Na Li et Francesca Schiavone
Avant la finale, tout est possible pour Na Li et Francesca Schiavone | AFP - Jacques Demarthon

Schiavone et Li pour l'histoire

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La finale du tournoi féminin de Roland-Garros accouchera forcément d'une nouvelle page d'histoire. Si Francesca Schiavone (N.5) conserve son titre, elle sera la première à le faire depuis Justine Henin en 2007. Si Na Li (N.6) l'emporte, elle deviendra la première Chinoise à décrocher un titre du Grand Chelem, après avoir échoué en finale de l'Open d'Australie en début d'année.

C'est la finale de la maturité et de la sagesse. Schiavone , 30 ans et 346 jours; Li, 29 ans et 98 jours. La moyenne d'âge des finalistes est la seconde plus élevée de l'ère Open (depuis 1968) à Paris, après celle de 1986 entre Chris Evert et Martina Navratilova. "On est comme le bon vin, on vieillit bien!", plaisante l'Italienne, qui pourrait devenir la sixième joueuse la plus âgée depuis 1968 à remporter un tournoi du Grand Chelem. La dernière finaliste âgée de plus de 30 ans à Roland-Garros était Mary Pierce en 2005. Une vraie malédiction pèse pourtant sur les trentenaires en Grand Chelem. Elles ne sont que six joueuses à en avoir gagné un depuis 1968 (en 12 occasions). La dernière dans ce cas est Martina Navratilova, en 1990 à Wimbledon. "C'est une bonne chose, non seulement pour le tennis, mais aussi pour les jeunes joueuses qui arrivent", estime Schiavone . "Elles peuvent comprendre qu'une carrière ne dure pas un, deux ou trois ans, mais est longue, et qu'il faut s'améliorer chaque jour." C'est aussi le sixième tournoi du Grand Chelem consécutif où les deux finalistes ont 25 ans ou plus. Le signe que l'époque des Hingis ou Capriati est révolue. Et une confirmation que le tennis féminin attend encore l'éclosion d'une nouvelle grande championne.

Dans un tournoi chamboulé par l'élimination prématurée des trois premières têtes de série avant les quarts, pour la première fois à Roland-Garros depuis 1968, Li et Schiavone , qui présentent chacune un caractère bien trempé, n'ont pas usurpé leur place en finale. L'Italienne, qui pourrait être la première à conserver son titre depuis la Belge Justine Henin en 2007, à laquelle son jeu est souvent comparé, a démontré une science sans équivalent de la terre battue. "La terre est un mélange d'un peu tout", explique-t-elle. "Vous devez être bon physiquement, mentalement et tactiquement. Vous ne pouvez pas juste jouer en puissance, puisque vous avez toujours le temps de défendre et de contre-attaquer." Et d'ajouter: "Si vous êtes née avec un jeu différent, vous ne pouvez pas demander de frapper les coups à 200 km/h (...) Chaque joueur est différent et, sur terre, vous ne pouvez pas utiliser juste la puissance." Depuis son succès l'an passé, le premier d'une Italienne à Roland-Garros, pour sa dixième participation, l'exubérante Schiavone se sent elle sur cette terre parisienne où elle dépose un baiser à chaque victoire.

L'espiègle Li, première Asiatique en finale de Roland-Garros, n'avait jamais témoigné jusque-là le même amour de cette surface. Mais quel meilleur endroit pour le faire. Elle deviendrait ainsi la première Chinoise à remporter un titre du Grand Chelem. La Chinoise a l'expérience d'une finale de Grand Chelem. Elle avait été battue par la Belge Kim Clijsters en janvier à l'Open d'Australie. D'une sérénité toute orientale, elle assure en avoir tiré toutes les leçons. "Vous n'avez aucune expérience avant d'arriver à votre première finale de Grand Chelem", souligne-t-elle. "Mais je l'ai fait une fois maintenant, alors je pense que je peux faire mieux cette fois-ci." Mais après affronté trois filles de l'Est, les frappeuses Kvitova, Azarenka et Sharapova, aux tours précédents, elle va découvrir la malice toute latine de Schiavone. L'Italienne, qui l'avait éliminée au troisième tour l'an passé à Paris, est favorite.