Simon-Federer
Gilles Simon et Roger Federer | AFP - PAUL CROCK

Simon-Federer, rendez-vous avec l’histoire

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Après trois premiers matches compliqués face à des adversaires pourtant moins bien classés, Gilles Simon s’apprête à jouer sa place en quarts de finale contre l’un des favoris des Internationaux de France, Roger Federer. Le Suisse, contrairement au Français, n’a pas perdu de temps sur sa route qui l’a mené en huitième de finale, son onzième, le neuvième de rang, à Roland-Garros. Pour le Français, comme pour le Suisse, cette rencontre a une portée particulière.

Gustavo Kuerten, triple vainqueur Porte d’Auteuil, était l’un des chouchous du public. C’est aussi le dernier joueur à avoir empêché Roger Federer d’atteindre les huitièmes de finale à Roland-Garros. C’était en 2004. Une éternité. Neuf ans donc que "Roger" est au rendez-vous des huitièmes, la onzième au total. Un record de plus pour le Suisse qui a dépassé Guillermo Vilas et Ivan Lendl. Pour atteindre cette barre symbolique, le numéro 3 mondial n’a pas forcé son talent. Trois victoires en trois sets et à peine quatre heures passées sur le court. Après deux ballades contre deux qualifiés, Julien Benneteau n’a guère fait mieux. 6-3, 6-4, 7-5 et voici un Federer frais pour entamer la deuxième semaine. Et rentrer un peu plus dans l’histoire, puisqu’en cas de succès contre Simon, Federer dépasserait à nouveau Guillermo Vilas au nombre de matches gagnés Porte d’Auteuil. Le Suisse et l’Argentin sont à égalité 56 partout, une victoire aujourd’hui, et Federer serait tout seul, tout en haut…

Simon, première ?

La tâche qui attend Gilles Simon est donc immense. La coupure de pratiquement deux mois du Suisse entre Indian Wells et Madrid lui a permis d’arriver reposé à Paris. Et la mise en route en douceur n’a pas ou peu entamé sa condition physique. Battre Federer, c’est compliqué, mais le battre quand il est au top physiquement, cela l’est encore plus. Le Français, pourtant y est déjà parvenu. Au début de leurs confrontations, il était d’ailleurs l’un des seuls à mener contre le Suisse. Le Français l’avait ainsi battu en 2008 lors de leurs deux premiers duels. Pas forcément une bête noire, mais un poil à gratter. Depuis Federer a rectifié le tir enchaînant trois victoires de rang contre la tête de série n°15, dont une en 5 sets à l’Open Australie (2011), seule rencontre en Grand Chelem entre les deux hommes. A Paris, l’enjeu est donc double pour le Français. Les potentielles premières aussi : s’il l’emporte, il battrait Federer pour la première fois en Grand Chelem. Surtout, il accéderait enfin en quarts à Roland en 8 participations.

Comment Simon a digéré ?

Le physique du Français va être le principal point d’interrogation de cette rencontre. On l’a vu avec Monfils contre Robredo, les jambes ont été lourdes après deux premiers matches longs et accrochés. Simon, lui, aussi a perdu du temps sur le court. Cinq sets au premier tour contre Hewitt, quatre face à Pablo Cuevas et cinq à nouveau contre Sam Querrey l’Américain, il a passé 8h52 sur le court, Federer 4h13. Le double. Au tour précédent, Benneteau était arrivé légèrement blessé et entamé après deux rencontres. Face au Suisse, cela ne pardonne pas. Federer aimerait sans doute que l’histoire se répète, Simon sûrement moins.