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Sandy Casar lors de sa victoire sur le Tour 2010 (la 9e étape Morzine - St-Jean-de Maurienne) | AFP-Pavani

Sandy Casar: "Une course à part"

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A 33 ans, Sandy Casar participe à son 11e Tour de France. Vainqueur d’étape à trois reprises (2007, 2009 et 2010), le leader de la FDJ –en l’absence d’Arnold Jeanneson- nous a expliqué sa manière de gérer les premiers jours précédant le départ, et la façon dont il se sert de son expérience. Classé 25e du Giro, il entend bien montrer son dossard N.141 sur les routes de la Grande Boucle.

La première semaine sur le Tour est-elle primordiale ?
SC - Oui car elle permet de savoir où l’on en est. Connaître quelles sont nos sensations… Les trois quatre premiers jours sur un Tour sont les plus importants parce que c’est toujours là où le peloton est le plus nerveux. Il va falloir faire attention aux chutes, une année je suis tombé dès le troisième jour, et après, j’ai dû traîner ma misère tout au long du Tour. C’est donc ce que l’on essaie d’éviter.

Une victoire d’étape est votre principal objectif, comme vous l’avez fait dans le passé ?
SC - Oui, car le général n’est pas vraiment la priorité. Tout va dépendre des trois ou quatre premiers jours et du classement. Il y a c’est vrai quelques étapes qui me plaisent par rapport au parcours. On verra, cela vient au fur et à mesure, on ne peut pas dire avant le Grand départ ‘j’attaquerai là’, il y a trop de facteurs qui en dépendent.

Comment avez-vous géré vos tous derniers jours de préparation ?
SC - On commence à se mettre dans notre bulle, à se mettre dans la course. Dès le jeudi, lors de la présentation des coureurs, il fallait avoir une certaine concentration. Il y a tellement de sollicitations, le public tout autour… Si l’on va dans tous les sens, on a du mal à rentrer dans le Tour et on passe alors trois ou quatre jours un peu galère. C’est ce qu’il faut éviter. Il m’est arrivé de ne pas me rendre compte que le temps passait, je me suis retrouvé au prologue de Strasbourg (en 2006) sans m’en être rendu compte. Le prologue n’avait pas été super, le lendemain, heureusement n’avait pas été trop rythmé. On avait fini par se remettre dans la course après quelques jours, mais ce n’était pas la meilleure manière de débuter.

Que vise votre équipe sur cette édition ?
SC - On aimerait faire aussi bien que l’an passé. On doit se faire plaisir avant tout comme l’an passé. Cela va être mon 11e Tour et sur tous les Tours que j’ai fait on avait vraiment pris du plaisir l’an passé. On avait tous les jours quelqu’un devant, même si on avait personne pour le général hormis Arnold (Jeannesson). Si on a fait tous ces résultats c’est bien parce que nous avons pris plaisir.

Avec 11 Tours de France dans les jambes, cela change quoi dans votre manière d’aborder une telle compétition ?
SC - Par rapport à un petit jeune, on est déjà plus dans l’inconnu. La première année, on arrive, on nous explique que le Tour de France est une autre course, c’est différent. Tout est plus grand, il y a plus de monde, c’est trois semaines de compétition. On essaie d’imaginer, mais on y arrive pas parce que c’est vraiment une course à part. Même au fil des ans, il y a toujours des petites différences.

Avez-vous pour mission de conseiller les plus jeunes ?
SC - Oui bien sûr. C’est un rôle qui se fait tout naturellement. On est là pour ça, c’est important de transmettre notre vécu. On me l’a fait lorsque je suis arrivé, il faut transmettre cela. On peut perdre beaucoup d’énergie inutilement et en très peu de temps en se dispersant.
 

Romain Bonte