Tournoi des 6 Nations - XV de France: Quatre questions avant d'aller en Ecosse

Tournoi des 6 Nations - XV de France: Quatre questions avant d'aller en Ecosse

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A trois jours de la deuxième composition d'équipe de Jacques Brunel, pour le déplacement en Ecosse, de nombreuses questions se posent autour de l'équipe de France. Entre la défaite contre l'Irlande, les nouveaux blessés, la perspective de défier un XV du Chardon qui a été giflé par les Gallois (34-7) la semaine dernière et cette série noire de 7 matches consécutifs sans victoire, les Bleus sont en quête d'un succès à Murrayfield. La France n'y a perdu qu'un seul de ses 5 derniers matches. Mais c'était lors de son dernier voyage, en 2016.

La défense sera-t-elle aussi solide mais moins sanctionnée ?

Cela a été la principale satisfaction de France - Irlande: la défense. Avec 94% de plaquages réussis, les Bleus ont réalisé un match de très haut niveau. Mais avec 10 pénalités concédées (contre 6 aux Irlandais), ils ont aussi donné le bâton pour se faire battre. "C'est notre indiscipline qui nous a amené à beaucoup défendre", regrettait d'ailleurs Teddy Thomas après le match.

Le verre à moitié vide, ce sont les 12 points donnés à Sexton sur pénalités, et l'incapacité à l'empêcher de passer le drop vainqueur après n'avoir pas su stopper l'avancée irlandaise dans le camp tricolore. "On a donné quelques points qu'on aurait pu éviter. Ce sont des points qu'on doit s'éviter si on veut remporter ces parties", relevait de son côté Jacques Brunel. Le verre à moitié plein, c'est l'absence d'essai encaissé, et cette générosité dans l'effort. 

Les lancements de jeu seront-ils enfin efficaces ?

"On avait du mal à lancer le jeu comme on le voulait." Le constat de Jacques Brunel d'après-match n'a certainement pas été modifié par les jours passés. Car si la France a été la seule  à inscrire un essai, sur une accélération de Thomas, elle n'a pas souvent franchi la ligne d'avantage. A l'opposé, l'Irlande l'a parfois fait. 

Cela fait plusieurs saisons que la France pâtit d'imagination à l'heure de produire du jeu. Avec un lancer en touche perdu, un ballon perdu sur son introduction en mêlée, le XV de France n'a pas toujours pu lancer ses mouvements sur les phases de conquêtes. Sans oublier que la mêlée tricolore a parfois été sanctionnée (Slimani encore une fois très observée par Nigel Owens, l'arbitre). 

Quelle charnière pour quel jeu ?

Antoine Dupont et Matthieu Jalibert ont vu leur genou exploser contre l'Irlande. Fin de saison pour le premier, fin de Tournoi pour le deuxième. Du coup, le staff a dû rappeler deux membres de la charnière. Avec Beauxis, l'expérimenté, et Couillou, le jeune de 20 ans, Brunel a fait venir la charnière du LOU. Un duo qui se connaît bien, mais qui n'est arrivé que lundi, et n'a donc que quatre jours pour intégrer les schémas offensifs et défensifs du XV de France.

La logique est donc d'aligner le duo Machenaud-Belleau, en donnant certainement le rôle du buteur au joueur du Racing. Car l'ouvreur du RCT a sans doute ruminé son échec dans la transformation, qui aurait peut-être maintenu la France en tête au score en fin de match. Reste que les Ecossais ne présentent pas les mêmes spécificités dans le jeu que l'Irlande. Et avec le terrible arrière Stuart Hogg, la France ne devra pas donner trop de ballons de relance.

Picamoles pour retrouver de l'avancée ?

Laissé de côté par Jacques Brunel pour le match contre l'Irlande, Louis Picamoles a été rappelé, suite à la blessure et au forfait de Kevin Gourdon, qui avait pris sa place en 8 face au XV du Trèfle. Lui qui a fêté ses 32 ans hier devrait donc retrouver son poste, et apporter toute son expérience, forte de 68 sélections. C'est le joueur le plus capé du groupe, même si le statut de plus vieux revient désormais au revenant Lionel Beauxis.

Avec lui, le XV de France retrouve son habituel perce-muraille. Il perd en revanche l'extrême mobilité de Gourdon, pour être toujours en soutien des attaques. Mais après l'incapacité française à creuser des brèches dans la ligne de défense irlandaise, sa capacité à casser les plaquages adverses pourrait être très utile. Sekou Macalou pourrait être un deuxième fer de lance très performant dans cette recherche d'espaces.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze