Innerhofer Christof joie Mondiaux 2011
L'Italien Christof Innerhofer laisse exploser sa joie avec l'or en super-G | AFP - Odd Andersen

Innerhofer, la consécration en super-G

Publié le , modifié le

Sur une piste glacée et piégeuse à Garmisch-Partenkirchen sur laquelle Ligety, Svindal ou Miller sont partis à la faute, l'Italien Christof Innerhofer a créé une petite sensation en étant le plus rapide pour devenir champion du monde de super-G. Lui qui n'avait remporté qu'une seule course de Coupe du monde dans sa carrière, devient le roi de la discipline en devançant l'Autrichien Hannes Reichelt et le Croate Iviva Kostelic. Premier Français, Adrien Théaux est 10e.

Didier Cuche, champion du monde en titre, était attendu. Aksel-Lund Svindal, champion olympique, également. Et Bode Miller, affamé, pouvait tout faire exploser. Mais sur une piste glacée, avec beaucoup d'enchaînements techniques, beaucoup de favoris n'ont pas pu hisser leur ski au niveau de leurs ambitions. Si le Suisse est parvenu jusqu'en bas de la piste, c'est avec 1"03 de retard sur le vainqueur, à une place du podium qui aurait pu le consoler. L'Américain, qui possédait près d'une seconde d'avance sur le meilleur temps dans le dernier tiers du parcours, a commis une faute sur un virage, perdant un bâton et terminant en roue libre alors qu'il avait peut-être une médaille dans les jambes. Quant au Norvégien, le retard accumulé sur la piste et la débauche d'énergie ont fini par lui coûter une sortie de piste, synonyme d'abandon.

Sous le soleil allemand, au milieu de cette cascade d'erreurs et de déceptions, Christof Innerhofer a brillé. Si son talent était déjà plusieurs fois apparu en Coupe du monde ou lors des Championnats du monde 2009 à Val-d'Isère (4e du super-G), il n'avait jamais pu accrocher plus qu'une victoire dans la super-G de Bormio, en 2009, devant son public. Lors des Jeux Olympiques de Vancouver l'année dernière, il avait déjà montré une certaine montée en puissance avec une 6e place en super-G, une 8e en super-combiné. A Garmisch, c'était le jour de l'Italien, la piste qui lui fallait pour ouvrir un palmarès qui pourrait bien rapidement s'étoffer. Avec son dossard 15, il a eu tout le loisir de voir les favoris se casser les dents sur son temps, seul Ivica Kostelic parvenant à se rapprocher sous la seconde d'Innerhofer. Pour le Croate, c'est également un bel exploit, qui donne donc un lendemain glorieux à sa victoire dans le super-G de Kitzbuhel en janvier dernier, son 1er succès en carrière dans cette discipline. Le leader du classement général de la Coupe du monde conquiert sa deuxième médaille mondiale, après l'or en slalom en 2003. Et vu sa saison 2010-2011, il pourrait bien faire encore mieux dans les jours à venir.

Côté tricolore, c'était un peu le temps de la déception. Adrien Théaux aurait bien voulu tirer son épingle du jeu après avoir notamment fait 2e à Beaver Creek, mais le spécialiste de la descente doit se contenter d'une 10e place, à plus de 2" du meilleur temps. Idem pour le jeune Alexis Pinturault, champion du monde juniors de géant et 6e du super-G de Hinterstoder, sorti du tracé comme de nombreux autres concurrents. Yannick Bertrand forfait, Thomas Frey était le dernier Tricolore à prendre part à la course, et il finit à 4"5 du vainqueur.

