Afrique du Sud Nouvelle Zélande Nonu Burger 08 2010
Ma'a Nonu dans la défense féroce des Sud-Africains | AFP - Alexander Joe

Sacre immaculé des Blacks chez les Boks

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Menée durant 78 minutes, la Nouvelle-Zélande a fini, grâce à deux essais en deux minutes, par s'imposer (29-22) à Johannesburg face à des Sud-Africains longtemps impressionnantes en défense. Ce cinquième succès en cinq matches offre le Tri-Nations aux All Blacks sur les terres de son précédent détenteur. Il s'agit de leur 10e sacre dans cette compétition. En prime Daniel Carter est devenu le meilleur marqueur de l'histoire (118 points), dépassant Jonny Wilkinson.

Seul. Tout seul. Durant plusieurs dizaines de secondes, John Smit est resté en solitaire sur le terrain de Johannesburg. Un temps qui a dû lui paraître si long, et en même temps si court pour fêter sa centième sélection sous le maillot vert, entrant ainsi dans le club si restreint des "centenaires" et porter son nombre à 14. C'est bien l'un des rares moments où l'ancien Clermontois s'est trouvé isolé. Lors du traditionnel haka, les Springboks ont joué l'union sacrée, les joueurs collés les uns aux autres face aux All Blacks, pendant que le public chantait assez fort pour rendre inaudibles les paroles tribales. Les premiers contacts démontraient cette envie des champions du monde de laver l'affront des trois revers consécutifs dans ce Tri-Nations. Quinze minutes de domination, quinze minutes pour bouger des Néo-Zélandais sur la défensive, et malgré l'ouverture du score de Daniel Carter (6e, 3-0), les Springboks menaient (6-3) grâce à deux pénalités de Morne Steyn (10e et 14e, 6-3). Le leader de la compétition réagissait, et après un échec sur le poteau, l'ouvreur néo-zélandais égalisait après plusieurs séquences dangereuses (21e, 6-6). Aussitôt, l'Afrique du Sud retrouvait de leur force, notamment devant, et sur une pénalité rapidement jouée par Steyn, Burger finissait par aplatir dans l'en-but sous un amas de joueurs, pour un essai validé par l'arbitre de touche (24e, 13-6).

L'occasion était de nouveau offerte à Daniel Carter de ramener les siens, et en plus de devenir le meilleur marqueur de l'histoire du rugby, devançant de deux points l'Anglais Jonny Wilkinson (1111 points). Sa pénalité des 50m était, comme souvent, un bijou de précision et de dosage, pour l'installer un peu plus dans la légende de l'ovalie (27e, 13-9). Mais dans cette rencontre, son homologue maintenait la marge des champions du monde (31e, 16-9). Jusqu'à ce qu'une action rondement menée, suite à une touche sur les 22m, n'envoie Woodcock en position d'ailier dans l'en-but (36e, 16-14). L'indécision était totale, Nigel Owens s'invitant involontairement à la lutte dans un choc qui le maintenait au sol quelques minutes, sonné (39e). 

La physionomie du match n'était pas modifiée au retour des vestiaires, avec un sans-faute prolongé par Steyn au pied (43e, 19-14), consécutif à une mêlée "sud-af" dominatrice. Le temps passant semblait tourner à l'avantage des Néo-Zélandais, un peu plus entreprenants et rapides, qui se heurtaient tout de même à un superbe rideau défensif, comme lors de ce débordement de Carter, qui était arrêté presque sur sa ligne par Pietersen (56e).Et c'est encore l'ouvreur local qui faisait fructifier les erreurs adverses (63e, 22-14). Intraitable et omniprésente, la défense de Peter De Villiers laissait aphone une attaque qui avait jusque-là marqué la bagatelle de 132 points. Carter ajoutait une pénalité (68e, 22-17), synonyme de bonus défensif et donc de sacre. Mais l'ailier Jane passait tout près du deuxième essai, juste devancé par Pietersen pour aplatir le ballon (70e). Steyn héritait d'une pénalité dans son camp, mais il la tapait en ballon mort, ce qui offrait une mêlée aux All Blacks à l'endroit de son coup de pied, avec pour conséquence indirecte une pénalité aux 30m en face, ratée par Carter (73e). Mais à force de dominer, ces terribles All Blacks finissaient par trouver un petit trou de souris, mis à profit par le capitaine McCaw en position d'ailier (78e). Tous les angles de la vidéo ne permettaient pas un jugement certain, et c'est l'arbitre du terrain qui prenait la décision d'accorder cet essai, qui changeait tout. Car les cinq points ramenaient la Nouvelle-Zélande à hauteur (22-22), et Carter ratait une nouvelle fois con coup de pied, il est vrai en coin. Et alors que le match nul semblait se profiler, Nonu passait pour l'une des premières fois la défense avec un plaquage manqué, et servait Dagg sur l'aile gauche qui allait inscrire l'essai de la victoire, transformé par le meilleur ouvreur du monde (80e, 29-22).

Après avoir été incapable de battre une seule fois l'Afrique du Sud l'an dernier dans cette épreuve, la Nouvelle-Zélande s'est vengée en subtilisant aux Sud-Africains leur trophée dans leur antre. Et John Smit se retrouvait encore une fois seul, avec toute sa peine et ses larmes. Sa 100e sélection n'a pas été aussi joyeuse qu'espérée.

Tournoi des Quatre Nations