XV de France: sélectionneur étranger, un référendum pour une bonne ou une mauvaise idée ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Bernard Laporte
Bernard Laporte | AFP

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Les 1800 clubs de rugby français ont jusqu'à jeudi soir pour se prononcer, de manière électronique, sur la question d'un futur sélectionneur étranger du XV de France. La FFR a en effet décidé de faire un référendum auprès de l'ensemble des clubs (professionnels et amateurs) pour connaître leur avis par rapport à la question: "Seriez-vous d'accord avec la nomination d'un sélectionneur étranger à la tête du quinze de France masculin ?" A l'étranger, cela a déjà été fait. Pour quels résultats ?

Les bons exemples: l'Irlande et le pays de Galles

Le XV du Trèfle fait partie des premières nations à avoir mis le cap vers l'étranger pour mener sa sélection. L'Anglais Brian Ashton a pris la tête de la sélection entre 1996 et 1998, avant d'être remplacé par le Néo-Zélandais Warren Gatland, qui avait entraîné la province du Connacht de 1996 à 1998, jusqu'en 2001. Pendant ces cinq années, l'Irlande monte deux fois sur le podium du Tournoi des 5 Nations (3e en 2000, 2e en 2001), mais est sortie pour la première fois de son histoire dès les poules lors de la Coupe du monde 1999. Ensuite, il faudra attendre l'Australien Les Kiss, intérimaire en 2013, pour retrouver un technicien étranger. Juste avant l'arrivée de Joe Schmit, le Néo-Zélandais venu de Clermont, en 2014. Depuis, les Verts ont remporté 3 des six derniers Tournois, dont un Grand Chelem (le 3e de son histoire). Deuxièmes au classement mondial, ils n'ont, néanmoins, toujours pas dépassé le stade des quarts de finale en Coupe du monde.

Warren Gatland est l'autre grand symbole d'une réussite étrangère en sélection. Après l'Irlande, le Néo-Zélandais a pris le chemin du pays de Galles, en 2007, en succédant au Gallois Gareth Jenkins, remplacé après une sortie précoce dès les poules à la Coupe du monde 2007. Dès sa première saison, il réalise le Grand Chelem avec le XV du Poireau, ce qu'il fera en tout et pour tout à trois reprises jusqu'en 2019, terme de son contrat. Soit un quart des Grands Chelems réalisés dans l'histoire par cette équipe. Et une deuxième demi-finale en 2011, jouée et perdue comme la première en 1987, en Coupe du monde.

Le mauvais exemple: l'Italie

Cela fait des années et des années que l'équipe d'Italie engage des compétences étrangères pour faire évoluer sa sélection. Cela a commencé en 1929 avec l'Anglais John Thomas. Depuis le passage de trois ans de Pierre Villepreux entre 1978 et 1981, la Squadra a connu 12 sélectionneurs, dont quatre issus du pays. Les Français Bertrand Fourcade, George Coste, Pierre Berbizier et Jacques Brunel, les Néo-Zélandais Brad Johnston et John Kirwan, le Sud-Africain Nick Mallett et l'actuel Irlandais Conor O'Shea n'ont pas réussi à faire de la sélection un ténor mondial. Si l'Italie a intégré le Tournoi pour le faire passer à six nations en 2000, elle na jamais fait mieux qu'une 4e place dans cette compétition (2007 et 2013) pour 9 Cuillères de Bois, et n'est jamais sortie des poules en Coupe du monde.

Coupe du monde: aucune équipe sacrée avec un sélectionneur étranger

Le constat est sans appel: en huit Coupes du monde, pas une seule nation n'a été couronnée avec à sa tête un sélectionneur étranger. Etant donné que les nations de l'hémisphère Sud nomment très rarement des sélectionneurs étrangers, et qu'elles ont remporté 7 des 8 Coupes du monde, il faut regarder du côté de l'Angleterre. Seule nation de l'hémisphère Nord championne du monde (en 2003), elle l'était devenue avec pour entraîneur Clive Woodward, ancien joueur de Leicester et ancien entraîneur de Bath. Un Anglais pur souche, désormais candidat pour entraîner la France de son ancien rival Bernard Laporte.