Réactions

Christof Innerhofer (ITA/1er): "Je suis plus que content, la saison dernière a été si difficile pour moi. Cette année j'étais déjà content d'être revenu au niveau d'il y a deux ans. J'ai eu besoin de beaucoup de temps pour retrouver la confiance nécessaire pour courir. Lors des derniers super-G, j'ai noté que j'avais retrouvé les mêmes sensations. Je me suis dit aujourd'hui, va à fond pour ne rien regretter, cette course n'a lieu que tous les deux ans. J'ai regardé le passage de Bode Miller, il a tout risqué alors j'ai pensé qu'il fallait l'imiter. Les minutes à attendre dans l'aire d'arrivée étaient aussi difficiles qu'avant de se lancer. J'ai tremblé."
Hannes Reichelt (AUT/2e): "Cette médaille a d'autant plus de valeur que c'était probablement le super-G le plus difficile de l'histoire. D'ordinaire ce genre de conditions de course ne me convient pas. Je suis étonné."
Ivica Kostelic (CRO/3e): "En Coupe du monde, on fait toujours attention au classement, aux points. Ici c'est la course d'un jour, alors on doit tout risquer, on joue une médaille. C'est ce que je me suis dit avant le départ. Je ne l'ai pas montré aux caméras mais à l'arrivée je me suis presque effondré de fatigue. C'était sûrement la course la plus difficile de toute ma carrière, toutes disciplines confondues. C'était très dur pour les articulations. Je dois dire que je n'avais pas prévu une médaille en super-G. Dans de telles conditions, j'avais anticipé que les skieurs d'expérience seraient favoris. Mais lors des finales de Coupe du monde l'an passé, j'avais fait une bonne course. Cette piste me plaît."
Bode Miller (USA/12e): "Quand vous n'avez plus qu'un seul bâton, c'est difficile d'enchaîner, de trouver l'équilibre. Je n'avais pas la bonne position. A la fin j'étais fatigué. Je n'avais aucune chance, je n'étais pas préparé à cette situation."

Classement

1. Christof Innerhofer (ITA) 1:38.31
2. Hannes Reichelt (AUT) 1:38.91
3. Ivica Kostelic (CRO) 1:39.03
4. Didier Cuche (SUI) 1:39.34
5. Benjamin Raich (AUT) 1:39.65
6. Romed Baumann (AUT) 1:39.79
7. Carlo Janka (SUI) 1:40.03
8. Werner Heel (ITA) 1:40.13
9. Peter Fill (ITA) 1:40.34
10. Adrien Théaux (FRA) 1:40.44
11. Michael Walchhofer (AUT) 1:40.51
12. Bode Miller (USA) 1:41.06
13. Silvan Zurbriggen (SUI) 1:41.12
14. Tommy Ford (USA) 1:41.21
15. Matteo Marsaglia (ITA) 1:41.26
16. Andrej Jerman (SLO) 1:41.35
17. Ondrej Bank (CZE) 1:41.36
18. Travis Ganong (USA) 1:41.49
19. Benjamin Thomsen (CAN) 1:41.92
20. Andrej Sporn (SLO) 1:42.20
21. Andreas Sander (GER) 1:42.40
22. Ales Gorza (SLO) 1:42.45
23. Patrik Jaerbyn (SWE) 1:42.49
24. Matts Olsson (SWE) 1:42.55
25. Thomas Frey (FRA) 1:42.81
26. Natko Zrncic-dim (CRO) 1:43.15
27. Stepan Zuev (RUS) 1:43.63
28. Truls Ove Karlsen (NOR) 1:44.01
29. Roger Vidosa (AND) 1:44.84
30. Georgi Georgiev (BUL) 1:45.23
31. Tim Cafe (NZL) 1:45.24
32. Benjamin Griffin (NZL) 1:45.63
33. Nicola Kindle (LIE) 1:46.75
34. Yuri Danilochkin (BLR) 1:46.81
35. Igor Zakurdaev (KAZ) 1:47.12
36. Matej Falat (SVK) 1:48.26
37. Michal Klusak (POL) 1:48.29
38. Igor Laikert (BIH) 1:48.43
39. Dmitriy Koshkin (KAZ) 1:49.07
40. Rostyslav Feshchuk (UKR) 1:49.79
41. Taras Pimenov (KAZ) 1:51.04

N'ont pas pris le départ: Yannick Bertrand (FRA), Dimitri Gedevanishvili (GEO)

N'ont pas terminé: Jaroslav Babusiak (SVK), TJ Baldwin (GBR), Maciej Bydlinski (POL), Pavel Chernichenko (KAZ), Nikola Chongarov (BUL), Paul De la cuesta (ESP), Mirko Deflorian (MDA), Edward Drake (GBR), Kevin Esteve rigail (AND), Christoffer Faarup (DEN), Tobias Gruenenfelder (SUI), Erik Guay (CAN), Jan Hudec (CAN), Kjetil Jansrud (NOR), Alexandr Horoshilov (RUS), Andrej Krizaj (SLO), Ted Ligety (USA), Georg Lindner (MDA), Hans Olsson (SWE), Alexis Pinturault (FRA), Andreas Romar (FIN), Dalibor Samsal (CRO), Cristian Javier Simari birkner (ARG), Tin Siroki (CRO), Tobias Stechert (GER), Aksel Lund Svindal (NOR), Mark Syrovatka (CZE), Ferran Terra (ESP), Sandro Viletta (SUI), Petr Zahrobsky (CZE)

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