Ballon H Cup
Ballon H Cup | AFP / THIERRY ZOCCOLAN

Vers un autre traité de Rome ?

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La première réunion des actionnaires de l'ERC, organisatrice des Coupes d'Europe, n'a pas abouti à une révolution. Les représentants anglais et français, demandeurs d'une renégociation de la H Cup ne se sont pas heurtés à un refus des Ecossais, Gallois, Irlandais et Italiens. Mais si les bases ont été posées, tout le monde se retrouvera le 8 octobre à Rome pour tenter d'avancer. Et aboutir ?

Moins de clubs qualifiés pour la H Cup mais toujours autant pour les Anglais et les Français, des revenus répartis différemment, voici l'essence des projets des Ligues anglaise et française qui ont demandé en juin dernier que l'Accord des actionnaires de l'ERC soit renégocié. Mais face à eux, les représentants gallois, écossais et italiens ne sont pas forcément avantagés. La première réunion entre les actionnaires, mardi à Dublin, a permis de poser les bases des discussions. Sans heurt. Mais pour aboutir, il y a encore un long chemin.

. Quels axes de discussion ?
Celtes et Italiens semblent d'accord pour discuter d'une réduction du nombre de clubs de 24 à 20 réclamée par les Français et les Anglais, qui souhaitent conserver leurs contingents de six équipes et diminuer celui de la Ligue celtique à six (au lieu de dix actuellement). Les deux derniers billets reviendraient aux vainqueurs de la Coupe d'Europe et du Challenge européen. Reste à se mettre d'accord sur la répartition, les Celtes souhaitant conserver au moins huit équipes.
Celtes et Italiens ne s'opposent pas non plus à la demande franco-anglaise d'un système de qualification au mérite, fondé sur le classement en Championnat au lieu du système de quotas actuel (3 équipes irlandaises, 3 galloises, 2 écossaises, 2 italiennes). Les négociations porteront sur les modalités d'application. Car avec les six premiers de la Ligue celtique qualifiés, l'Italie ou l'Ecosse ne sont pas sûres d'être représentées.
La volonté des clubs français de modifier le calendrier pour terminer les compétitions européennes fin avril -et donner plus de continuité à la phase finale du Top 14- a été simplement évoquée mardi. Là aussi, le noeud du problème est sa mise en oeuvre: comment articuler une telle formule avec trois championnats domestiques différents et les matches internationaux ?

. Quel enjeu autour des droits TV ?
Les droits télé se sont invités dans le débat la semaine dernière avec l'annonce par la Ligue anglaise (Premiership Rugby ) de la signature d'un accord avec BT, pour quatre ans et 152 millions de livres (189 millions d'euros), sur la diffusion du Championnat d'Angleterre et des matches européens des clubs anglais à partir de 2014-15. Cet accord est contesté par l'ERC, seul organe habilité à négocier les droits de diffusion de ses compétitions, qui clame avoir trouvé un terrain d'entente avec Sky jusqu'en 2018.
Ce contrat constitue un argument de poids pour les Anglais. Sur les 152 millions d'euros de l'accord Premiership Rugby /BT, environ 100 millions concernent la diffusion des compétitions européennes, soit 50% de plus que l'accord ERC/Sky, estimé à 70 millions de livres. S'ils voient leurs exigences remplies, les Anglais apporteront cette nouvelle manne au "pot commun" réparti chaque année entre actionnaires.
Cette hausse pourrait faciliter une réforme de la répartition financière au sein de l'ERC. Anglais et Français voudraient changer le système actuel (25% pour la LNR, 25% pour Premiership Rugby et 50% pour les nations de la Ligue celtique) en un système de "trois tiers" (33% chacun). Un "pot" revu à la hausse compenserait les pertes des Celtes. Mais tout reste suspendu à la validité de l'accord signé avec BT, dont le contenu est encore flou.

. Une scission est-elle envisageable ?
Les Anglais ont fait des menaces à peine voilées de quitter la Coupe d'Europe pour créer leur propre compétition si leurs demandes n'étaient pas acceptées. Mais avec qui? Les clubs français ne veulent pas d'une compétition exclusivement franco-anglaise. D'autant que les Irlandais ont remporté cinq des sept dernières éditions de la Coupe d'Europe...
Ces velléités de sécession relèvent plus du coup de bluff, alors que le souvenir des négociations houleuses de 2007 est encore vif. Après une menace de boycottage par les clubs français et anglais, il avait fallu quatre mois d'intenses tractations pour sauver la Coupe d'Europe.

AFP