Monica Seles Steffi Graf Chris Evert
Monica Seles lors de son sacre parisien en 1992 devant Steffi Graf, avec Chris Evert pour lui remettre le trophée | AFP - Jean-Loup Gautreau

S comme Seles

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Le 10 juin 1990, après avoir sauvé quatre balles de set face à Steffi Graf, une joueuse de 16 ans et demie remporte devant un public parisien sous le charme, son premier titre en Grand Chelem à Roland-Garros (7-6 (6), 6-4). Trois ans plus tard, cette même Monica Seles est poignardée par un déséquilibré lors d’un match à Hambourg.

L’Américaine d’origine yougoslave n’aura pas eu la possibilité d’enchaîner un quatrième titre qui devait se jouer un mois plus tard. Entre-temps, la native de Novi Sad aura accumulé trois titres aux Internationaux de France de 1990 à 1992, mais elle aurait sans doute pu espérer un bilan bien plus garni encore si elle n’avait pas subi ce tragique destin. Si l’on se rappelle encore ses cris stridents résonner sur le Central, il faut surtout prendre conscience que c’est bien Seles qui a donné au tennis féminin une dimension plus physique. Plus puissante et agressive sur les balles, plus déterminée à écourter un échange grâce à des frappes soudaines, et ayant une prise de risque maximale, cette gauchère redoutable aura remporté pas moins de neuf titres du Grand Chelem. Alors qu’elle dominait son sujet, notamment sur la terre battue, on imagine qu’elle aurait pu aller titiller le record de sept titres de Chris Evert à Roland-Garros. Seles aura eu le mérite d’atteindre à nouveau une finale à Paris en 1998, mais s’était inclinée face à Arantxa Sanchez. Le tournoi parisien a d’autant plus marqué sa carrière, que c’est sur un court de la Porte d’Auteuil que Seles se fracture un pied en 2003, un nouvel épisode qui marquera le début de la fin. Elle prendra sa retraite trois ans plus tard avec un petit goût d'inachevé.

Romain Bonte