Tsonga se rebelle

Le Sarthois se procurait trois balles de break à 5-4, 0-40 pour Federer. Deux gros services du Bâlois annihilaient les deux premières. Sur la troisième, Tsonga agressait le Suisse dès le retour et concluait sur une volée de coup droit pour égaliser à 5 partout, pour le plus grand plaisir du public. Il s’offrait même deux balles pour mener 6-5 mais Federer en sauvait une et Tsonga commettait une vilaine double faute dans la foulée. Le sextuple vainqueur de Wimbledon était contraint de livrer un combat auquel il ne s’attendait plus.Il se retrouvait mené au score (5-6).

Les deux hommes allaient se départager sur un jeu décisif qui porte bien son nom. D'emblée, Federer prenait les commandes de la rencontre en réalisant un mini break pour mener 1-0 puis 3-2. A la manière d'un Pete Sampras, Federer prenait le filet d'assaut et déposait des volées tranchantes (5-2). Mais jamais battu, Tsonga recollait à 5-5 puis 6-6 (coup droit gagnant pour sauver une balle de match). A 7-6, c'est un superbe retour en coup droit de Tsonga -une vraie mine- qui provoquait la joie des supporters du Français. La manche tombait dans son escarcelle (7-6). 

Federer marche à Londres

Comment allait réagir le Maestro ? Battu en cinq manches par Tsonga en quarts de finale à Wimbledon alors qu'il menait deux sets à rien, Federer avait l'avantage de servir en premier dans cette ultime ligne droite. Il effectuait la course en tête (2-1 puis 4-3, sur un jeu blanc ponctué d’un ace).

C’était le moment choisi par le Suisse pour porter l’estocade. Il accentuait la pression avec ses retours bloqués et obligeait Tsonga à reculer. Le Français sauvait une première belle de 5-3 sur une volée de coup droit. Puis une deuxième sur une autre volée de coup droit mais beaucoup plus difficile à réaliser. Mais la troisième fût fatale, avec un coup droit énorme de Federer qui serrait le poing et lâchait un cri strident qui déchirait l’O2 Arena. Le Suisse concluait dans la foulée en servant parfaitement (6-3, 6-7, 6-3), après 2h18 de jeu et sur une énième volée de coup droit. Sa joie était à la hauteur de l'évènement. La différence s'était faite sur les erreurs de Jo (41 contre 26) qui félicitait néanmoins respectueusement son adversaire.

Roger Federer remporte ainsi son troisième tournoi de suite cet automne après Bâle et Paris-Bercy (17 matches gagnés d'affilée), et son deuxième Masters consécutif (victoire sur Rafael Nadal la saison passée). Il semble surtout avoir retrouvé son meilleur niveau après une saison blanche en Grand Chelem, à un moment où ses grands rivaux (Nadal, Djokovic et Murray) terminent l’année sur les rotules. De quoi envisager 2012 avec appétit pour l’ogre de la petite balle jaune, l’Helvète underground le plus cool du circuit.

Les dix derniers vainqueurs

2011: Roger Federer (SUI)
2010: Roger Federer (SUI)
2009: Nikolay Davydenko (RUS)
2008: Novak Djokovic (SRB)
2007: Roger Federer (SUI)
2006: Roger Federer (SUI)
2005: David Nalbandian (ARG)
2004: Roger Federer (SUI)
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2002: Lleyton Hewitt (AUS)