Roger Federer
L'ancien N.1 mondial Roger Federer | AFP - MIGUEL MEDINA

Federer élimine sèchement Gasquet à Bercy

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Roger Federer (N.3) s'est qualifié pour les quarts de finale du BNP Paribas Masters de Bercy en battant avec autorité Richard Gasquet (N.16) 6-2, 6-4. Pour la 9e fois en onze affrontements, le Biterrois s'incline contre le Suisse qu'il avait battu lors de leur dernier affrontement, cette année, sur la terre-battue de Rome. L'ancien N.1 mondial affrontera au prochain tour l'Argentin Juan Monaco. Jo-Wilfried Tsonga est le dernier Français encore en lice en simple.

Andy Murray impressionne la concurrence depuis quelques semaines, et à Paris aussi. Mais attention, Roger Federer est là, et bien là. Richard Gasquet s'en est aperçu. Dans le match phare de cette quatrième journée du Masters 1000 de Bercy, il a sans doute encaissé la défaite la plus cinglante face à cet adversaire, qui en avait pourtant glané huit jusque-là. Un tout petit peu plus d'une heure de jeu, six jeux inscrits, et, à part dans le milieu du deuxième set, il n'a pratiquement jamais rivalisé. Plus mobile, plus précis, jouant à sa main et n'étant que rarement pris de vitesse, le Suisse a été impressionnant. Il a les armes et la forme pour décrocher enfin ce titre parisien qui lui manque, le seul Masters 1000 dont il n'a jamais atteint la finale.

93% de points sur première balle

Premier à entrer sur le court, premier à servir, premier à perdre son service, tout avait mal commencé pour le protégé de Sébastien Grosjean. Breaké dès l'entame du match sur la première occasion, il n'est parvenu à ne marquer qu'un seul point sur les trois premiers jeux de service du Suisse, et seulement deux au total dans toute la première manche. Certes, elle n'a duré que 26 minutes, mais cela démontre bien toute la supériorité dans ce premier acte. Sur une double-faute, Gasquet concédait une deuxième fois son engagement (5-2) et le N.4 mondial venait à la volée pour conclure en deux temps (6-2), avec un impressionnant 93% de points marqués sur son premier service, et 67% sur seconde balle. Que faire dans ces cas là ? "J'ai mal démarré" avouait après coup le Français. "J'étais un peu crispé. Et j'ai eu du mal à récupérer de mon match d'il y a deux jours, après six semaines d'arrêt à cause de mon coude. "

Il fallait donc attendre de franchir la demi-heure de jeu pour que la tête de série N.16 prenne la première fois les commandes au score (1-0). Un jeu blanc de Federer, puis un break conclu sur la première balle de break avec un revers adverse dans le couloir après un intense échange, et le match repartait sur les mêmes bases (2-1). Seulement voilà, le joueur de 25 ans n'avait pas envie de rendre les armes. Loué, avec justesse, pour son revers, il rappelait que son entraîneur était expert en coup droit, et n'ayant pas une mauvaise main, il le montrait. Un passing-shot croisé en bout de course exceptionnel pour s'offrir ses deux premières balles de break, une nouvelle accélération de coup droit pour en obtenir une nouvelle et un retour de coup droit le long de la ligne pour enfin prendre le service de l'Helvète, c'est ainsi que Gasquet faisait rugir le POPB (2-2). La rencontre devenait indécise, mais la différence se faisait au septième jeu, encore à l'avantage de l'ancien N.1 mondial qui prenait pour la quatrième fois le service du Français et concluait la rencontre sur le sien (6-4) après 1h05 de jeu.

Des séries face à Potier, "la plus grosse truffe"

Rapidement venu devant la presse, Richard Gasquet avait conservé une bonne dose d'humour et de lucidité: "Il y a une semaine, je m'entraînais avec Benneteau et je lui mettais deux jeux. Et je me prenais des séries en fond de court contre Jérôme Potier, qui est la plus grosse truffe de compétition (rires). Il y a une semaine, j'étais inquiet. Je suis arrivé ici diminué et sans trop de repères. Me retrouver le jeudi, ici contre Federer, c'est bien. Aujourd'hui, je fais quelques double-fautes, quelques mauvais choix... Cela se paye cash contre lui." Et de constater: "En indoor, Roger est encore plus dur à jouer. J'ai moins de temps pour m'organiser, pour installer mon jeu, et lui ne recule jamais. Il dicte le jeu, il fait mal, son chipe de revers est très dur à jouer. Sa balle est impressionnante. Il sera encore très près de la victoire." La saison terminée, il a pu dresser un premier bilan: "J'ai retrouvé la confiance. Je suis assez satisfait de l'année. J'aurais pu finir un peu plus haut au classement sans ce problème au coude. Se rapprocher des dix meilleurs, j'en suis capable. Les cinq meilleurs sont au-dessus des autres, mais dans les dix, il y a des places à prendre."

Juste après, Roger Federer s'avouait satisfait d'avoir "bien servi", d'avoir bien joué du fond du court, et reconnaissait que l'ovation du public à son attention l'avait touché: "Cela fait du bien, surtout après six semaines sur le court d'entraînement où je ne vois personne. Ici, je me sens un peu comme chez moi." Méfiant durant tout le match, il reconnaît se sentir bien tant sur le plan physique, que tactique et mental. "Je me suis rendu compte en m'échauffant dans l'après-midi que mon programme a considérablement changé au fil des ans. Dix ans en arrière, ici, c'était mon cinquième tournoi d'affilée. Du coup, à chaque tour, j'espérais faire un bon truc. Aujourd'hui, j'ai envie de jouer. A chaque tournoi, je suis là pour un bon truc, pas pour l'espérer. Et cela change tout." Mais il sait qu'il est difficile "de se frayer un chemin jusqu'à la finale ici", présentant Djokovic et Murray comme ses principaux rivaux, mais aussi Tsonga et Berdych. En quarts de finale, c'est Juan Monaco qui lui fera face, un joueur qui ne l'a jamais battu en trois matches.