Martin Fourcade médaille 032015
Encore une médaille d'or pour Martin Fourcade | KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Fourcade : "Je réalise à quel point je suis chanceux"

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"Quand je pense où j'en étais l'été dernier...", a confié, soulagé, Martin Fourcade, champion du monde de l'individuelle jeudi aux Mondiaux de biathlon de Kontiolahti (Finlande) après avoir dû dompter une mononucléose qui a bouleversé sa préparation.

Q: L'individuelle, c'est définitivement votre course?
R: "J'ai lu ce matin que j'avais remporté sept des huit dernières individuelles. Mais j'ai aussi fait 81e de l'individuelle à l'ouverture de cette saison. L'individuelle, c'est une bataille, c'est ce qui rend cette course si intéressante. Raphaël Poirée disait aussi que Svensen (le Norvégien, 2e) et moi étions les deux qui comprenaient le mieux cette course, il avait  plutôt raison ! Vous devez donner le maximum de vous-même pendant 45 minutes, ce sont les garçons costauds qui sont en bonne position pour cette course".
  
Q: Vous devez être très satisfait après des débuts de Mondiaux compliqués  (12e du sprint, 7e de la poursuite)?
R: "C'est dur, mais bon, quand je pense où j'en étais l'été dernier avec la  mononucléose en devant renoncer au ski de fond... Ce soir, d'être au top sur le  podium avec le maillot jaune (de leader du classement général de la Coupe du  monde), c'est fou, et je réalise à quel point je suis chanceux".
  
Q: Qu'est-ce qui fait que vous vous relevez toujours dans la difficulté?
R: "Je suis peut-être mégalo et je n'aime pas passer au second plan  (sourire). Plus sérieusement, c'est une réaction d'orgueil, et je pense que  j'ai pas mal d'orgueil. Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut mais  en sport ça me sert pas mal".
  
Q: L'idée de ne pas gagner vous est insupportable?
R: "C'est sûr que l'an dernier aux Jeux, c'était mon objectif ultime de  gagner. Mais généralement, c'est plus de montrer quelque chose qui n'est pas de  mon niveau qui m'est insupportable. Les critiques aussi me galvanisent. Quand  j'entends que j'ai fait un week-end moyen ou que je ne suis pas au niveau,  quand moi je vois les conditions et que je suis persuadé que j'ai fait une  course qui pouvait m'apporter la victoire sur le sprint, forcément je suis en  rogne et j'ai envie de montrer que je vaux mieux. Les critiques me piquent dans  mon orgueil et dans ma volonté de bien faire".
  
Q: Vous souhaitiez rendre hommage aux victimes du crash d'hélicoptère en  levant les bras au ciel à l'arrivée?
R: "Je ne suis pas friand de faire des gestes ou des dédicaces parce que je  ne veux pas que ce soit mal perçu, c'est vraiment une crainte pour moi.  Aujourd'hui, c'était quelque chose qui venait du coeur. Je voulais juste  montrer aux familles de victimes, à leurs amis, qu'on pensait à eux. Ce n'est  rien dans ce type de moment mais chaque marque d'attention est, je pense,  positive".
  
Q: L'émotion vous a accompagné durant toute la course?
R: "C'est une course chargée d'émotions pour plein de raisons. Pour des  raisons de pression, c'est vrai que ça enlève un poids sur les épaules de  gagner l'individuelle. Et puis vis-à-vis du drame de lundi aussi. Et pour des  raisons familiales également, parce que Simon est au pied du podium et ça me  touche un peu. J'aurais aimé partager ce moment avec lui" (Simon termine 4e).