Simon Gerrans
Simon Gerrans (à gauche) s'impose au sprint | AFP

Simon Gerrans, d'un cheveu !

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A Calvi, l’Australien Simon Gerrans (Orica-GreenEDGE) a remporté la troisième étape du Tour de France, la dernière en terre corse. Malgré les tentatives de Pierre Rolland et de Sylvain Chavanel dans les 15 derniers kilomètres, l’étape s’est achevée au sprint, où Peter Sagan a dû se contenter - d'un rien - de la seconde place. Un finish marqué par l’absence de plusieurs grands sprinteurs (Cavendish, Greipel, Bouhanni), distancés dans les nombreuses difficultés du jour. Le Belge Jan Bakelants (RadioShack) a conservé le maillot jaune de leader à la veille du contre-la-montre par équipes de 25 kilomètres prévu à Nice.

Malgré un tracé casse-pattes au profil alléchant, c'est au sprint que s'est décidée la troisième étape du Tour de France, entre Ajaccio et Calvi (145 kilomètres). Et dans cet exercice, en l'absence de concurrents plus puissants, c'est Simon Gerrans qui s'est offert la victoire, devançant d'un rien le Slovaque Peter Sagan. A 33 ans, c'est son deuxième succès sur le Tour, cinq ans après avoir levé les bras à Prato Nevoso, en Italie.

"Cela s'est passé parfaitement", a déclaré le vainqueur du jour au micro de France Télévisions. "J'ai eu une bonne équipe qui s'est bien occupée de moi pendant l'étape. Je sentais que j'avais les bonnes jambes depuis quelques jours et cela s'est bien passé. J'ai lancé mon sprint à 200 mètres, et au final, je n'étais pas sûr d'avoir gagné...", a-t-il résumé. 

Cinq animateurs de course

Au départ d'Ajaccio, pourtant, le peloton offrait rapidement un joli bon de sortie à cinq coureurs, dont trois tricolores (Cyril Gautier, Sébastien Minard et Alexis Vuillermoz). Accompagnés de Simon Clarke et Lieuwe Westra, les hommes de tête s'envolaient à plus de quatre minutes après moins de dix kilomètres de course. Mais le quintette, tranquillement contrôlé par la Radio Shack du maillot jaune Jan Bakelants, voyait l’écart fondre aussi vite qu’il s’était formé, n’affichant plus que 50 secondes d’avance à 80 kilomètres de l’arrivée, dans les sublimes Calanques de Piana.

Malgré l’apparent retour de la meute, l’échappée du jour s’offrait un sursis dans la côte de Porto. Rapidement distancés, les sprinteurs Mark Cavendish et Nacer Bouhanni, mais aussi le spécialiste du contre-la-montre Tony Martin toujours diminué, ne profitaient qu’à moitié des sublimes décors du jour : dans des passages accidentés, techniques et sinueux, le club des cinq se faisait une nouvelle fois la malle. Et Cyril Gautier, le mieux placé au général à une petite seconde de Bakelants, prenait provisoirement la tête du classement.

Rolland et Chavanel tentent leur chance

Conscient du danger et toujours sous l’impulsion des Radio Shack, le peloton était obligé de forcer une nouvelle accélération pour maintenir les cinq échappées à vue et ne pas prendre de risque. Les choses s’animaient à 23 kilomètres de la ligne, dans le col de Marsolino (2e catégorie) : à l’attaque, Sébastien Minard (AG2R) affichait ses ambitions de victoires d’étape, emmenant dans sa roue Simon Clarke (Orica-GreenEDGE). Mais ce dernier, plus en jambe, lâchait son compagnon dans les derniers kilomètres de la montée pour prendre seul les rênes de l’étape, à moins de 30 secondes d’un peloton amputé de nombreux coureurs déjà largués.

Un écart insuffisant pour Clarke, qui n’enfilera pas le maillot de meilleur grimpeur à l’issue des étapes corses. Pierre Rolland, désireux de défendre sa tunique, sortait du groupe pour dépasser l’Australien, puis franchir facilement le col en tête… créant même un écart intéressant avec le reste du peloton (20 secondes) ! Dans la descente, c'était au tour de Sylvain Chavanel (Omega Pharma-Quick Step) de prendre ses responsabilités. Il rejoignait Rolland avec deux coureurs (Lars-Peter Nordhaug et Mikel Nieve) dans sa roue, et partait pour sept kilomètres en apnée, à dix secondes d’un peloton d’une centaine de rescapés.

Mais la mission impossible prenait fin à 3 kilomètres de l’arrivée. Une fois le regroupement opéré, les derniers sprinteurs pouvaient préparer leur final. Et parmi les survivants, c’est l’Australien Simon Gerrans (Orica-GreenEDGE) qui s'est montré le plus puissant, devançant d’une demi-roue le Slovaque Peter Sagan. "Gagner l'étape ? C'était compliqué", a admis Rolland. "Quand j'ai vu Chavanel  revenir, je me suis dit que ce serait peut-être possible, mais le peloton était là."

Sagan 2e mais en vert

"J'ai le maillot vert, c'est une bonne chose, mais je suis très déçu d'avoir perdu [l'étape]", a expliqué Sagan à l'issue du sprint. "Je souffre toujours des conséquences de la chute (de la première étape samedi, ndlr). Ce n'est que le début du Tour, j'espère que ça va s'améliorer. Gerrans est un grand coureur, il a gagné Milan-Sanremo. Félicitations à lui."

La tunique de leader reste donc sur les épaules du Belge Jan Bakelants, vainqueur hier à Ajaccio, qui a tenu le coup dans les nombreuses bosses du jour. Ces dernières ont malheureusement eu raison d'Andreï Kashechkin (Astana) et de Yoann Bagot (Cofidis) qui souffrait de maux d'estomac. Ce sont les premiers abandons du Tour 2013. 

Vidéo : Le sprint final

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Vidéo : La réaction de Gerrans

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