Lamy Chappuis combiné nordique
La délégation française de ski nordique compte sur sa star, Jason Lamy-Chappuis, pour remporter l'or en Italie. | AFP - MICHAL CIZEK

Le ski nordique sur le devant de la scène

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Après les Mondiaux de ski alpin à Schladming (4 médailles françaises) et ceux de biathlon à Nove Mesto (5 podiums), les skieurs tricolores prennent désormais la direction de l'Italie, dans la Vallée de Val di Fiemme, où se tiennent les championnats du Monde de ski nordique du 20 février au 3 mars. Focus sur une compétition trop peu valorisée et où la délégation française, malgré la concurrence, compte poursuivre sa superbe dynamique hivernale.

Vous connaissez le ski alpin, où l’on dévale des pentes à plus de 100km/h, ainsi que le biathlon, qui combine comme aucune autre discipline puissance et précision. Place au ski nordique, où l’on souffre pendant plusieurs dizaines de kilomètres pour arracher la victoire dans les derniers centimètres, où l’on prend son élan sur un immense tremplin pour "s’envoyer en l’air" à l’horizontal sur plus de 100 mètres de distance… et où l’on allie parfois les deux prouesses au sein d’une seule et même épreuve, le combiné.

Le ski nordique, trois disciplines singulières

Injustement méconnu en France, le ski nordique est aux pays scandinaves ce que le ski alpin est à l’Autriche. Une religion. Une source inépuisable de médailles. 114 pour la Suède depuis la création des championnats du Monde en 1950. 193 pour la Finlande. Et, loin devant en tête, la Norvège et son total colossal de 285 breloques.

Sous l’appellation « nordique » se cachent trois disciplines qui mêlent technique, puissance et vitesse. La première, le saut à ski, est sans doute la plus spectaculaire : les participants doivent non seulement s’envoler le plus loin possible après avoir pris de la vitesse sur une rampe dont la taille peut varier (à Val di Fiemme, deux tremplins de 106 et 134 mètres), mais aussi soigner leur style en vol et la qualité de l’atterrissage. Le ski de fond regroupe quant à lui des courses de distances diverses, de l’effort le plus bref (le sprint long d’un kilomètre environ) au plus marathonien (50 kilomètres pour les hommes). La poursuite en individuel – où les coureurs changent de bâton et de ski à mi-parcours – et le relais par équipes pimentent un peu plus une spécialité stéréotypée qui traîne, en France, une fausse image de sport fastidieux. Heureusement, les plus sceptiques pourront se rattraper sur le "maxi best-of" de la discipline qui cumule course de ski de fond et saut à ski. : le combiné nordique, dominé par le Français Jason Lamy-Chappuis, champion olympique en titre.

Avec 18 Français …

Derrière son chef de file jurassien, la délégation française débarque à Val di Fiemme avec 18 athlètes (11 hommes et 7 dames), 3 remplaçants et quelques chances de médailles. A suivre notamment dès le 21 février, la fondeuse Aurore Jean, spécialiste du sprint, qui a réalisé la meilleure performance de sa carrière en terminant au début du mois deuxième de l'épreuve à Sotchi (où se dérouleront les prochains Jeux d'hiver). Coline Mattel, (17 ans) médaillée de bronze lors des derniers Mondiaux et actuellement 3e au classement mondial, est quant à elle attendue sur l'épreuve de saut à ski. Chez les hommes, Jean-Marc Gaillard (six podiums en coupe du Monde) sur le 50 km et Maurice Manificat (huit podiums en coupe du Monde dont deux victoires individuelles) sur la poursuite et le 15 km peuvent viser de belles places pour les épreuves de ski de fond. Ce dernier, arrêté six semaines cet hiver pour une blessure au genou droit, considère "avoir plus de fraîcheur que les autres"

… mais sans Martin Fourcade

Longtemps incertain, le fondeur Martin Fourcade a annoncé lundi qu'il renonçait aux championnats du Monde de ski nordique. Difficile d'en vouloir au grand bonhomme des derniers Mondiaux de biathlon qui se sont clôturés dimanche. Médaillé à cinq reprises la semaine dernière (quatre en argent et un titre sur l'épreuve du 20 kilomètres), Fourcade préfère se concentrer sur le classement général de la coupe du Monde de biathlon, déjà remporté l'an dernier et qu'il domine toujours cet hiver. "C'est une décision prise sereinement, réfléchie. J'en ai parlé avec Stéphane (Bouthiaux, le coach) mercredi pour lui dire: 'Je vais à Oslo (prochaine étape de Coupe du monde) avec vous'", a-t-il déclaré. "Je regretterais toute ma vie si je ne défendais pas le grand globe. C'est la récompense la plus dure à aller chercher". Il est vrai qu'une participation aux Mondiaux de ski nordique aurait largement hypothéqué ses chances d'atteindre son but. 

Jason Lamy-Chappuis en tête de gondole

Sans Fourcade en ski de fond, c'est sur le combiné nordique que la France a les plus grandes probabilités de chercher l'or, grâce à la superstar de la discipline Jason Lamy-Chappuis. Champion olympique en titre, triple vainqueur de la Coupe du Monde, le Jurassien s'est récemment fait dépasser au classement de la coupe du Monde par l'Allemand Eric Frenzel. S'il considère modestement que son successeur est "intouchable", le Français est de retour en forme et pourrait bien retrouver son trône. "Ma priorité cette saison, cela a toujours été Val di Fiemme" rappelle-t-il, estimant que "si on gagne deux médailles (individuelle et par équipes), l'objectif sera atteint". Et comme un champion en cache un autre, il sera accompagné aux Mondiaux par son cousin Ronan, sélectionné en dernière minute, qui concourra en saut à ski.

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