Après les Mondiaux, le biathlon français est au sommet

Après les Mondiaux, le biathlon français est au sommet

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Grâce aux deux sacres de Marie Dorin-Habert, mais aussi à celui de Martin Fourcade sur l’individuelle, la France a terminé en tête du classement des médailles à l’issue des championnats du monde de biathlon. Le record de 1995 (huit breloques) n’est pas battu, mais le bilan est remarquable.

Finir devant l’Allemagne et la Norvège à l’issue d’un championnat du monde de ski, cela n’arrive pas tous les jours. C’est pourtant bien l’exploit réussi par le biathlon tricolore en Finlande, qui avec six médailles dont trois en or et deux en argent, peut se targuer d’avoir très largement accompli sa mission. "C’est un super championnat, s’est ainsi réjoui le coach des Bleus, Stéphane Bouthiaux. On ne peut que être satisfait". 

Dorin-Habert, reine des Mondiaux

Ces championnats du monde resteront comme ceux d’une jeune maman de 28 ans qui a accouché il y a six mois à peine, et qui n’a jamais gagné la moindre épreuve de Coupe du monde. Marie Dorin-Habert a bousculé tous les pronostics en remportant deux sublimes médailles d’or. Sur le sprint, d’abord, dans des conditions éprouvantes. Puis sur la poursuite, maîtrisée de bout en bout vingt-quatre heures plus tard. Vendredi, elle a également porté le relais féminin vers l'argent. Celle qui admettait avoir "beaucoup progressé" l’an passé a joint le geste à la parole à Kontiolahti. "La naissance de ma fille me fait grandir, expliquait-elle après sa deuxième Marseillaise. Ça me permet de m’assumer complètement, d’assumer mes résultats, mes ambitions". Dans la dernière ligne droite de la poursuite, elle s’était même offert le luxe de saisir un drapeau Tricolore pour savourer ce qui constitue désormais le sommet de sa carrière.

Fourcade, un double objectif réussi

Avant de s’envoler en Finlande, Martin Fourcade avait deux missions. La première était de ramener au moins une médaille. Le Français l’a amplement remplie : il en a même ramené une de chaque métal. En bronze sur le relais messieurs, en argent sur le relais mixte et en or sur l’individuelle, le champion s’est ainsi offert un sixième titres mondial et se rapproche un peu plus de l’autre légende du biathlon tricolore, Raphaël Poirée (sept sacres). Surtout, grâce à ses bons résultats, le Pyrénéen a conforté son avance en tête du classement général de la Coupe du monde. Il en avait fait sa priorité. "Le bilan de ces Mondiaux est plutôt excellent", admet-il en souriant. Il y a deux semaines, il aurait signé sans hésiter pour vivre pareils Mondiaux. Plombé dans sa préparation par une mononucléose, Martin Fourcade a rappelé que rien ni personne ne pouvait vraiment l’arrêter.

Les "secondes lames" pleines de promesses

Les deux stars françaises ne sont pas les seules à s’être mises en valeur depuis dix jours à Kontiolahti. Dans tous les relais, des Tricolores se sont illustrés. Le mixte, dès le premier jour, s’est certes reposé sur un immense Martin Fourcade, mais il a fallu un bon Jean-Guillaume Béatrix pour garder la cadence et lancer idéalement le double champion olympique vers une médaille d’argent. Le relais messieurs, en bronze, a bénéficié d’un Simon Fourcade impeccable au tir. Les dames, en argent, ont aussi brillé grâce à celles qui représentent l’avenir de la discipline : Enora Latuillière (22 ans) et Justine Braisaz (18 ans). "On a beaucoup de jeunes, se félicite Stéphane Bouthiaux. Il va falloir leur faire passer le petit cap pour venir jouer les médailles (en individuel)". Anaïs Bescond estime que cette dynamique a été lancée par Marie Dorin, dont les performances "ont mis de la joie". L’intéressée se dit déjà prête à "passer le flambeau". L’instinct maternel, sans doute.

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer