Lindsey Vonn USA retraite Mondiaux Are 2019
Rattrapée par un corps devenu trop fragile, Lindsey Vonn prendra part ce dimanche, lors de la descente des Mondiaux d'Åre, à la dernière course de son immense carrière. | Vincent AMALVY / AFP

Mondiaux de ski : Lindsey Vonn, Américaine ascendant Viking

Publié le

La légende veut que les Vikings aient découvert l'Amérique avant Christophe Colomb. Leurs descendants skieurs, notamment les spécialistes norvégiens de la vitesse, l'ont en tout cas adoptée avec Lindsey Vonn.

La skieuse du Minnesota, plus grande star du ski alpin, prend sa retraite dimanche, après la descente des Mondiaux d'Are (Suède), au lendemain du Norvégien Aksel Lund Svindal, skieur de sa génération (il a 36 ans, elle 34) devenu un ami à force de séances d'entraînement partagées. "Je me suis pas mal entraînée avec eux, plus qu'avec les gars de l'équipe américaine", assure Lindsey Vonn qui a trouvé en Svindal un alter ego, également champion olympique et multiple vainqueur du gros globe de cristal. "Ils (les Norvégiens) m'ont toujours poussée vers le haut et respectée autant que moi je les respecte, et cela m'a beaucoup motivée, a salué Vonn mardi lors d'une conférence de presse.

"Ils sont toujours souriants, travaillent dur et sont très élégants sur la piste et en dehors. Ça a été un privilège de passer du temps avec eux", assure l'Américaine dont une arrière grand-mère est originaire de Laudal en Norvège. Lindsey "a été une grande du ski sur et hors de la piste", complimente en retour Svindal, grand brun sculptural (1,89 m) un temps en couple avec une autre star du ski US, Julia Mancuso, désormais retraitée. "Elle a réalisé des choses au-delà du ski, ce que tout le monde dans le milieu devrait saluer".

Matériel de garçons

"C'est une fille super, abonde Kjetil Jansrud, autre membre historique de l'équipe norvégienne. Elle est drôle et a une vision du sport très rafraîchissante. Elle va nous manquer". En plus d'amitié, Vonn indique avoir longuement échangé sur la technique avec Kjetil Jansrud notamment, un skieur de son gabarit (1,78 m pour elle, 1,81 m pour lui). "Je parle de leurs skis parce que je skie sur du matériel de garçons", rappelle Vonn qui, grâce à ses qualités physiques, a longtemps écrasé la concurrence sur des skis destinés aux hommes. Vonn a d'ailleurs longtemps demandé à skier avec les garçons, qui s'affrontent sur des pistes souvent plus exigeantes, sans jamais être entendue par la Fédération internationale de ski (FIS).

"Elle a fait des démarches assez "couillues", image Svindal. Si j'avais eu ce pouvoir de décision je l'aurais autorisée à courir avec les hommes. Ça aurait eu un retentissement bien au-delà du monde du ski". "S'il y a bien une fille qui pouvait le faire, c'était Lindsey, assure Jansrud. Le simple fait de se poser la question 'est ce que je peux skier contre les hommes ?' en dit beaucoup à propos de son niveau". Au crépuscule de leur carrière, Vonn et Svindal partagent le même constat, celui que leur corps ne peut plus supporter le ski de haut niveau. "Beaucoup de gens ne comprennent pas les émotions par lesquelles on passe, déplore la grande blonde. En tant qu'athlète, quand on en arrive à ce point, on sait que c'est le moment. Aksel est arrivé à la même conclusion que moi. C'est bien de pouvoir parler à quelqu'un qui partage la même chose au même moment". "On s'est dit tous les deux qu'on devrait arrêter à Are, et partir sur une fête mémorable !" En tout cas, une chose est sûre, l'Américaine et le Viking auront su nous faire la fête tout au long de leur carrière.

AFP