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Didier Cuche a une vue plongeante sur Garmisch-Partenkirchen | AFP - FABRICE COFFRINI

Garmisch-Partenkirchen, deux villes en une

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Les clichés ont la vie dure à Garmisch-Partenkirchen. Bien qu’unifiée par Adolf Hitler pour accueillir les JO de 1936, la ville bavaroise cultive ses différences et entretient ses rivalités de clocher.

Comme souvent dans les rivalités locales, il y a le riche contre le pauvre, le bling-bling face au laborieux, la tradition contre la modernité. L’histoire leur colle tellement bien à la peau que Garmisch et Partenkirchen sont encore des rivaux de façade. "Il faut toujours veiller à l'équilibre entre les deux, explique Gerd Rubenbauer, le responsable média des Championnats du monde. D'abord, il y a eu des craintes que toutes les cérémonies soient à Garmisch. Puis ce sont les deux mascottes, un garçon et une fille, qui ont posé problème. Aucun des deux ne voulait se voir attribuer la fille." Au final, c’est Garmisch qui s’est paré de rouge sur le bonnet et les lèvres, laissant l’image de l’homme à Partenkirchen.

Et au milieu passe une voie ferrée. D’un côté « Pa », la paisible bourgade aux vieilles fermes peintes. De l'autre, « Ga » et son centre animée, sa rue piétonne et ses boutiques à la mode. Pour les Munichois qui descendent le temps d’un week-end, le choix est vite fait. Le maire de la station, Thomas Schmid, prend lui ces différences comme une richesse. "Vous pouvez toujours voir dans la structure deux villages différents, vous pouvez vraiment sentir l'histoire, et c'est un avantage pour le tourisme d'avoir les deux", estime le bourgmestre. "Il y a beaucoup de plaisanteries autour de ces deux identités, car on a souvent deux clubs, en sport notamment. Mais c'est un plus, car chacun essaie d'être meilleur que l'autre, ce qui fait monter le niveau."

Star locale avec Maria Riesch, Felix Neureuther a connu cette rivalité sportive. "Comme j'habite à Garmisch, et je skie sous les couleurs du ski-club de Partenkirchen, cela fut toujours un gros problème à Garmisch . On me disait: "Normalement tu es de Garmisch, tu ne peux pas skier pour Partenkirchen ", explique le slalomeur bavarois. Par commodité et pour le bien de la région, il n’y a jamais eu de velléités de scission. Candidature pour les JO 2018 sous la bannière munichoise oblige, l’heure est plus que jamais à l’unité. On est loin du mariage forcé voulu par le Führer. Garmisch-Partenkirchen est prêt à grandir ensemble. Et au milieu coule une rivière.