Stephen Roche
L'Irlandais Stephen Roche, vainqueur du Tour en 2007 | DR

Stephen Roche : "Vraiment un beau Tour"

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Vainqueur du triplé inédit en 1987, Giro-Tour-Championnats du monde, Stephen Roche analyse cet excellent cru 2011 du Tour de France. Selon l'Irlandais, Cadel Evans est allé chercher son premier Tour.

Q : Ce Tour est peut-être le plus beau de ces 20 dernières années. Qu’en pensez-vous ?
R : « Quand je compte le mien, ça fait même 25 ans (rires). Plus sérieusement, c’était un super Tour. Il y a un beau vainqueur avec une belle bagarre dans les Alpes. Si on avait tiré un trait après les Pyrénées, après la 2e journée de repos, on aurait dit rien à signaler. C’était bien mais bof. Mais quand on a vu le comportement des coureurs dans les Alpes, notamment les leaders Evans, les Schleck, Contador, Voeckler ou Rolland, c’était vraiment un beau Tour. »

Q : Cadel Evans a prouvé qu’il pouvait attaquer pour gagner un Tour de France.
R : « L’important c’est la victoire. De la manière dont il a géré le Tour 2011, il est allé le chercher. On a vu dans l’étape que gagne Schleck (ndlr : Pinerolo-Galibier) qu’il n’avait pas beaucoup d’allié dans le peloton. Il a fait le boulot tout seul dans le final. Quand il crève dans la montée du Galibier le lendemain, il a quand même bouché 1’30’’. Schleck a encore attaqué au pied de l’Alpe et il a réussi à maintenir les écarts. Enfin, dans le contre-la-montre samedi, il a réalisé quelque chose d’excellent. »

Q : A 34 ans, peut-il régner sur le Tour de France comme d’autres l’ont fait avant lui ?
R : « ça dépend des adversaires mais il peut le faire. Schleck a des progrès à faire. Tant qu’Andy ne prendra pas le taureau par les cornes et qu’il ne s’améliorera pas au chrono, Evans peut en gagner un autre. Mais attention, Contador n’est pas un vieillot non plus. Ce n’était pas son année mais ça va le rendre encore plus fort. »

Q : Vous êtes déçu par le Tour de votre fils Nicolas ?
R : « Non, il a été courageux. Il a eu une chute importante dans le Dauphiné. Il avait déjà de la chance d’être là car il aurait pu se casser quelque chose. Il avait des plaies assez impressionnantes et savait que ce serait un peu juste. On espérait que ça allait bien aller mais c’est quand même le Tour. C’est difficile de faire un bon Tour quand on n’a pas la meilleure préparation. Maintenant, il va partir sur autre chose. Il a fait deux journées à l’attaque et il était content. Ça l’a fait revivre un petit peu. Il attend la Vuelta avec impatience. Le moteur consomme un peu d’huile mais le physique est bon. »