Jens Hulgaard à Lahti
Le Danois Jens Hulgaard passe devant les deux tremplins de Lahti (Finlande) lors des qualifications pour le 10 km individuel hommes, le 22 février | JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Championnats du monde de ski nordique : le décryptage

Publié le , modifié le

Les championnats du monde de ski nordique débutent cette semaine à Lahti en Finlande et se poursuivront jusqu'au 5 mars, sur fond de scandale de dopage. Plusieurs athlètes ont en effet été suspendus pour ces Mondiaux. Une compétition à suivre en partie sur France 4 et en intégralité sur les applications et le site Francetvsport. L'occasion de revenir sur ce sport constitué de plusieurs disciplines, sur les favoris, les épreuves ainsi que les chances de médailles côté français.

Le ski nordique, une affaire de pays nordiques

Les Championnats du monde de ski nordique sont organisés tous les deux ans depuis 1950 et après la Suède en 2015, c'est la Finlande qui accueille cette année la compétition. La ville de Lahti a en effet été désignée comme ville hôte pour la septième fois de son histoire. Des championnats du monde qui seront l'occasion de célébrer comme il se doit les 100 ans de l'indépendance finlandaise.

Si le ski nordique est une discipline phare dans les pays scandinaves, il n'en est pas vraiment de même en France. Pourtant, de Fabrice Guy à Jason Lamy-Chappuis, les athlètes français se sont offerts un beau palmarès dans l'histoire. 

Ce sport est composé de trois disciplines : le ski de fond, le saut à ski et le combiné nordique. Le biathlon y est assimilé mais dépend, au niveau de l'organisation, des compétitions d'un organe qui lui est propre : l'Union Internationale de Biathlon (UBI), distincte de la Fédération Internationale de Ski.

Le ski de fond

Cette discipline se pratique sur un terrain enneigé mais damé avec des skis longs et étroits uniquement fixés à l'avant du pied. Il existe deux techniques de progression : la classique ou pas alternatif, qui peut être imposée lors d'une course, et le pas de patin ou skating utilisé dans les épreuves de style libre.

En ski de fond, les épreuves sont multiples : la distance peut varier, la technique classique peut être imposée ou non, et la course peut être individuelle, par équipe ou en relais. En Finlande, six épreuves masculines et leurs pendants féminins sont prévus : un sprint libre, un sprint par équipes en technique classique, un relais 4 x 10 kilomètres (5 km pour les femmes) alternant technique classique et libre, une course de 15 kilomètres en classique (10 pour les femmes), un skiathlon de 30 kilomètres pour les hommes et de 15 kilomètres pour les dames et enfin, l'épreuve la plus redoutée, celle de la mass start, un départ en ligne de tous les participants pour une course de 50 kilomètres pour les hommes et de 30 kilomètres chez les femmes. 

A la manière du ski alpin, les championnats du monde de ski nordique interviennent en plein milieu de la Coupe du monde. Cela permet de déterminer qui sont les athlètes en forme et donc favoris pour une médaille d'or.

Contrairement au combiné ou au saut à ski, le ski de fond est une discipline dans laquelle un Français peut prétendre à une médaille : sur les 9 fondeurs français présents en Finlande, Maurice Manificat sort du lot. Le double médaillé (bronze et argent) en 2015 est actuellement 10e du classement en Coupe du monde. Mais la concurrence sera rude. Les Norvégiens dominent en effet le classement : Martin Johnsrud Sundby est le grand favori chez les hommes et l'or devrait se jouer entre Heidi WengIngvild Flugstad Östberg voire Marit Björgen qui signe un retour en forme après son congé maternité.

Maurice Magnificat (dossard n°7), ici lors du skiathlon de Canmore au Canada, est le meilleur fondeur français engagé aux Mondiaux.
Maurice Magnificat (dossard n°7), ici lors du skiathlon de Canmore au Canada, est le meilleur fondeur français engagé aux Mondiaux.

Le saut à ski

Les sauteurs utilisent des ski longs de plus de deux mètres sur des tremplins plus ou moins longs et hauts, le but étant évidemment de sauter le plus loin possible, mais le style est également très important.

Le Polonais Kamil Stoch favori avant les Mondiaux domine le classement de la Coupe du Monde de saut à ski
Le Polonais Kamil Stoch favori avant les Mondiaux domine le classement de la Coupe du Monde de saut à ski

Pour ces Championnats du monde, cinq médailles sont en jeux, puisque les hommes disputeront deux épreuves en individuel, sur petit (100m)  et grand tremplin (130m), et une épreuve par équipe. Les dames concourront en individuel sur petit tremplin, et enfin, une épreuve mixte aura lieu sur petit tremplin.

Chez les hommes, la discipline est actuellement dominée par le Polonais Kamil Stoch mais de nombreux concurrents peuvent prétendre à une médaille, dont le jeune Slovène Domen Prevc (17 ans). En revanche, chez les femmes, ce sont les Japonaises qui dominent, à l'image de la jeune Sara Takanashi, déjà victorieuse à trois reprises en Coupe du monde à seulement 20 ans. Côté tricolore, le mieux classé des quatre sauteurs présents à Lahti est Vincent Descombes Sevoie.

Le combiné nordique

La dernière discipline de ces championnats du monde de ski nordique, le combiné, mélange ski de fond et saut à ski. Elle requiert donc pour les athlètes de bonnes capacités de détente et d'endurance à la fois.

Le combiné nordique étant une épreuve masculine, seules 4 épreuves sont programmées : deux en individuel, une avec un saut sur petit tremplin, l'autre sur grand tremplin, les deux étant suivis d'une course de 10 kilomètres en ski de fond. A cela s'ajoute deux épreuves par équipes, avec un saut sur petit et grand tremplin suivi d'un relais à quatre.

Les favoris des ces championnats du monde ne font pas l'ombre d'un doute. Le trio allemand constitué par Johannes Rydzek, Eric Frenzel et Fabian Riessle règne en maître sur la Coupe du monde, après avoir remporté les 18 premières épreuves de la compétition. François Braud semble être le Français ayant les meilleures chances de bien figurer dans ces mondiaux parmi les cinq combinés tricolores engagés. Après la suprématie imposée par Jason Lamy-Chappuis, la France se cherche un successeur. Un énorme défi.

Du beau monde et un beau spectacle en perspective pour une compétition à suivre en intégralité en direct vidéo sur les applications et les site Francetv Sport tandis que la majorité des épreuves ayant lieu le week-end seront diffusées sur France 4.

Le trio allemand formé par Johannes Rydzek, Eric Frenzel et Fabian Riessle est archi favori à Lahti.
Le trio allemand formé par Johannes Rydzek, Eric Frenzel et Fabian Riessle est archi favori à Lahti.
Félix Fatalot