Cesar Cielo
Cesar Cielo, double champion du monde du 50 nage libre, avec en arrière plan Florent Manaudou, champion olympique en titre | AFP - FRANCOIS XAVIER MARIT

Suspense à haute tension sur 50 nage libre

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A l'issue des demi-finales extrêmement relevées et rapides, le 50m nage libre est loin d'avoir trouvé son maître aux Mondiaux de Barcelone. Si Florent Manaudou, champion olympique en titre, a réalisé encore une fois le meilleur temps, ses adversaires n'ont pas abdiqué. Et chacun est bien attentif à l'autre.

Généralement, les nageurs ne perdent pas de temps pour débuter leur phase de récupération après une course. Les demi-finales du 50m nage libre ont dérogé aux habitudes. Dans ce combat au couteau à coups de centièmes de secondes, chaque concurrent épie, scrute, analyse la course des autres. A l'issue de la première demi-finale, remportée par Cesar Cielo, le double tenant du titre, à égalité avec Nathan Adrian, le champion olympique du 100m, tous les participants sont restés en bas d'une tribune, les yeux rivés sur l'écran géant du Palau Sant Jordi et sur le bassin où se débattaient les autres demi-finalistes. Pour certains, il fallait attendre les temps pour savoir si les portes de la finale s'ouvriraient. Mais pas pour les deux vainqueurs, qui étaient pourtant avec les autres nageurs, à patienter.

Et ce qu'ils ont vu ont dû leur donner un avis plus précis sur les forces en présence. Champion olympique en titre, Florent Manaudou a réalisé le meilleur temps, comme ce matin lors des séries, en claquant un terrible 21"37. Dans son sillage et le couloir voisin, l'Américain Anthony Ervin (21"42). Dans le couloir 8, Frédérick Bousquet, auteur d'un énorme 21"62 qui lui permet de poursuivre son parcours dans ces Mondiaux. De cette bagarre à coups de battoirs, James Magnussen, double champion du monde du 100m, a été l'une des victimes, avec le 9e temps des séries et la première place d'éliminé, comme le Brésilien Marcelo Chierighini, finaliste du 100m. Avec cinq des finalistes qui se tiennent en 7 centièmes autour des 21"60, rien n'est fait.

Manaudou marque des points, Bousquet cherche ses jambes

"J'ai marqué des points", concédait tout de même Florent Manaudou, qui avait bien observé la première demi-finale. "Ca nageait plutôt vite, avec deux ex-aequo d'entrée. Je me suis dit qu'il fallait que je nage un peu plus vite que ce matin. Au finale, c'est 21"3, c'est satisfaisant." Mais il ne s'emballe pas pour autant: "L'an dernier j'étais ligne 7 et j'ai gagné à Londres. Je ferai attention aux sept autres concurrents." Son ami Frédrick Bousquet, tout sourire, réclamait un fauteuil roulant: "Mes jambes sont restées au fond du bassin. Autant ce matin, la course ne m'a pas fait mal, autant ce soir, les dix derniers mètres, il n'y avait plus personne." Et malgré toute son expérience, le Marseillais avait cogité entre les deux courses: "Je n'ai pas réussi à dormir cet après-midi. Je ne pensais qu'à ça en me disant que c'était potentiellement ma dernière course. J'essayais tant bien que mal de me dire que si je ne passais pas, j'aurais réussi mes championnats avec ma breloque. Mais je me disais que si je ne passais pas, ce n'était pas complet." Et comme tous les autres participants, Bousquet a beaucoup observé: "Honnêtement, j'ai eu du mal à y croire au vue de la première demi-finale. Ca a nagé extrêmement vite. 21"62, je n'ai pas fait ça depuis Budapest, il y a trois ans. C'est long, très long." Il faudra désormais qu'il pense moins pour mieux se reposer cette nuit, avant cette deuxième finale des Mondiaux pour lui, en compagnie de Florent Manaudou.

Vidéo: Manaudou et Bousquet en finale