Serena Williams et Rafael Nadal
les deux N.1 mondiaux, Serena Williams et Rafael Nadal | AFP

Serena et Rafa, les deux grands favoris au titre

Publié le , modifié le

Inscrit dans une série de 24 victoires consécutives et trois sacres de rang sur terre-battue, Serena Williams arrive à Paris avec un énorme statut de favorite. Même si elle ne s'est imposée qu'une fois sur la terre parisienne. Chez les hommes, malgré sa défaite en finale de Monte-Carlo, Rafael Nadal a prouvé qu'il était revenu au plus haut niveau, avec 36 victoires en 38 matches. Patrice Dominguez, consultant France Télévisions, dresse un état des lieux des forces en présence.

Rafael Nadal

Le point fort
"Même s'il a perdu un match contre Novak Djokovic en finale à Monte-Carlo, Rafael Nadal a retrouvé l'essentiel de ses qualités. Depuis son retour à la compétition, il a battu tout le monde, tous les prétendants au titre à Paris. Il avait besoin de retrouver de la puissance, c'est fait désormais. Il revient de très loin. Et les joueurs, après leur blessure, mettent toujours beaucoup de temps pour retrouver l'intégralité de leurs qualités, physiques et mentales. On n'efface pas comme ça huit mois d'arrêt.  Il s'est repositionné comme le patron."

Le point d'interrogation
"Il ne peut plus sa cacher derrière la blessure désormais. Tout le monde voit qu'il est revenu à un très bon niveau. Cela change un peu la donne. Mais il reste à savoir comment il va gérer la distance avec des matches en cinq sets, et la répétition de ces matches longs."

Les adversaires
"Novak Djokovic n'a pas la même percussion physique, la même qualité qu'en 2011. Il n'a plus cette capacité à enchaîner. Mais il a battu Rafael Nadal à Monte-Carlo en réalisant un gros match. Et Roland-Garros est son objectif N.1 de la saison, le seul tournoi du Grand Chelem qui lui manque. Il a peut-être caché son jeu. Pour Roger Federer, je serais très heureux de le voir en postulant à la victoire. Mais ces dernières semaines, il n'a pas montré de capacité à s'arracher. Et sa défaite, dimanche à Rome contre Nadal, est très cuisante. Roland-Garros demeure le tournoi le plus compliqué pour lui. Lorsqu'il l'a gagné, Nadal avait perdu auparavant. Quant à Jo-Wilfried Tsonga, je reste sur son formidable match de l'an dernier contre Djokovic. Mais il n'a toujours pas battu de Top 10 sur terre-battue."

Serena Williams

Le point fort
"Serena Williams n'a jamais été aussi bien que cette année au moment d'aborder Roland-Garros. Physiquement, elles est très très bien, et c'est la base de son jeu. Elle est au top, heureuse, et comme un titre se joue aussi au mental... Elle n'a probablement jamais abordé ce tournoi avec un tel état de confiance. Elle reste sur quatre victoires en tournois, et elle a battu Sharapova, Azarenka... Elle se trouve un peu dans la même situation que Nadal, avec une Maria Sharapova qui a remporté un tournoi, à Stuttgart. Quand elle est en forme, Serena est la meilleure joueuse du monde."

Le point d'interrogation
"Serena Williams n'a jamais joué son meilleur tennis à Paris. En plus, sa dernière défaite majeure remonte au 1er tour de l'an dernier, où elle est battue par Virginie Razzano. Comment va-t-elle gérer ce retour ici ?"

Les adversaires
"Evidemment, il y a Maria Sharapova. Elle est tenante du titre, et je l'ai trouvée très impressionnante lors de ses entraînements à Roland-Garros. Mais ne commence-t-elle pas à nourrir un complexe vis-à-vis de Serena Williams, un peu comme Federer le vit par rapport à Nadal ? A la différence des hommes, le circuit féminin est très équilibré. Et on ne peut pas enterrer une seule des anciens lauréates, comme Na Li. Mais il y a aussi Sara Errani, finaliste l'an dernier. Pour Marion Bartoli, cela s'annonce très compliqué. Elle est en perte totale de confiance. Le tableau sera déterminant pour elle, qui vient de perdre rapidement à Strasbourg. Si elle atteint la deuxième semaine, ce sera un exploit au vue de ses récents résultats."