Maria Sharapova
Maria Sharapova salue le public après sa victoire du premier tour | AFP - Jacques Demarthon

Sharapova face à son destin

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Libérée par la quête de la première place mondiale qui sera officialisée lundi, Maria Sharapova relève le deuxième défi de sa quinzaine parisienne : remporter le seul titre du Grand Chelem qui manque à son palmarès. Samedi, la tête de série N.2 devra surtout se méfier d’elle-même. Sauf si l’Italienne Sara Errani continue de découper les ex-vainqueurs d’un majeur…

Le sport adore les belles histoires et les résurrections. A 25 ans, Maria Sharapova fait figure de « vétérante » du circuit WTA. Après un début de carrière tonitruant ponctué par trois Grand Chelem et une place de N.1 mondiale, la poupée Russe est entrée en période de turbulence à cause d’une blessure à l’épaule. Un an et demi de galère qui vont faire reculer Sharapova assez loin de son niveau. Depuis 2011, fini les bobos pour la belle. Finaliste à Wimbledon, elle est sur la route d’un retour au premier plan. Cette année, Sharapova s’est donné deux objectifs : redevenir la N.1 et remporter d’autres tournois majeurs. Roland-Garros peut lui donner tout cela. Revenu au sommet mondial grâce à son parcours jusqu’en finale, la Russe n’est plus très loin de son deuxième objectif, qui plus est à Paris où elle espère un premier titre.

Sharapova est "une joueuse normale"

« Ce sera un jour très spécial pour moi. Ce sera ma première finale à Roland Garros, explique la Russe. Mais c’est quelque chose à quoi je pense depuis longtemps. » Plus mature avec ces épreuves que lui a infligé son épaule, Sharapova prend tout comme du bonus. Zéro pression ou presque… « Il n'y a aucune raison pour moi d'être tendue parce que ce n’est pas la première fois que je suis dans cette situation, avance-t-elle. Bien sûr, une fois que l'on entre sur le court on sent l'émotion. Si vous ne sentez rien à ce moment là, c’est que vous n'êtes pas normal. Toute la question est de savoir comment vous allez gérer ce moment d'émotion. »

En toute logique, Sharapova sera moins tendue que Sara Errani pour qui c’est la première finale d’un majeur. Ce match sera une première aussi pour la Russe qui ne connaît pas l’Italienne. « On n'a jamais joué l'une contre l'autre, mais je sais qu’elle est dangereuse vu la façon dont elle a joué ici et ses résultats sur terre battue cette année. Elle a gagné des titres déjà sur terre battue au cours de ces dernières semaines, elle a beaucoup progressé, elle a battu de très grandes joueuses, elle est en confiance et c’est certainement une adversaire très dangereuse. »

Errani peut-elle le faire ?

Tous les chemins mènent à Paris. Formatée au burin des académies floridiennes, Sara Errani s’est longtemps cherchée. C’est sur terre battue, au contact des Espagnols, qu’elle a fini par s’épanouir. Coachée par Pablo Lozano et David Andres, l’Italienne a transformé son jeu au point de devenir une petite terreur sur le tapis ocre. Si elle n’a pas forcément de point fort, ses déplacements sur le court et son attaque de coup droit croisé font d’elle une redoutable compétitrice. En demi-finale, Samantha Stosur s’est heurtée à un mur avant de connaître le même sort qu’Ivanovic et Kuznetsova, deux anciennes vainqueurs du tournoi. Future pensionnaire du Top 10, Errani n’a pas de limite et pourrait s’inventer un destin à la Francesca Schiavone, vainqueur en 2010 et finaliste l’an passé. 2012, l’année Errani ?