Les stations de ski mobilisées pour sauver les vacances de février

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Auteur·e : AFP
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Lucides sur la forte probabilité de voir la fermeture des remontées mécaniques prolongée jeudi, les stations de ski françaises espèrent que le gouvernement suivra les préconisations du secteur pour au moins sauver les vacances de février, cruciales pour leur économie.

Les stations de ski prennent les choses en main. Dans un communiqué publié cette semaine, Domaines skiables de France (DSF) a enjoint le gouvernement "à l'action et à la prise de décision", alors que ce dernier ne s'est toujours pas officiellement prononcé sur la date du 7 janvier, avancée en décembre pour la réouverture des remontées mécaniques.

Le directeur de l'office du tourisme des Deux Alpes (Isère), Éric Bouchet, s'est prononcé sur le flou qui entoure la réouverture des télécabines : "C'est l'incertitude qui est la plus délicate. Pour que la saison se prépare, il faut (...) permettre aux réservations d'être prises, préparer le domaine, les équipes et organiser le recrutement et le logement des saisonniers." Même son de cloche du côté du directeur de la station de Super Besse, dans le Puy-de-Dôme, Vincent Gatignol : "Ce n'est pas en claquant des doigts qu'on va rouvrir une station et passer de 0% à 100% d'activité du jour au lendemain".

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• Une perte de 1,5 milliard d'euros sur le chiffre d'affaires

À cause de la fermeture des remontées mécaniques, les touristes affluent moins dans les domaines skiables. En effet, dans un premier bilan d'étape de la saison, les professionnels de la montagne considèrent que le taux d'occupation des stations est en "chute libre", évoquant la perte de chiffre d'affaires de l'ensemble de la filière à 1,5 milliard d'euros sur les deux semaines des congés de Noël. Par exemple, à Saint-Lary, la baisse des réservations avoisine les 40% durant cette période. Un énorme coup dur pour le village des Pyrénées. " Il y a eu zéro activité et zéro chiffre d'affaires. C'est d'autant plus rageant et frustrant que cela faisait deux ans que l'on n'avait pas eu autant de neige", explique Akim Boufaïd, directeur de cette station.

Dans le Vercors, où le tourisme a chuté de moitié durant les fêtes, les professionnels du secteur estiment qu'ils ont su "limiter la casse" avec une diversification d'activités historiquement plus ancrée qu'ailleurs dans les Alpes.

La station de Méribel
La station de Méribel © JEAN PIERRE CLATOT - AFP

• Une mobilisation pour avoir des réponses

Face au silence du gouvernement concernant une possible ouverture des remontées mécaniques, les professionnels du ski ont décidé de taper du poing sur la table. "On a vraiment un sentiment de discrimination. Aujourd'hui, les protocoles anti Covid-19 élaborés avec les préfets sont pertinents, avec la mise en place de tests, des hébergements réquisitionnés pour isoler, et des protocoles pour l'accès aux remontées. Et puis en Isère, on a établi que moins de 10 personnes sont susceptibles de descendre en réanimation, pour nous la question n'est donc pas celle de la traumatologie, explique Éric Bouchet des Deux Alpes. Le plus important, c'est qu'on ait une date définitive, qui ne peut pas être postérieure au 20 janvier."

Domaines skiables de France (DSF) insiste aussi en faveur de la réouverture des télécabines, pour le mois de février : "À quatre semaines des vacances de février, l'enjeu est majeur pour remettre en route les stations, privées de 80% d'activité à Noël. (...) Le ski n'est pas une activité à risque". Reste à savoir si ces mobilisations vont convaincre Emmanuel Macron...

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