Gilles Simon Roland-Garros
Gilles Simon | THOMAS COEX / AFP

Simon fauché en plein vol

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Quand la tristesse l’aura quitté, Gilles Simon repensera à ces deux manches où il a dominé le plus grand joueur de tennis de tous les temps. Deux sets au sommet de son art au point de toucher du doigt une qualification pour les quarts de finale. Mais Roger Federer a fini par sortir de sa torpeur pour s’imposer en cinq sets 6-1, 4-6, 2-6, 6-2, 6-3.

« Je connais son prénom maintenant ! » Roger Federer avait retrouvé le sens de l’humour après sa 900e victoire en carrière en poche. Si le public du Philippe-Chatrier était partagé entre les deux joueurs, les oreilles du Suisse ont résonné de nombreux « Gilou ». Pendant le deuxième et le troisième set, Federer avait la tête à l’envers et le masque sur le visage, bousculé par le rythme de Gilles Simon. Après un début de match timide, le Niçois lui a donné le tournis en haussant de manière incroyable son niveau de jeu. Sévèrement battu en mai à Rome (6-1, 6-2), le Français avait envie de résister plus longtemps. Quand le Suisse est tombé à terre et, de son propre avis « perdu confiance dans son jeu de jambe », Simon a commencé son festival. Mais pour Patrice Dominguez, consultant pour France Télévisions, l’ascendant pris par le 18e mondial s’explique autrement. « Roger Federer a développé un jeu sans surprise pour Gilles Simon. C’est un formidable joueur de contre lorsque la balle est à niveau car il peut jouer dans le rythme, indique Dominguez. Se déplacer de droite à gauche ne lui pose aucun problème, c’est un très bon couvreur de terrain dans les largeurs, ce qui est moins vrai dans les longueurs et les hauteurs. Mais aujourd’hui, il a essentiellement dû contrer dans la largeur du terrain, et il a contré de la vitesse. Il n’a pas eu à jouer sur des variations de balles. »

Comme sur dur

Dans ces conditions favorables, les qualités de contreur de Simon ont fait mouche. « Gilles était extrêmement à son affaire, un peu comme il l’est sur dur ou en indoor, là où il a obtenu ses meilleurs résultats, reprend Dominguez. Les balles sont régulières, elles viennent vite à lui, ce qui correspond à son caractère. C’est un joueur plus réactif que créatif. » En pleine confiance, Simon avait plus que trouvé la parade. Pas seulement contreur, le Français était aussi le détonateur d’attaques foudroyantes, notamment derrière son service. « Il a sans doute livré son meilleur match sur terre-battue, car il ressemblait à un match sur une autre surface, face à un joueur qu’il est parvenu à user dans l’échange », ajoute notre consultant. Simon a joué sur un nuage jusqu’à 1-6, 6-4, 6-2. Par la suite, il a légèrement baissé de pied quand Federer a ressorti le grand jeu, celui qui a fait sa grandeur. Impossible de lui résister malgré le courage de Simon. Jusqu’au bout du 5e set le Français a trouvé des ressources pour obtenir des balles de débreak à 5-3. Federer ne l’entendait pas ainsi. On ne stoppe pas comme ça un joueur qui en est à 36 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem. « Je suis déçu de perdre celui-là mais je vais essayer de refaire des matches comme celui-là plus souvent », lâchait Simon quelques secondes après sa défaite. Histoire de se faire plus qu’un prénom dans la tête de Federer.

Vidéo: la déception de Simon après sa défaite contre Federer

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