Tessa Worley
La géantiste Tessa Worley | AFP - OLIVIER MORIN

Worley: "Je ne suis jamais très loin"

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Tessa Worley aborde pour la 7e fois, et en championne du monde, le géant d'ouverture de la Coupe du monde de ski alpin, samedi à Sölden, avec l'objectif d'un 1er podium dans la station autrichienne affirmant: "Je suis jamais très loin". Paradoxalement, la skieuse française n'a pas encore décroché de podium sur le glacier du Rettenbach.

C'est pourtant sur cette piste que vous vous êtes révélée, 5e en 2007 à  18 ans?
- "Il n'y a pas que sur cette piste que je ne suis pas montée sur le  podium. Il y a eu de très bonnes expériences, des petites mésaventures  particulières, comme l'an dernier (2e après le 1er parcours, éliminée en  seconde manche). Je ne suis jamais très loin. C'est la course qui donne un peu  le ton, un point de base pour monter en puissance tout au long de la saison. Et  j'aimerais partir de très haut."
   
Epreuve d'ouverture, cela engendre-t-il une tension supplémentaire?
- "C'est la première manche de la saison, la première comparaison. C'est  se dire: +Est-ce que j'ai travaillé dans le bon sens?+ Finalement, on se rend  compte que ce n'est pas le travail qu'il faut remettre en question, mais  simplement comment aborder cette course et être sûre de soi. La deuxième  manche, tout de suite, ça va déjà mieux."
   
Est-ce une piste qu'on craint particulièrement?
- "Ca peut impressionner au début, surtout le mur. Mais ce n'est pas  toujours là que ça se gagne. Et comme c'est la 7e fois que je viens, chaque  année, on a l'impression que c'est de moins en moins raide. Il ne faut pas  regarder autour de soi, mais être actrice dès le début."
   
Et un titre mondial donne forcément de la confiance...
- "J'essaie de m'en servir. Se dire que c'est une course que j'ai réussi à  gagner de bout en bout. Il faut garder ce bon souvenir en tête. A Schladming,  j'ai découvert des choses par rapport à moi. Comment je pouvais réagir dans  certaines situations et je me suis même surprise. C'est quelque chose qu'il  faut que je me remémore dans les moments difficiles."
   
En saison olympique, le petit globe reste-t-il toujours un objectif?
- "La leçon des précédentes saisons (2e en 2011, 3e en 2012, 4e en 2013),  c'est que le globe il ne faut pas y penser avant de l'avoir en poche. Par  rapport aux Championnats du monde, où j'ai réussi pendant un peu moins d'une  journée à faire en sorte que la pression ne me paralyse pas pour ma course, la  Coupe du monde c'est sur toute une saison. Il ne faut surtout pas faire monter  ce stress, se dire +un globe, un globe, un globe+. Il faut enchaîner les  courses, donner le maximum à chaque départ et faire les calculs à la fin."
   
Et la polyvalence?
- "J'ai envie de continuer sur mon objectif de polyvalence. Le slalom et  le super-G restent les deux disciplines qui viennent après le géant. La  descente, ça va prendre plus de temps. Et je n'ai pas pu faire ce je voulais  cet été en termes d'entraînement de vitesse. On va voir comment le mois de  novembre se déroule et si je suis prête à aller sur les courses en descente  tout de suite. Lake Louise? C'est une décision que je vais prendre plus tard.  Il m'aurait fallu faire quelques jours de descente de plus cet été."
   
Comment se préserver néanmoins en année olympique?
- "A un moment donné, s'il faut faire des impasses, forcément, ça va  partir de la descente, l'objectif le moins important, puis le super-G et le  slalom. Je vais adapter en fonction de la saison. J'ai envie aussi d'être  performante sur le début de l'hiver. Il y a un gros bloc dans la saison jusqu'à  mi-janvier. On a ensuite une pause. On pense alors à ce pic de février. C'est  le moment de se reposer, de monter en puissance sur les entraînements avant  l'événement."

Vidéo: Portrait de Tessa Worley dans Stade 2
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AFP