Jean-Claude Decret
Jean-Claude Decret, responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis de table | FFTT_Julien_Crosnier

Decret: "Tracer la route menant à Rio"

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Fraichement nommé directeur du haut niveau à la Fédération française de tennis de table (FFTT), Jean-Claude Decret vise deux médailles pour la délégation tricolore aux Championnats d'Europe à partir de vendredi. Un premier objectif sensé mettre la France sur la bonne voie en vue des JO de Rio 2016. La voix est posée mais le ton déterminé. Jean-Claude Decret croit en ses Bleu(e)s.

Que vise l’équipe de France aux Championnats d'Europe en Autriche ?
Jean-Claude Decret: Deux médailles : une en garçon et une en fille, en équipe ou en individuel. Je pourrais être plus prudent mais je pense que cet objectif permet aux athlètes de se décomplexer et de sentir que c'est possible pour eux. Je pense que ça l'est. Pour Adrien Mattenet, Emmanuel Lebesson, un double. Les garçons entrent directement en quart dans l'épreuve par équipe. Donc si on gagne un match, c’est médaille assurée. Ce sera difficile puisqu’on joue l'Allemagne, la référence européenne (tenante du titre par équipe depuis 2007, ndlr). Viser deux médailles, ça force tout le monde à regarder un peu plus haut et un peu plus loin. Ça trace la route que l'on doit suivre jusqu'aux JO 2016.

Jean-Claude Decret et le capitaine de l'équipe de France Emmanuel Lebesson
Jean-Claude Decret et le capitaine de l'équipe de France Emmanuel Lebesson

Quels sont vos objectifs pour les Jeux de Rio?
JCD: On veut qualifier une équipe en garçon et en fille, ce que l'on n’a jamais fait. C'est réalisable. On voudrait également y faire bonne figure même si les médailles sont difficiles à obtenir. Entre-temps, on aura pu se jauger sur les Championnats d'Europe individuel l'année prochaine et par équipes dans deux ans. En 2015, même si je m'avance un peu pour le dire, l'équipe de France sera concurrentielle pour des médailles. Si les joueurs prennent conscience de leur capacité et de leur niveau, je suis assez confiant, même si le facteur chance est important dans le sport. Là on voit qu'on prend l'Allemagne en quart... Si on avait pris la Grèce ou la Russie, ça n'aurait pas été pareil. En combinant, entraînement, dynamisme, enthousiasme et réussite, je pense que l'on aura de probants résultats bientôt.

La FFTT a un nouveau président, un nouveau DTN et un nouveau poste de directeur du haut niveau que vous occupez. En quoi ces changements étaient-ils nécessaires ?
JCD: Il y avait un certain fonctionnement sur le haut niveau depuis 12 ans, qui a amené de très bonnes choses, surtout au niveau de la formation. Peut-être qu'il fallait changer de cap et fixer des objectifs plus haut en vue des deux prochaines olympiades, notamment pour les équipes de France séniors garçons et filles. Après un certain nombre d'années, les discours passent peut-être moins bien et certaines mauvaises habitudes s'installent. C'est donc l'occasion de repartir avec des gens frais, aux idées différentes. 

Decret: "Des résultats dans 2 ou 3 ans pour nos jeunes talents"

La Fédération ne s'est-elle pas un peu endormie après l'avènement des Mousquetaires ?
JCD: La Fédé a longtemps surfé sur la vague des Mousquetaires (Chila, Gatien, Legout et Eloi, 4 Français dans les 20 premiers mondiaux dans les années 90, ndlr) en croyant peut-être qu'ils étaient immortels. La relève n’a pas été assurée. Mais depuis dix ans, il y a eu prise de conscience, avec un énorme travail de formation des jeunes. Il a porté de beaux fruits puisque nous avons désormais une densité de joueurs de qualité dans les catégories juniors. Pour preuve, nous trustons depuis cinq-six ans les médailles d'or aux Championnats d'Europe de la catégorie. Même les jeunes filles commencent à se montrer. Nous héritons d’une très belle génération et si l'on fait bien les choses, je pense que nos jeunes talents peuvent avoir des résultats en séniors dans les deux ou trois années à venir, au niveau européen, puis mondial.

Simon Gauzy, 19 ans, le visage de la relève française
Simon Gauzy, 19 ans, le visage de la relève française

L’intégration du Mousquetaire Patrick Chila au staff est-elle un atout supplémentaire ?
JCD: Evidemment. Il a une telle expérience du haut niveau. Comme il a réalisé une belle carrière, les joueurs se disent qu'il connaît le chemin du succès et ils ont moins d'hésitation à le suivre. Patrick a également un côté assez décontracté et un recul acquis lors de ces années passées au plus haut niveau. Il sait démystifier les grandes compétitions. Je pense que c'est nécessaire pour l'équipe de France d'avoir quelqu'un d'optimiste plutôt qu'un capitaine rongé par la peur, l'angoisse ou l'anxiété. On attend tellement de nos joueurs depuis tant d'années qu'ils arrivent parfois tendus en compétition. Je crois que Chila peut les décomplexer et leur faire relativiser cette attente.

Jerome Carrere