Grange soulagement arrivée Garmisch 022011
Jean-Baptiste Grange, un slalomeur heureux | AFP - ODD ANDERSEN

Grange : "Le plus beau des cadeaux"

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Tout juste auréolé de son premier titre de champion du monde de slalom à Garmisch-Partenkirchen, Jean-Baptiste Grange revient sur sa course, ses blessures, sa force de caractère. Cette médaille d'or sonne comme une revanche pour le skieur de Valloire, battu à Val d'Isère puis absent des JO de Vancouver sur blessure. "Ça me fait du bien d’être allé conquérir ça avec les tripes, d’être allé chercher jusqu’au bout", a expliqué Grange.

Q : Que ressentez-vous après ce premier titre mondial ?
R : « L’émotion est constante, c’est un énorme cadeau. J’ai eu des moments très difficiles et d’y être arrivé aujourd’hui, dans des conditions pas évidentes. L’attente a été longue cette semaine et longue entre les deux manches. Même si j’avais l’habitude en Coupe du monde, c’était différent aujourd’hui. C’était un peu mes vieux démons de 2008, de 2009 qui remontaient aussi… Ca me fait du bien d’être allé conquérir ça avec les tripes, d’être allé chercher jusqu’au bout. Cette 2e manche, elle était vraiment pas facile. »

Q : Vous aviez une énorme pression à gérer ?
R : « J’ai cogité entre les deux manches. C’est monté petit à petit. Dès les premiers appuis, j’ai senti qu’il y avait une tension supplémentaire. Mais voilà, ça fait trois-quatre ans que j’apprends à skier avec beaucoup de pression. T’arrives beaucoup mieux à le gérer. J’ai essayé le plus possible de rester calme. Depuis ce matin, j’ai essayé de rester dans mon truc. Mais c’est tellement dur ces journées que l’avoir là (autour du cou), c’est le plus beau des cadeaux. Ce sont des moments uniques, exceptionnels. »

Q : Vous réalisez ce qu’il vous arrive ?
R : « Il y a une tension qui retombe parce que c’était pas évident. Il y a eu des moments où il a fallu vraiment que je m’accroche. Ce matin au réveil, je savais qu’il fallait y retourner et pas forcément qu’avec des bons souvenirs. C’est dur à vivre. Mais je voulais le faire pour moi. »

Q : Vous étiez très ému sur le podium
R : « Le dossard avec écrit champion du monde, ça le fait. Mais avec la médaille sur le podium, les larmes sont montées. J’attendais ça très fort. Je vais profiter de ces instants tant attendus avant de penser à la suite. »

Q : Cette médaille d’or, elle vient d’où ?
R : « Ma victoire s’est construite avec mes blessures mais aussi au jour le jour. Même si j’ai tendance à essayer de m’économiser, à être plutôt calme et tranquille, sans en rajouter sur les skis, je suis quelqu’un qui bosse beaucoup. Je me pose beaucoup de questions sur ce qu’il faut que je fasse pour être bon. C’est un pur bonheur de voir que ce j’ai mis en place paye aujourd’hui. »