Justine Braisaz et Martin Fourcade
Justine Braisaz et Martin Fourcade sont les leaders de l'équipe de France de biathlon cette saison | AFP - DR

JO 2018 : Avec Braisaz et Fourcade, le train bleu a deux belles locomotives

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La première n'a que 21 ans, a ouvert son compteur en Coupe du monde cette saison et pointe à la troisième place du classement général. Le second a remporté les six derniers gros globes, porte encore le maillot de leader, et est monté sur dix podiums individuels en autant de courses depuis novembre. Justine Braisaz et Martin Fourcade mènent une équipe de France de biathlon qui se cherche encore cette saison.

La Coupe du monde de biathlon est entrée dans une nouvelle phase. Après les fêtes et la première coupure, les objectifs se recentrent de plus en plus vers le championnat de l'année. A l'habitude Championnats du monde mais en 2018, Jeux Olympiques. De quoi tendre tout le monde un peu plus cette année. L'heure est à l'affinage des sélections. Pour l'équipe de France, la décision sera prise "dans la dernière semaine de janvier" nous a révélé Stéphane Bouthiaux entraîneur de l'équipe de France, après les épreuves de Ruhpolding (Allemagne) du 10 au 14 janvier et avant le juge de paix d'Antholz-Anterselva (Italie), du 18 au 21 du même mois. Mais s'il y a bien deux athlètes qui sont sereins au sein de l'équipe de France, ce sont Justine Braisaz et Martin Fourcade.

Braisaz, la jeunesse étincelante

"Justine vient confirmer tout le bien qu’on pensait d’elle", lâche d'entrée Stéphane Bouthiaux. Et pour cause, depuis le début de saison, Braisaz (21 ans) est déjà passée par énormément d'émotions. Celle de deux podiums pour le weekend inaugural à Östersund (Suède), celle de porter le maillot de leader à Hochfilzen (Autriche) pour la première fois de sa carrière et de passer à côté de ses courses, puis celle enfin d'un premier succès en Coupe du monde, à domicile, au Grand-Bornand. "Nous ce qu’on retient c’est la manière dont elle a été obtenue avec un 19/20 au tir, beaucoup de sérénité et de maîtrise. Après on sait qu’elle manquera beaucoup de régularité mais on espère et on croit fort que ce sera un déclic, explique Bouthiaux.

Fourcade, une régularité exceptionnelle

Certes Martin Fourcade n'a "que" quatre victoires en Coupe du monde quand il en comptait déjà sept à la même époque la saison dernière. Certes, il est moins rapide que Johannes Boe sur les skis, certes le Norvégien l'embête régulièrement... Mais quel début de saison du Catalan ! Dix courses, dix podiums, tout est dit. "On nous dit que les gens sont déçus quand Martin Fourcade ne gagne plus. Il ne faut pas oublier qu’on est pas seuls sur la ligne de départ. Il a fait 8 podiums sur 8 courses  (l'interview a été réalisée avant le weekend d'Oberhof, ndlr), rappelle Bouthiaux. Il réalise un début de saison énorme !". Si aux Jeux, le leader de la Coupe du monde garde le même rythme, il pourrait bien réaliser une performance record.

 

Derrière Fourcade, c'est plus dur

Malheureusement pour les locomotives de l'équipe de France, les wagons ne sont pas bien accrochés. Hors Braisaz et Fourcade, les seuls Quentin Fillon Maillet et Antonin Guigonnat ont réussi un podium individuel cette saison. Et depuis, le premier est (un peu) rentré dans le rang. Pour Stéphane Bouthiaux, le problème est simple : le tir. "Il a du mal à reproduire en course les schémas qu’il réussit à mettre en place à l’entraînement alors qu'il avait beaucoup progressé cet été". Ce serait désormais plutôt Simon Desthieux, auteur de deux top 5,  qui serait le deuxième homme derrière Fourcade

Comment ne pas évoquer aussi la surprise Guigonnat podium surprise sur le sprint du Grand-Bornand ? "On ne s'attendait pas à ça, reconnaît Stéphane Bouthiaux. Mais ça valide le système mis en place. A l’image de ce qu’il s’est passé sur la natation l’été dernier, pour venir au plus haut niveau, il faut être capable d’avoir montrer qu’on peut y performer." Des critères qui ont conduits Simon Fourcade a descendre en Coupe d'Europe pour la première de sa carrière. Il y a gagné un sprint et devrait être présent à Ruhpolding le weekend prochain puisque c'est la condition en équipe de France pour retrouver la "première division" du biathlon.

Le relais féminin tout sourire

Jusqu'à dimanche, le bilan était sensiblement le même. Mais le relais victorieux à Oberhof est passé par là. Braisaz, Bescond, Chevalier et Aymonier ont retrouvé le sourire alors qu'aucune tricolore, hors Braisaz, n'avait atteint un top 5 individuel en Coupe du monde. Anaïs Chevalier "blessée cet été (après un accident de vélo) et qui met du temps à revenir", selon Bouthiaux, Anaïs Bescond "qui monte en puissance tout au long de la saison" et enfin Célia Aymonier manquant encore "un peu d'entraînement derrière la carabine pour sa troisième saison seulement en Coupe du monde", autant de raisons qui empêchent le staff de s'inquiéter outre-mesure.

Reste le cas Marie Dorin-Habert qui a choisi de rentrer chez elle après le sprint d'Oberhof ce weekend. "Il a été jugé préférable de ne plus tirer sur la machine en espérant que cette dizaine de jours d'entraînement à très faible intensité me permettre de remettre la machine en route. Je jouerai ensuite ma carte sur la piste d'Anterselva en mangeant des pâtes", a-t-elle écrit sur sa âge Facebook. La double médaillée olympique n'est pour le moment pas certaine d'être sélectionnée pour les JO de PyeongChang (9-25 janvier) dans une équipe de France à la densité rare. 

Christophe Gaudot @ChrisGaudot