Jérémy Chardy gros plan Wimbledon 2009
Jérémy Chardy | AFP - Adrian Dennis

Chardy met des mots sur ses maux

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Cela fait plusieurs mois que Jérémy Chardy n'est plus au niveau qui lui avait permis de devenir la révélation de Roland-Garros en 2008. 31e mondial au mieux, l'actuel 54e joueur à l'ATP a expliqué les raisons de ces égarements. Ayant mis fin à une collaboration de 12 ans avec Frédéric Fontang, son entraîneur, il a été assigné en justice par ce dernier. "Ca me paralyse sur le court, je suis incapable de jouer, je perds complètement confiance", explique-t-il.

C'est l'histoire d'une rupture. Comme il en existe beaucoup. Avec des histoires de gros sous et d'orgueil, comme cela arrive parfois. Après douze années passées ensemble, Jérémy Chardy et Frédéric Fontang ont vu leur parcours séparé en janvier dernier, à l'initiative du joueur. Et c'est là que tout se corse. Les deux hommes étaient liés par un contrat renouvelable pour quatre ans à partir du moment ou le Palois entrait dans le Top 100 mondial, ce que Chardy, 54e mondial aujourd'hui, a réussi le 8 juin 2008. "Il me restait encore deux ans avec lui et aujourd'hui il veut tout faire pour avoir tout ce qu'il peut", a regretté Chardy qui a reçu une assignation par huissier mercredi alors qu'il s'apprêtait à entrer sur le court pour jouer un match de double au tournoi de Monte-Carlo, situé sur le territoire français. "Ca fait deux mois et demi que Jérémy Chardy joue au chat et à la souris avec nous", explique Fontang. "Ce n'est pas facile de l'avoir comme il réside en Belgique. C'est un déchirement, un beau gâchis après une aventure de 12 ans. Il était comme un fils pour moi. Et c'est aussi le parrain de mon fils à moi."

Entre affecte et argent, le conflit prend de l'ampleur. "Maintenant je vois la personne qu'il est", lance Chardy. "Je le considérais comme un deuxième père. J'ai passé dix ans avec lui, chaque jour. Je lui faisais une confiance aveugle et voilà qu'il me trahit comme ça." Et le joueur de 24 ans reproche à son ancien mentor de lui "avoir fait signer des contrats excessifs par rapport à ce qui se faisait dans le milieu" et d'avoir "abusé" du fait qu'il était alors "tout petit" et que ces parents "ne connaissaient pas le milieu du tennis". Et d'ajouter: "Quand mes parents avaient voulu mettre le nez dans ces contrats, il avait menacé de stopper la collaboration. Comme je voulais fonctionner avec lui, ils n'avaient pas insisté". "Il avait 21 ans et son père est banquier!", a répondu Fontang à l'AFP. "C'est moi la victime. A un moment il faut respecter ses engagements, surtout quand le travail a été bien fait". Un avis que ne partage pas le le joueur: "Il veut mon argent, il essaye de tout prendre. Si je dois donner tout ce qu'il demande, je ne pourrais plus travailler avec les personnes qui me suivent aujourd'hui et je serai obligé de faire mon chemin tout seul. Je pourrais racheter ce contrat mais les sommes sont telles que je ne pourrais plus retravailler avec un coach. Ou alors je devrais arrêter le tennis. Je vis cela comme une catastrophe." Depuis leur séparation, Jérémy Chardy est entraîné par Patrick Moratoglou, éphémère entraîneur d'Aravane Rezaï, dans une structure privée tandis que Frédéric Fontang travaille au sein de la Fédération française pour s'occuper de la jeune Caroline Garcia, 17 ans et 188e mondiale.

Malgré l'éclaircie de la Coupe Davis, et ce week-end autrichien en mars avec une victoire sur Jurgen Melzer, Jérémy Chardy se sentait coincé, et veut désormais repartir: "Là-bas, j'étais dans une bulle. L'événement m'a permis de faire abstraction. J'étais ultra motivé. J'en avais parlé uniquement à Guy Forget et il m'avait bien aidé. J'avais besoin d'en parler car ça me paralyse sur le court, je suis incapable de jouer, je perds complètement confiance, je vais repartir aux bases et repartir en challenger (deuxième division)", conclut-il.