Djokovic vs Murray (montage) finale Melbourne 012011
Djokovic face à Murray | AFP

Djokovic-Murray : l'esprit mutin

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La victoire de Novak Djokovic lors de l'Open d'Australie a redistribué les cartes en haut de la hiérarchie du classement ATP. Rafael Nadal, blessé aux ischio-jambiers et Roger Federer descendu de son piédestal, la voie semble (enfin) ouverte à la plus jeune génération. Andy Murray et Djokovic sont les deux postulants les plus sérieux pour mener la mutinerie.

"C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution". Les circonstances sont diamétralement différentes mais la formule garde tout son sens. En ce début de saison 2011, la domination monarchique du duo Nadal-Federer est mise à mal. Dans le rôle des sans-culottes : Novak Djokovic et Andy Murray, prêts à faire chuter les rois de France et de Navarre.
Si l'on ne peut pas encore parler de révolution, il est possible de voir en cet Open d'Australie les prémices d'un changement plus profond. La jeunesse n'est pas encore au pouvoir mais prend goût aux grands rendez-vous. Andy Murray et Novak Djokovic, 23 ans tous les deux, se sont taillé la part du lion aux antipodes. Une rencontre au sommet qui confirme leur régularité depuis deux saisons. En effet, l'Ecossais disputait à Melbourne sa deuxième finale consécutive après sa défaite de 2010 face à Roger Federer, tandis que le Serbe jouait sa seconde finale de rang en Grand Chelem après l'US Open l'an dernier. L'histoire retiendra que la finale entre les deux hommes a accouché un match sans envergure, pénalisé par l'archi-domination de "Nole" mais l'essentiel est ailleurs. L'hégémonie que mènent Nadal et Federer en Grand Chelem depuis 2004 touche peut-être à sa fin. Et avec elle c'est tout l'intérêt du tennis masculin qui est relancé.

Certes, en 2008 déjà, l'élimination en demi-finale de Melbourne des numéros 1 et 2 mondiaux avait fait couler beaucoup d'encre. Mais Roger Federer sortait d'une saison exceptionnelle avec trois titres du Grand Chelem et son retour au plus haut plan était une évidence. A bientôt 30 ans, le doute peut aujourd'hui s'instaurer. Cela fait un an que le champion bâlois a manqué les rendez-vous en finale de Majeurs. Pour la première depuis 2003, il n'est plus tenant du titre d'aucune levée… Certes, son niveau de jeu reste remarquable et les amoureux du tennis français rêveraient d'avoir un représentant tricolore aussi constant. Mais cela lui permettra t-il de rester accroché à sa deuxième place mondiale ? Avec l'avènement de Novak Djokovic depuis sa victoire en Coupe Davis, rien n'est moins sûr.

Il est facile d'imaginer, s'il conserve un tel niveau de jeu, qu'ilpourra faire de son retard sur Roger Federer et devenir numéro 2mondial. De là à titiller la première place de Nadal ?

Le Serbe talonne désormais le Suisse au classement ATP, à 85 points de son aîné. Fort d'un début de saison poussif en 2010, où il mettait en place un nouveau mouvement au service, Djokovic aura très peu de points à défendre lors des tournois à venir. D'abord durant la tournée américaine : un premier tour à Miami, un 16e de finale à Indian Wells… Puis sur l'ocre, où il avait été plus réaliste sans pour autant briller : une demie à Monte Carlo, un quart à Rome et à Roland–Garros. Il est facile d'imaginer, s'il conserve un tel niveau de jeu, qu'il pourra faire de son retard sur Roger Federer et devenir numéro 2 mondial. De là à titiller la première place de Nadal ? Difficile à imaginer à court terme si le Majorquin garde la pleine possession de ses moyens. Cependant, "Nole" aura 3995 points de moins à défendre que l'Ibère jusqu'à Roland-Garros. De quoi espérer ?

De son côté, Andy Murray, même s'il n'a toujours pas réussi à s'imposer en Grand Chelem a montré toute sa persévérance pour y parvenir en ralliant une seconde fois la finale de Melbourne, la troisième de sa carrière après l'US Open en 2008. Certainement encore trop friable mentalement en finale, peut-être à cause de la pression des médias britanniques pour trouver un successeur à Fred Perry, l'Ecossais n'a pas existé : 6-4, 6-2, 6-3. Mais son jeu reste perfectible, notamment dans ses transitions vers le filet. Avec une attitude plus positive et un jeu plus offensif, le numéro 5 mondial pourrait lui aussi s'immiscer dans le top 3.

Si le futur numéro 1 mondial semble se trouver parmi ces deux hommes, leur rivalité ne les empêche pas de rester proches. Nés à une semaine d'intervalle, en mai 1987, les deux joueurs ont effectué leurs "classes" ensemble et poursuivent des trajectoires identiques depuis leurs débuts. Ce mercredi le "Djoker" a évoqué la possibilité de s'associer en double avec Murray à Indian Wells. "Nous avons parlé à Melbourne de la possibilité de jouer le double ensemble à Indian Wells et j'évoquerai à nouveau (cette possibilité) avec lui s'il est d'attaque."