Roger Federer
Roger Federer | GLYN KIRK / AFP

Eternel Federer

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Après une année 2011 en demi-teinte –pour un joueur de sa trempe, Roger Federer a effectué une saison remarquable qu'il achève au deuxième rang mondial après avoir regagné Wimbledon et les sommets. Surtout, le Suisse semble avoir retrouvé tout son punch. Les questions sur son déclin sont reportées à plus tard. En 2013, le génie chassera encore quelques records.

A l'entame de cette saison 2012, Roger Federer semblait avoir amorcé un léger déclin parallèlement à la montée en puissance du tandem Novak Djokovic – Andy Murray. De plus en plus souvent dominé par le Serbe et l'Ecossais, et toujours malmené par son grand rival Rafael Nadal, l'enfant de Bâle ne paraissait plus en mesure de reconquérir un titre du Grand Chelem. Il sortait d'une saison blanche dans les Majeurs et avait dû attendre l'ultime Masters 1000 (à Paris-Bercy) pour apposé son nom au palmarès des tournois les plus prestigieux hors les quatre géants. Seuls ses plus grands fans envisageaient de retrouver Federer sur le toit du monde et pas un observateur digne de ce nom n'aurait misé dessus. 

Régulier toute la saison

Force est de constater que nous nous sommes tous trompés. Auteur d'une année magnifique, le plus beau joueur de tous les temps a reconquis son trône. Lauréat de Wimbledon, finaliste des JO et du Masters, vainqueur de six tournois dont trois Masters 1000, "Rodgeur" a rayonné de janvier à novembre sur tous les continents, n'en déplaise à ses (rares) détracteurs !

Même contre ses plus sérieux rivaux, Federer n'a pas démérité: il s'est incliné trois fois en cinq matches contre Djokovic, a partagé les victoires avec Nadal (un partout) et possède un bilan positif contre Murray (3-2). 

A la chasse aux records

S'il n'avait remporté Wimbledon, on pourrait éventuellement discutailler sur ses performances en Grand Chelem. Dominé par Nadal en demi-finale à Melbourne, le Suisse a été laminé par Djokovic sur la terre battue parisienne avant de se faire sortir sans ménagement par Tomas Berdych à New York. En ces trois occasions, Federer s'est montré impuissant à contrer la puissance de ses adversaires, défenseurs hors pair et costauds mentalement. 

Mais son septième sacre londonien a complètement relancé la légende de Federer, "meilleur joueur de tous les temps" pour beaucoup. En 2013 et dans les années suivantes, le Maestro convoitera d'autres records: améliorer son record de titres majeurs (17) histoire d'être certain que Nadal (11) ne reviendra pas le chercher. Doubler l'Espagnol qui co-détient avec lui le record du nombre de Masters 1000 (21). Terminer l'année numéro 1 mondial –ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2009- afin d'égaler la performance de Pete Sampras, six fois consécutivement au sommet de la hiérarchie. Devancer John McEnroe qui compte un titre de plus que lui (77 contre 76) pour prendre place sur le podium historique aux côtés de Jimmy Connors (109) et Ivan Lendl (94). Voire remporter enfin la Coupe Davis qui se refuse à un Federer qui n'a certes jamais vraiment joué le jeu pour elle. Des objectifs à la hauteur de son talent.