Daniil Medvedev, nouveau N.2 mondial : "il y a 15 ans, j'étais juste un petit jeune qui regardait les gros jouer à la télé"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Fabien Lévêque
Daniil Medvedev
Le Russe Daniil Medvedev à l'Open d'Australie. | Andy Brownbill/AP/SIPA

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Daniil Medvedev joue désormais dans la cour des grands. Le joueur de 25 ans est devenu le nouveau numéro 2 mondial au classement ATP, déclassant ainsi l'Espagnol Rafael Nadal. Après avoir remporté dimanche 14 mars l'Open 13 de Provence à Marseille, le Russe était présent au micro de Fabien Lévêque pour l'émission Tout le sport, ce lundi 15 mars.

Une victoire hier (dimanche 14 mars, ndlr) à Marseille, et aujourd’hui vous dépassez Rafael Nadal au classement ATP, comment vous sentez-vous dans la peau du nouveau numéro deux mondial ?
Daniil Medvedev
: "Ce ne sont que des bons sentiments, surtout que je savais il y a quelques semaines déjà que j’allais devenir le numéro 2 mondial mais j’ai perdu au premier tour du tournoi de Rotterdam, et bien sûr tu veux devenir numéro 2 en faisant quelque chose de bien au niveau des résultats. Même si ce n'est pas grâce aux points que j’ai gagnés à Marseille que je suis devenu numéro 2, je suis très content d’avoir pu faire ça juste avant de le devenir. Gagner un tournoi, surtout mon dixième, c’est un bon chiffre. D'autant plus avec la semaine que j’ai faite où j’ai battu des joueurs très forts. Le niveau qu’on a eu hier avec Pierre-Hugues, c’était un match de grande qualité et je suis très content d’être le vainqueur là-dessus."

Le fait de dépasser Rafael Nadal, ça veut dire quelque chose pour vous ?
DM
"Oui bien sûr, Rafa c’est un champion de tennis, c’est un des trois meilleurs joueurs de l’histoire du tennis. Le dépasser au classement, c’est un bon défi et je suis très content de le faire même si au niveau des Grands Chelems, je suis quand même un peu loin."

C’est un événement puisque depuis 2005, les deux premières places mondiales ont été occupées par des membres du Big Four à savoir Federer, Nadal, Djokovic et Murray. Vous êtes donc le premier depuis 15 ans à mettre fin à cette domination, qu’est-ce que ça représente pour vous ?
DM
"Je suis très content de ça, car tous ces chiffres veulent dire quelque chose. Il y a quinze ans, j’étais juste un petit jeune qui s’entraînait une heure par jour et qui regardait les gros jouer à la télé. Donc bien sûr, arriver à ce stade-là où je suis le premier depuis aussi longtemps, sauf le big four, à être numéro 2, ça représente beaucoup et je suis très content de ça. Après, il y a le travail que j’ai fait et que je vais continuer à faire pour que tous les résultats comme ça existent."

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La prochaine étape, c’est la place de numéro 1 ?
DM
: "Oui bien sûr, parce qu'à chaque fois que tu gagnes une place, il y a toujours la place encore devant, mais dès que tu touches la numéro 1, il n'y a pas plus haut, il y a juste peut-être Novak (Djokovic) qui vient de faire le plus de semaines possibles. Mais ça parait un peu dur pour le moment, donc bien sûr je suis devenu numéro 2, et le prochain défi, c’est de devenir numéro 1, mais pour ça il faut avoir encore de meilleurs résultats, et surtout gagner un Grand Chelem."

Justement, la prochaine étape aussi c’est de gagner un Grand Chelem. Vous avez été finaliste en Australie, qu’est-ce qu’il vous manque encore aujourd’hui pour battre des garçons comme Djokovic en finale de Grand Chelem ?
DM
: "Ils sont très très forts, et pour les battre tu dois faire le match de ta vie, ce que je n’ai pas réussi à faire à l’Open d’Australie. A l’US Open, j’étais proche parce que c’était sûrement le match de ma vie à ce moment-là, le match contre Rafa (Nadal). En Australie je n'ai pas réussi à le faire, mais tout ça, c’est une grosse expérience que je prends pour moi et qui va me servir s'il y a encore des finales sur les Grands Chelems à jouer. Je prends ça comme une leçon."

