Le bonheur des joueurs de l'équipe de France
Le bonheur des joueurs de l'équipe de France | AFP - CHRISTOPHE SIMON

Six Nations : Le XV de France au bal des sourires

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En remportant le Crunch contre l'Angleterre (22-16) lors de la 4e journée du Tournoi des 6 Nations, l'équipe de France s'est offert un succès de prestige. Contre le rival ancestral, contre la 2e nation du monde. C'est aussi un énorme bol d'air frais, pour une équipe malmenée depuis plusieurs mois par la critique. Alors, forcément, les sourires étaient de sortie. Et même les rires. Cela faisait presque un an que cette forme de contentement n'avait pas animé les cadres du XV de France.

Le scénario avait un air de déjà-vu. Sébastien Vahaamahina se prend la tête, se lève, peste et se rassoit. Sur son siège du Stade de France, après avoir laissé sa place sur le terrain, le 2e ligne ne respire plus dans ces dernières minutes de match pleines de tension. Lorsque Lionel Beauxis rend au pied un ballon, Jacques Brunel s'est souvenu de cet ultime drop de l'Irlandais Jonathan Sexton, ici-même lors du 1er match du Tournoi 2018, synonyme de défaite. Ce soir, il rigole, et Guilhem Guirado à ses côtés aussi: "Oui, ça m'a traversé l'esprit", avoue-t-il.

Jacques Brunel: "La pièce est restée du bon côté"

Ce samedi soir n'est pas comme les autres. Les Français sourient, satisfaits. Une victoire contre l'Angleterre est toujours à part. C'est surtout une 2e de suite, après 8 matches sans victoire. Malgré un genou totalement emmailloté d'une énorme poche de glace, et une démarche de vieillard, le talonneur du RCT a le sourire. "Je suis fier de l'état d'esprit", lance Guirado. "On est content car on a répondu dans l'engagement, ce qui est la base de notre sport." Il n'a pas toujours dit ça, et quand cela lui arrivait, la victoire n'était pas toujours au bout. "L'équipe de France a passé des moments difficiles, mais je savais qu'on pouvait être près des meilleurs", glisse le sélectionneur. "Contre l'Irlande, c'était déjà le cas, mais il n'y avait pas eu de réussite. Là, la pièce est restée du bon côté. Mais sur ces deux matches, on a prouvé qu'il fallait compter avec nous."

Sébastien Vahaamahina, premier joueur à se présenter devant la presse, a laissé sa mine habituellement renfrognée aux vestiaires. Ce soir, c'est sourire, franc, et commentaires, en longueur: "Ca fait du bien", dit-il les dents blanches apparentes. La tension sur la fin de match, la "peur" même, tout ça est évacué. Sur le bord du terrain, Jean-Baptiste Elissalde avait sauté dans les bras de Guilhem Guirado au coup de sifflet final. "Depuis quelques temps, il a subi beaucoup de déceptions. Alors, ça m'a fait plaisir pour lui", justifie l'adjoint de Jacques Brunel.

Les larmes de Rémy Grosso

Rémy Grosso a séché ses larmes. L'ailier clermontois a été élu homme du match. Mais ni cela, ni la victoire, sont la source de ce trop-plein d'émotions: "J'ai réussi à revenir de galère", souffle-t-il en baissant la tête. "C'était la joie de gagner, mais surtout, je ne me voyais pas jouer de tels matches voici quelques temps. Ca a été très compliqué pour moi depuis deux ans", glisse-t-il. Les blessures ont longtemps retardé son éclosion à ce niveau. "Mais ça fait des années que je le suis", assurait Jacques Brunel plusieurs minutes auparavant. "On avait conscience de son potentiel. Pour moi, ce n'est pas une surprise."

François Trinh-Duc, l'un des plus anciens du groupe, parle "de vrai exploit". Jacques Brunel a rapidement fait un bilan du match "Il y a eu beaucoup de bonnes choses, dans l'engagement physique, surtout en défense qui a été remarquable. Plusieurs choses sont à améliorer: la touche a balbutié, on a été pénalisé en mêlée. Mais l'énergie déployée, l'emprise que l'équipe a eue sur le match avec plusieurs fois des actions près de leur ligne... Tout ça donne beaucoup de satisfactions."

Pour résumer, Guilhem Guirado assure: "Ce soir, c'est l'état d'esprit qui nous a permis de gagner. Mais contre le pays de Galles, la semaine prochaine, cela peut ne pas passer. L'intensité de ce soir sera au même niveau à Cardiff."

Brunel : "On s'est fait peur sur la défense"

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze