Jean-Baptiste Grange Kitzbuhel  01 2011
Le Français Jean-Baptiste Grange | AFP - DIMITAR DILKOFF

Grange en chasseur d’or

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Il a beau avoir les épaules solides, Jean-Baptiste Grange va supporter une bonne partie de la pression de l’équipe de France après l’échec de la vitesse. Revenu à son meilleur niveau après deux blessures, « JB » se sait attendu. Ça tombe bien car le Mauriennais est revanchard et débarque à Garmisch-Partenkirchen avec un seul objectif en tête : le titre.

Il y a un an, l’enfant prodige du ski français broyait du noir devant sa télé. Victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en décembre 2009, il connaîssait un coup d’arrêt brutal dans sa jeune carrière. Sacré en Coupe du monde de slalom (2009), Grange commençait à se sentir maudit pour les courses d’un jour. Après un premier bronze à Äre, Val d’Isère s’était refusé à lui, préférant son copain Julien Lizeroux, doublé médaillé d’argent en slalom et super-combiné. "J'ai manqué deux titres à Val d'Isère, qui me tendaient presque les bras. J'ai envie de prendre ma revanche", souligne le Savoyard de 26 ans. Mais je reste lucide. C'est une course d'un jour. Tu enfourches à la quatrième porte et c'est réglé."

Si l’automne 2010 marque le retour de JB avec un premier succès à Levi, c’est en janvier 2011, après une blessure à l’épaule, qu’il marque les esprits et rentre à jamais dans l’histoire. Remis en selle par son podium suisse à Wengen, il signe un doublé retentissant à Kitzbuhel – Schladming. Deux courses. Deux chefs d’œuvre. A Kitz, il domine le Ganslernhang dans la 2e manche, une grande première car Grange n’avait jamais gagné un slalom sans remporter la première manche. Deux jours plus tard, il s’offre la Mecque du slalom, en nocturne, devant 50 000 personnes. "Gagner les deux plus grosses courses en slalom de l'hiver, c'est un beau rêve. C'est rentrer dans l'histoire", s'extasie Grange. Et de glisser: "Cette victoire en appelle d'autres".

Cette attitude conquérante, c’est aussi une des clés des succès du skieur de Valloire. Celle qui fait défaut aux collègues de l’équipe de France de vitesse. Il y croit et n’a pas peur d’annoncer qu’il vient pour gagner. L’étiquette de favori, ça ne doit pas faire peur, bien au contraire. "C'est une position que je commence à connaître. J'ai deux ans de plus (par rapport aux Mondiaux-2009), une blessure derrière moi et un peu plus de maturité. Je ne vais pas surestimer l'événement, je vais aller chercher, tout peut arriver". Même l’or.