Ski de bosses : Perrine Laffont, le saut vers l'inconnu

Publié le , modifié le

Auteur·e : Quentin Ramelet
Perrine Laffont
Championne olympique à PyeongChang, Perrine Laffont aborde cette saison 2019 avec un nouveau run. | LOIC VENANCE / AFP

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Devant assumer son nouveau statut, celui de championne olympique, Perrine Laffont n’a pas tremblé au moment de rechausser les skis. Victorieuse à Ruka (Finlande) la semaine dernière, l’Ariégeoise abordait ce début de saison avec quelques doutes, liés à l’élaboration d’un nouveau run. En intégrant un saut aussi complexe que risqué, la voilà "sortie de sa zone de confort pour la première fois" de sa jeune carrière.

Quand on atteint l'Olympe et ce pour quoi on a œuvré pendant de longues heures à l’entraînement, il faut apprendre à ne pas se reposer sur ses lauriers… Et pour le coup, Perrine Laffont l’a parfaitement saisi. "Il y a toujours plein de choses à travailler, car le plus dur après être arrivé en haut, c’est d’y rester" nous avait-elle confié juste avant le début de saison. D’ailleurs, jusqu’ici, la championne olympique a confirmé et n’a jamais déçu. Après son titre à PyeongChang, la skieuse de 20 ans s’était arrachée pour s’emparer du Globe de la spécialité. Enfin, la semaine dernière à Ruka, elle a sorti un magnifique deuxième run en finale pour remporter la première manche de la Coupe du monde de ski de bosses. Bref, sur le papier, tout va bien. Pourtant, l’Ariégeoise redoutait, et redoute toujours, ce début de saison…

Il faut juste que j’accepte que, parfois, ça ne passera pas !

Ce week-end, à Thaiwoo (Chine), l’objectif sera le même qu’en Finlande : perfectionner son nouveau run et, en bonus, lever les bras. Car pour ce nouvel exercice, avec les Championnats du monde en ligne de mire (Du 1er au 10 février 2019), Perrine Laffont s’est lancé un gros défi : "La nouveauté cette année, c’est mon deuxième saut, le D-Spin. Cela fait des mois que nous travaillons dessus et c’est un grand changement pour moi […] Donc là, je sors de ma zone de confort et c’est la première fois." Cette nouvelle figure, un saut sur elle-même avec la tête en bas, est considérée comme l’une des plus difficiles du circuit où seulement certaines skieuses, les plus agiles, l’ont déjà posée en course officielle. C’est pour cette raison qu’elle ne s’attendait pas forcément à briller si tôt : "Autant, ça peut marcher tout de suite, autant ça peut être un échec et prendre du temps. En gros, il faut juste que j’accepte que, parfois, ça ne passera pas !"

Le saut de la délivrance

Décidément, précoce, Perrine Laffont l’a toujours été. Et le restera. En s’imposant d’entrée à Ruka, elle pouvait difficilement espérer mieux : "Je suis tellement soulagée […] Je me demandais si l’entraînement allait payer, si j’allais garder ma place de leader. C’était loin d’être gagné et j’ai eu beaucoup de doutes". Des questions qui tournaient, évidemment, autour de son nouveau saut, qu’elle a tenté lors du deuxième run victorieux, et qu’elle a réussi, bien qu’encore perfectible. "Le D-Spin, je ne l’avais jamais tenté en Coupe du monde, témoignait-elle pour l’AFP après la course. Je ne savais pas si ça allait me rapporter des points et comment les juges allaient l’apprécier. Mais là, ça répond à toutes mes interrogations ! Poser un nouveau run et gagner directement dessus, c’est super pour moi !"

Se perfectionner, encore et encore. Avec la gagne, toujours en ligne de mire. Pour Perrine Laffont, "l’objectif final sera de poser ce nouveau run lors des JO 2022 à Pekin". D’ici là, il s’agira de rester la boss.