L'ancien sélectionneur des Bleus Guy Novès
L'ancien sélectionneur des Bleus Guy Novès | FRANCK FIFE / AFP

XV de France: Guy Novès réclame 2,9 millions pour "laver son honneur"

Publié le , modifié le

L'ex-sélectionneur du XV de France, Guy Novès va réclamer jeudi devant le conseil des prud'hommes de Toulouse 2,9 millions d'euros à la Fédération française de rugby (FFR) pour "laver son honneur".

Guy Novès assure vouloir mener "le combat" de sa vie ! Arrivé à la tête des Bleus en 2016 et licencié par la FFR 21 matches plus tard (7 victoires, 13 défaites, 1 nul), l'ancien sélectionneur du XV de France va réclamer 2,9 millions d'euros de dédommagements.  Limogé pour "faute grave" par Bernard Laporte, le Toulousain est décidé à se battre pour "laver son honneur".

Pour justifier le limogeage de celui qui possède le plus grand palmarès d'entraîneur de France, le président de la FFR avait fait état d'un audit effectué auprès des clubs, des joueurs et des dirigeants qu'il n'a pas produit. Novès veut pour commencer faire reconnaître l'illégalité de la décision, car il affirme en avoir pris connaissance dans la presse et pas selon les règles de droit, à savoir dans une lettre puis lors d'un entretien préalable au licenciement pendant lequel il aurait pu s'expliquer.

Ce non respect du droit a d'ailleurs été reproché à Bernard Laporte par ses opposants: "Il n'y a pas un chef d'entreprise qui licencie quelqu'un en annonçant son départ dans la presse", a déploré le président de la Ligue régionale d'Ile-de-France, Florian Grill.

"Quelle faute grave ?"

En même temps que la conformité du licenciement, c'est sa motivation que Novès veut aussi contester. "Quelle faute grave ?" a-t-il déjà demandé après l'audience de conciliation des prud'hommes en mai, avant de reprocher à la FFR de "ne pas l'avoir laissé finir son travail". Et d'affirmer avec force vouloir "laver son honneur" car "pour moi, le plus important, c'est de retrouver le regard des gens".

Pour l'ex-sélectionneur, dont l'inimitié d'avec le président de la FFR était notoire, il pourrait s'agir aussi de faire admettre la préméditation et par conséquent le caractère vexatoire de son éviction. Certes, son limogeage est intervenu après une série six test-matches sans succès, ponctuée d'une contre-performance historique face à la modeste équipe du Japon (23-23). Mais M. Laporte n'avait-il pas fait part de son désir de l'évincer s'il était élu en 2016 ?

2,9 millions d'euros 

Au total, avec son avocat Me Laurent Nougarolis, Guy Novès a prévu 21 points différents pour justifier les quelques "2,9 millions d'euros" qu'il veut demander en réparation: rupture du contrat de travail, harcèlement, perte des annuités de retraite, atteinte à l'image, règlement des heures supplémentaires (500.000 euros) ou repos compensateurs (200.000 euros).

Selon Me Joseph Aguerra, défenseur de la FFR, il se prévaut notamment d'heures passées à regarder la télévision. "Ça part dans tous les sens", a déploré l'avocat, indiquant qu'il plaidera en "l'absence de Bernard Laporte" mais en présence d'une "personnalité surprise" pour une "requalification du contrat de CDD" dont bénéficiait Novès, "en CDI".

Pour la FFR, dans un contexte économique difficile avec un déficit de 7,35 millions d'euros pour l'exercice 2017-2018, cette modification contractuelle réduirait le coût de l'indemnisation.

AFP