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Le prochain défi, ça peut être aussi de gagner un match à Roland-Garros. Vous avez été éliminé quatre fois au premier tour depuis 2017...
DM
: "Oui, quatre fois, ce n'est pas énorme parce que par exemple à Marseille, j’ai joué quatre fois et c’est la première fois que je gagne. Il y a quelques tournois que je n'ai pas gagnés dans ma vie alors que j’y ai joué plusieurs fois. Je sais que je suis quand même capable de bien jouer sur terre battue. On le sait, on l’a vu, ce n'est pas ma surface préférée, j’avais des tableaux durs surtout quand je suis devenu un bon joueur. J’avais un match contre Pierre-Hugues (Herbert), que j’ai gagné hier, alors qu’il avait fait le match de sa vie contre moi à Roland-Garros. Je vais bien me préparer cette année, et le but c’est de gagner au moins un tour. Quand je vais sur n’importe quel tournoi, le but c’est de gagner, et même si c’est Roland-Garros où il y a Rafa qui a gagné 13 fois, mais c’est toujours mon but. Après, le petit but, c’est de gagner un match, ce que je n’ai pas encore fait, c’est toujours un pas en avant."

"C’est beaucoup grâce à la France et à mon équipe française si j’ai cette réussite-là"

Vous êtes arrivé à 18 ans en France, vos entraineurs sont français également. Cette place de numéro 2 mondial, c’est un peu aussi "merci la France" ?
DM
: "Oui, c’est sûr parce que toute mon équipe est française, c’est pour ça que je parle bien, car on parle tous en français. J’ai vécu quelques années en France avant de déménager à Monaco. Je me suis entrainé la plupart du temps en France donc bien sûr, c’est beaucoup grâce à la France et à mon équipe française si j’ai cette réussite-là que j’ai en ce moment, donc bien sûr on peut dire merci à ça."

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite de cette année 2021 qui a très bien commencé ?
DM
: "Je pense que tout ce que vous pouvez me souhaiter, c’est à moi de travailler pour ça, j’espère faire des gros résultats. Le prochain tournoi, c’est Miami, donc comme j’ai dit, chaque tournoi j’y vais pour gagner, mais le plus important c’est le travail autour de ça. C’est moi qui souhaite à tout le monde surtout un bon 2021, même si ce n’est pas facile avec tout ce qui se passe dans le monde. J’espère que ça va être une année à ne pas oublier, mais à se souvenir, surtout à la fin de l’année."

Maintenant que vous êtes numéro 2 mondial, vous savez combien de points il vous reste à rattraper sur Novak Djokovic ?
DM
: "Je ne sais pas du tout mais je dirais de tête à peu près 2000. Même un Grand Chelem, ça ne va pas être assez, c’est pour ça que ce défi est énorme, surtout quand il y a Novak et Rafa qui jouent toujours au tennis."

"Même des joueurs qui sont monstrueux comme Jannik Sinner ou Felix Auger-Aliassime, c’est dur pour eux"

La nouvelle génération a encore des belles choses à prouver pour déloger les anciens. Pour les plus jeunes, il y a encore du travail...
DM
: "Bien sûr, comme on le voit, l’âge moyen des joueurs de tennis a augmenté, tout le monde joue plus d’années qu’avant, c’est pour ça que l’âge pour rentrer dans le top 100, le top 20 a aussi augmenté. Si tu jouais bien à 18 ans, 19 ans t’étais assez rapidement parmi les meilleurs. Maintenant, ce n'est plus possible. Même des joueurs qui sont monstrueux comme Jannik Sinner ou Felix Auger-Aliassime, c’est dur pour eux. Il y a du travail à faire, c’est normal, la vie est comme ça en ce moment, mais on essaie. Je trouve qu’il y a beaucoup de joueurs qui travaillent bien, et donc chaque fois qu’on joue, on essaie de gagner le match."

Fabien Lévêque FabLeveque