Teddy Tamgho, France
Teddy Tamgho | MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Tamgho: "Jamais eu autant de pression"

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"Je n'ai jamais eu autant de pression", a avoué Teddy Tamgho , champion du monde du triple saut après avoir été écarté plus de 20 mois des compétitions sur blessure, et premier Français sacré au niveau mondial depuis Ladji Doucouré en 2005.

Que ressentez-vous après ce titre mondial?
Teddy Tamgho : "Ce que je peux simplement dire c'est que.... je devais gagner! Ca a été  très, très dur. On a eu un concours hyper relevé. Pichardo était très fort, et  il a placé le triple saut à un haut niveau. C'était difficile, j'ai dû  réfléchir à être rapide dans ma course d'élan. J'ai compris à 17,65m que tout  pouvait se passer. J'étais tellement stressé, je n'ai jamais eu autant de  pression... Ça fait deux ans que j'attends cette compétition, je regardais ma  mère tout le temps et elle commençait à s'inquiéter. La pression était là,  énorme. Le Cubain répond à 17,68 m quand je fais 17,65m, il donne un  avertissement: +tu seras obligé de sauter loin si tu veux gagner+. Je savais  que ça devait passer, mais on n'est jamais sûr de rien dans un concours. Et  quand vous avez une concurrence aussi forte, il faut rester hyper, hyper  concentré".

Comment avez-vous fait pour garder votre calme?
T.T : "Ces deux dernières années, mon coach Ivan Pedroso (Cubain, champion  olympique de la longueur en 2000, neuf fois champion du monde indoor et en  plein air, ndlr) m'a dit d'être patient, de prendre mon mal en patience.  Aujourd'hui il m'a appris comment être un grand sauteur. Dans mon esprit, il  était très difficile de rester calme et je ne peux que dire merci à mon coach,  il m'a donné beaucoup d'expérience pendant ces trois ans".

Après vos 17,68 m au 4e essai, vous êtes-vous dit que c'était gagné?
T.T : "Quand j'ai sauté 17,68 m, j'ai toujours eu la crainte malgré tout que  Pichardo fasse mieux. Je ne sais pas si je vais faire des compétitions le reste  de saison, je vais savourer et fêter ça et ensuite on verra: 18 m, c'est une  grande marque, je dois rester concentré parce que les adversaires sont très proches".

Tamgho : "Le record est trop loin: 18,29 m, c'est un saut de dingue"

Pensez-vous pouvoir battre un jour le record du monde?
T.T : "Il est trop tôt pour en parler, le plus important c'est la victoire, le record est trop loin: 18,29 m c'est un saut de dingue, je dois atteindre ma maturité avant de vraiment pouvoir y penser. Jonathan Edwards me dit que j'ai apparemment mordu le quatrième saut autour de son record du monde... Tout ce  que je sais, c'est que j'ai mordu la moitié de mes sauts à 18 mètres. Non, franchement, le record, je ne pense pas à ça. Je pense à ma victoire, j'ai  attendu ça depuis deux ans. J'ai connu les opérations, la convalescence... J'ai  regardé l'année 2012 passer, j'étais dans le plâtre lors des Mondiaux 2011 à Daegu, dans ma chambre. J'ai dû être patient, avoir un entourage super fort. Et  j'ai dû aussi mûrir, pour être beaucoup plus calme et contrôler mon énergie".

Vous parlez de pression, mais n'avez-vous pas été soutenu malgré tout?
T.T : "Honnêtement, tous les Français étaient derrière moi. Mehdi Baala  m'avait envoyé un message après les deuxièmes places de Mélina Robert-Michon et  Renaud Lavillenie, en me disant que c'était le scénario parfait pour moi, dans  le sens où tout allait reposer sur moi. Mais en me disant ça, il me donne une  énorme pression. Après les qualifications, tous les Français me voyaient gagner  parce que j'ai montré énormément de facilité à 17,41m. Je ne m'y attendais pas.  Quand je voyais les réseaux sociaux, tout le monde me donnait vainqueur, et il  fallait rester concentré. Ce n'était pas encore joué, alors j'ai tout coupé et  je suis resté en dehors de ça. J'avais dit que ce serait le calme avant la  tempête, et ça a marché".

AFP