Martin Fourcade
Martin Fourcade est confiant pour sa qualification à Ruka | PHILIPPE DESMAZES / AFP

Martin Fourcade: "J'avais vraiment envie d'y aller avec le sourire..."

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Tout au long de la saison de biathlon qui débute fin novembre en Norvège, Francetv Sport va suivre Martin Fourcade dans sa préparation et en compétition. A Beitostolen (Norvège), le double champion olympique visait la qualification pour la première épreuve de Coupe du monde de ski de fond à Ruka (Finlande) à la fin du mois. S'il faut encore attendre la décision de la Fédération française de ski, Martin Fourcade est confiant et sait ce qui lui reste à faire pour améliorer sa douzième place d'une course disputée avec dans la tête, les attentats de vendredi soir en France.

C’est un Martin Fourcade ému et peiné qui a décroché son téléphone au volant de sa voiture pour répondre à nos questions. "J'avais vraiment envie d'y aller (aux qualifications de la Coupe du monde de ski de fond) avec le sourire, de prendre un maximum de plaisir. Avec ce qu'il s'est passé la veille (les attentats à Paris et Saint-Denis vendredi soir), personne n'avait envie de sourire". Voilà pour l'émotion. Car samedi, il a fallu monter sur les skis à Beitostolen (Norvège) pour Martin Fourcade. L'ambition était de se qualifier pour la première épreuve de Coupe du monde de ski fond, dans deux semaines à Ruka (Finlande). Pour savoir si l'objectif est atteint, il faudra attendre une semaine et la décision de la Fédération française de ski (FFS). Mais Martin Fourcade pense avoir fait le boulot même si une pointe de déception perce après sa 12e place (troisième français derrière Robin Duvillard 3e et Maurice Manificat 5e). "C’est une performance qui doit me permettre d’intégrer l’équipe, explique-t-il. Mais je suis déçu. Il y a un bon début de course. Je suis encore quatrième aux deux tiers de la course et la fin est plus compliquée. J’ai manqué de réserve". En somme, une course moyenne mais pas catastrophique.

"Manque d'expérience"

Déçu mais pas fataliste, le Catalan a des explications logiques à ce résultat. "Je manque un peu d'expérience en ski de fond, je suis sans doute parti un peu vite et puis je n'ai pas cherché à avoir un pic de forme spécifique pour cette course-là. C'est une performance décevante mais que je peux comprendre". Et en effet, si l'on observe le classement à six kilomètres de l'arrivée, Martin Fourcade fait mieux qu'être dans le tempo en étant quatrième dans des conditions très difficiles et sur une neige "très lente" qui ne convient pas tout à fait aux qualités d'un Martin Fourcade. Tout comme la distance de ce week-end, quinze kilomètres,que le biathlète retrouve très rarement dans son quotidien d'ogre de sa discipline. "A Kuusamo (l'épreuve est précisément à Ruka, une station rattachée à la commune de Kuusamo), le dix kilomètres siéra mieux à mes qualités d'autant plus que j'étais encore dans le coup à ce moment-là de la course ce week-end". Un calcul un peu "simpliste", le skieur français en convient mais qui donne à réfléchir. A quinze jours de son "premier objectif de la saison", Martin Fourcade a en tout cas déjà réfléchi sa préparation finale.

Des séances spécifiques

"Il me reste encore 15 jours pour travailler, raconte-t-il. Ça laisse du temps pour se reposer dans un premier temps puis pour affiner les détails". Dans les détails justement, quel est le programme ? "J'ai manqué de fraîcheur sur la fin de course donc je vais me reposer demain (aujourd'hui) et mardi". Voilà pour le premier temps. Ensuite il y aura deux séances très importantes. La première mercredi: "une séance d’endurance longue à une allure 'DT1 élevé'. Je vais tenir mon 'seuil 1' le plus longtemps possible. C'est un peu technique mais en clair, je vais vraiment 'skier', ce sera pas pas de la promenade. Ce sera une vitesse régulière, facile à tenir mais sur la durée, ça risque forcément de peser un peu. La seconde mardi en huit: "cette fois ce sera un chrono solitaire sur un dix kilomètres skate comme celui que je ferai quelques jours plus tard, je l'espère, à Kuusamo". Un programme qui doit le conduire vers les sommets car quand on s'appelle Martin Fourcade, on ne peut faire autrement. "Au vu de ce week-end, un top 5 est ambitieux mais c’est clairement le type de performance que je vise. J’ai dit que j’y allais pour découvrir mais je n’ai pas envie de finir 30e. Je vais tout faire sur les quinze jours qu'il me reste pour me rapprocher de la tête."

Confiance

A Beitostolen, le cadet des frères Fourcade a été battu par Robin Duvillard, Maurice Manificat mais aussi Tarjei Boe, biathlète comme lui venu s'essayer sur le fond. Une situation qui titille l'orgueil du champion qui clame néanmoins ne pas en faire une affaire personnelle. "Le niveau est proche avec les Français mais forcément ça stimule. Je suis aussi déçu parce que je finis derrière eux. Tarjei fait une belle course mais je suis devant 80% du temps". Véritable star de la Coupe du monde de biathlon, Martin Fourcade n'a en tout cas pas pu goûter à l'anonymat sur le fond. "Je ne me suis pas senti comme un 'skieur lambda'. Je suis forcément regardé mais je ne me suis pas plus mis de pression". La pression arrivera à Östersund pour la première épreuve dans sa discipline. D'ici là, Fourcade va se reposer, se préparer et surtout rester confiant. "Je marche beaucoup sur la confiance. Un mauvais résultat ne remettra pas en cause ma préparation. J’ai eu des très bons tests cet automne. Je sais que je serai présent cet hiver même si ça devait mal se passer à Kuusamo."