L'ailier international Benjamin Fall
L'ailier international Benjamin Fall à l'entraînement avec l'équipe de France | AFP - CHRISTOPHE SIMON

XV de France - De nouvelles ailes pour enfin décoller ?

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Face à la cascade de joueurs sanctionnés après la virée écossaise (Thomas, Lamerat, Danty, Belleau), l'encadrement de l'équipe de France a changé l'intégralité de son fond de terrain pour jouer l'Italie vendredi. Hugo Bonneval et Rémy Grosso, appelés en cours de route, sont ainsi titularisés avec Benjamin Fall pour le trio d'arrières, alors que la paire de centres est composée de Bastareaud et Doumayrou. Bref, une ligne de trois-quarts new-look pour renouer avec un succès qui fuit l'équipe de France depuis 8 matches.

Hugo Bonneval, la chance à saisir

Appelé avant le début du Tournoi pour suppléer Brice Dulin, Hugo Bonneval trouve un poste de titulaire contre l'Italie au prix de prestations plutôt quelconques de Geoffrey Palis. L'arrière du Castres Olympique n'a été ni intraitable sous les chandelles irlandaises, ni apporté sa fougue coutumière au CO sur les ballons de relance. A l'image de l'équipe de France dans son ensemble, Palis ne s'est pas montré sous son meilleur jour. "Il a montré des qualités mais ne s'est pas imposé totalement. On voulait voir Hugo à ce poste où il y a de la concurrence", a expliqué Jacques Brunel. Polyvalent, Hugo Bonneval hérite donc d'une belle opportunité. Pour sa 10e sélection chez les Bleus, le Toulonnais, auteur de 3 essais en Top 14, est un dynamiteur de défense. Aimant s'intercaler, il aura cette mission vendredi au Vélodrome. il peut aussi couvrir les postes d'ailier en cas de besoin. 

Benjamin Fall, l'espoir souvent déçu

Il ne compte que 7 sélections en équipe de France. Mais son premier match remonte à 2009. Il y a 9 ans, Benjamin Fall évoluait à Bayonne, et à 20 ans, il était un grand espoir du rugby français. Neuf ans après, les blessures ont contrarié son évolution. Ses performances aussi. Des appels réguliers, généralement pas honorés en raison de soucis physiques, lui ont collé une image de joueur fragile. Après un passage au Racing, il s'est installé au poste d'arrière à Montpellier. Trois essais cette saison en Top 14, et des prestations plus abouties lui ont rouvert les portes de Marcoussis. Cinq ans après sa dernière sélection. Joueur délié et pétri de talent, l'un des plus anciens Bleus du groupe ne peut pas laisser passer sa chance, offerte avec l'éviction de Teddy Thomas, coupable avec d'autres d'avoir dérapé dans la soirée d'après-match en Ecosse. Il peut, lui-aussi, jouer à l'arrière en cas de nécessité.

Rémy Grosso, l'autre perce-muraille

Après les prestations très quelconques de Virimi Vakatawa, Jacques Brunel a décidé de changer l'ailier d'origine fidjienne. "On attendait un peu mieux, il a montré un peu de difficultés. Physiquement, il a peut-être besoin de se régénérer", a justifié le sélectionneur au sujet du Racingman. Pour le suppléer, il a placé Rémy Grosso, un ailier rapide à fort tonnage, comme l'est Vakatawa. Il a un an de plus que Benjamin Fall, et une carrière internationale encore plus courte, marquée par un seul match, en Coupe du monde en 2015, face au Canada contre qui il avait inscrit un essai en toute fin de match. Arrivé à l'intersaison à Clermont après un long bail à Castres, il a dû s'insérer dans l'équipe championne de France, aux ailes talentueuses (Nakaitaci, Strettle, Raka...). Depuis le début de la saison, il a joué 12 matches et inscrit deux essais. A 29 ans, il doit franchir un cap au plus haut niveau.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze