Les All Blacks lors du Haka
Le Haka réalisé par les All Blacks avant chaque match | AFP - GIANLUIGI GUERCIA

Four Nations: Les All Blacks largement favoris pour conserver leur trône

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Tenue en respect par les Lions en début d’été (une victoire suivie d’une défaite et d’un match nul), la Nouvelle-Zélande reste a priori au-dessus du lot dans l’hémisphère Sud où ni l’Australie, ni l’Afrique du Sud ni l’Argentine ne semblent en mesure de contrarier les champions du monde, lauréats de quatre des cinq derniers Four Nations et tenants du titre. La compétition phare de l'hémisphère Sud commence ce samedi avec Australie-Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud-Argentine.

Il a fallu une sélection des meilleurs joueurs anglais, gallois, irlandais et écossais pour rivaliser avec les All Blacks. Maîtres du monde depuis la Coupe du monde 2011 (deux sacres planétaires et une seule édition du Rugby Championship laissée aux Wallabies en 2015), les Néo-Zélandais ne devraient pas être inquiétés cet été. 

Ils débuteront par deux matches contre l’Australie, le premier dès samedi à Sydney, et boucleront l’épreuve chez le rival –de toujours- sud-africain qui a retrouvé des couleurs en juin avec trois succès face au XV de France. Comme souvent, Springboks, Pumas et Wallabies vont devoir se contenter de viser la deuxième place, à moins d’un exploit.

Les All Blacks au-dessus de la mêlée

Malgré l’absence de l’ailier Julian Savea (46 essais en 55 capes), ignoré dans le groupe de 33 joueurs néo-zélandais qui disputeront la compétition (le revenant Nehe Milner-Skudder en fait partie, lui), les Kiwis ont toutes les cartes en mains pour triompher une nouvelle fois. Inéligible à la sélection après avoir signé un contrat hors de Nouvelle-Zélande, le pilier Charlie Faumuina a ouvert la porte à Laulala. Dans le même cas, Aaron Cruden n'a lui pas été remplacé: le staff fera donc confiance au seul duo Beauden Barrett et Lima Sopoaga à l'ouverture. Damian McKenzie a été retenu comme réserviste, et remplacera l'arrière Ben Smith, qui ne disputera que les deux premiers matches. Le jeune Jordie Barrett, joueur polyvalent des lignes arrières, sérieusement touché à une épaule depuis la demi-finale du Super Rugby, a vu sa saison s’écourter. 

"Nous avons appris de façon significative dans des secteurs contre les Lions et c'est une grande chance pour nous de le mettre en oeuvre et de continuer à faire progresser nos talents dans l'exécution et le côté mental du jeu", a déclaré Steve Hansen. Le coach néo-zélandais a également insisté sur l'impact des déplacements dans cette compétition (Australie, Afrique du Sud et Argentine), éprouvants sur le plan physique en fin d'année.

Les Wallabies en reconquête

Victorieux du Four Nations en 2015 juste avant une belle finale mondiale perdue contre Dan Carter, Richie McCaw et Cie, les Australiens tenteront de surprendre leur voisin même si ils savent que l’écart est grand aujourd’hui. Sur un match, tout est possible comme l’ont prouvé les Irlandais l’automne dernier à Chicago (40-29, première victoire des Verts sur les Noirs en 29 tests). Le troisième ligne aile des NSW Waratahs, Michael Hooper (25 ans), a été nommé capitaine en remplacement du pré-retraité Stephen Moore, dans la perspective du Mondial 2019 au Japon et, à plus court terme, du Four Nations qui débute le 19 août.
"Michael a toujours montré sur le terrain combien il aimait notre maillot doré et c'est pour cette raison qu'il est respecté par tous les joueurs en Australie", a déclaré le sélectionneur Michael Cheika. "C'est déjà un immense honneur de porter le maillot des Wallabies, alors imaginez, en être leur capitaine !", s'est exclamé Hooper. 

"Son rôle de leader de cette équipe consistera à élever les standards de jeu de l'Australie autant que ce sera possible", a ajouté Cheika. "Il y a de nombreux jeunes joueurs, déjà en pointe, tels Bernard (Foley), Adam (Coleman), Samu (Kerevi) et Allan (Alaalatoa), a confié Hooper. Nous allons travailler ensemble et emmener l'Australie le plus loin possible". L'ex-Parisien Will Genia, qui vient de signer aux Melbourne Rebels et compte 78 sélections avec l'Australie, jouera d'ailleurs avec les Wallabies ce week-end face à la Nouvelle-Zélande lors de ce match inaugural qui compte également pour la Bledisloe Cup. Après une série de tests décevants en juin (victoires contre les Fidji 37-14 et l’Italie 40-27 mais défaite devant l’Ecosse 19-24), les Aussies doivent monter leur niveau d’un cran sous peine de grosses déconvenues.

Des Springboks en progrès

L’Afrique du Sud, considérée comme la deuxième équipe mondiale il n’y a pas si longtemps (deuxième du Four Nations en 2013 et 2014, demi-finaliste valeureuse contre les All Blacks à la Coupe du monde 2015), a déçu l’an dernier en terminant troisième de l’épreuve et en encaissant un incroyable 57-15 à Durban face aux maîtres du monde (plus grosse défaite de l’histoire à domicile pour les Boks). Les hommes du controversé Alistair Coetzee se sont bien relancés cette saison en corrigeant trois fois la France (37-14, 37-15, 35-12). Le pilier des Springboks Frans Malherbe et le capitaine Warren Whiteley sont toutefois forfaits sur blessure pour le premier match samedi prochain face à l'Argentine. 

Selon le Docteur des Springboks Konrad von Hagen, Malherbe qui s'est plaint d'un torticolis doit passer un scanner dans quelques jours. Dans le groupe pour le match d'ouverture des Sud-Africains au stade Nelson Mandela Bay de Port Elizabeth, il sera remplacé par Ruan Dreyer, qui avait porté le maillot des Boks pour la première fois en juin. Quant au troisième ligne Whiteley, il a souffert d'une rupture ligamentaire au pubis lors de cette tournée des Bleus et sera indisponible encore six semaines après avoir été opéré vendredi dernier. En son absence, le deuxième ligne Eben Etzebeth portera le brassard des Springboks lors de ce Tournoi des quatre nations de l'hémisphère sud.

Les Pumas visent le podium

Quatre fois sur cinq, l’Argentine a terminé quatrième et dernière du Four Nations. En 2015, les Pumas avaient réussi l’exploit de gagner en Afrique du Sud (37-25) pour éviter la dernière place. C’était juste avant la Coupe du monde en Angleterre où les Gauchos avaient effectué un parcours remarquable, battant l’Irlande en quarts de finale et s’inclinant seulement face aux Wallabies en demies. 

Les Argentins progressent chaque année mais ils doivent trouver le juste équilibre entre leur jeu plaisant mais plein de risques et une certaine rigueur indispensable au très haut niveau. Ramiro Herrera, futur joueur du Stade Français, fait partie du groupe argentin tout comme les habituels Cordero, Crrevy, Hernandez, Lavanini, Matera, Moroni, Orlando, Senatore et autres Tuculet. Le début de compétition sera déterminant pour les Pumas qui affrontent les Boks à deux reprises avec l’ambition de gagner au moins une rencontre. 

L’Argentine, qui reste sur un mois de juin décevant (échecs à domicile contre l’Angleterre remaniée, 38-34 puis 35-25, succès face à la Géorgie 45-29), doit se ressaisir si elle veut enfin monter dans la hiérarchie. A deux ans d’un Mondial japonais où elle retrouvera notamment le XV de la Rose et la France dans la poule de la mort, il n’y a plus de temps à perdre.

Grégory Jouin @GregoryJouin