Glasgow Toulouse Fritz crouse essai 12 2010
Le trois-quarts centre toulousain Florian Fritz | AFP - Graham Stuart

Toulouse voyage sans bonus

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A mi-parcours de la phase de poules de la Coupe d'Europe, le Stade Toulousain est resté invaincu après son succès à Glasgow (28-16), lors de la 3e journée de la H Cup. Avec toutes ses forces vives, le champion d'Europe en titre a remporté son deuxième match à l'extérieur, mais en frôlant encore une fois le bonus offensif sans l'atteindre. Les Toulousains recevront la semaine prochaine ces mêmes Warriors pour marquer 4 essais et se rapprocher de la qualification.

Zéro degré, peu de public, mais beaucoup de jeu. Stade Toulousain et Glasgow Warriors ont montré ce vendredi soir que leur philosophie de jeu n'était pas altérée par les conditions extérieures. Après avoir perdu à domicile voici deux ans contre ces Ecossais et surtout après avoir été battue à Clermont la semaine dernière en Top 14, l'équipe française était avertie et donc très humble à l'heure d'entamer la rencontre dans ce froid ambiant.

Cela n'évitait pas un début chaotique, avec un en-avant de Skrela sur le premier ballon, et une mêlée pénalisée juste après pour offrir les trois premiers points à l'ouvreur international gallois Jackson (2e, 3-0). Les deux épreuves de force suivantes, dominées par le pack visiteur qui faisait relever la première ligne adverse, étaient de nouveau arbitrées en faveur des Ecossais. C'est donc dans le jeu ouvert que les hommes de Guy Novès faisaient d'abord la différence. Sur un coup franc rapidement joué par Kelleher au milieu du terrain, Jauzion prenait l'intervalle et servait Fritz, venu pour un "mains à mains", qui s'en allait aplatir le premier essai (8e, 7-3). Jackson ratait deux pénalités avant de réduire la marque (11e, 7-6), imité par son homologue (16e, 10-6) avant que la ligne de trois-quarts ne fasse encore la différence. Kelleher s'échappait au ras, trouvant Médard en soutien qui retrouvait ses avants. Les percussions s'enchaînaient jusque devant la ligne d'en-but, et c'est Jauzion qui, en force, aplatissait le deuxième essai (23e, 17-6). Mais juste après, Glasgow prouvait toutes ses qualités et sa dangerosité. Evans trouvait un petit intervalle et tapait à suivre. Le ballon avait un rebond défavorable à Clerc, le premier dessus, ce dont profitait l'ancien Biarrot Aramburu pour le récupérer et aplatir le premier essai écossais (24e, 17-13). Les mêlées désormais totalement à l'avantage de Toulouse, et arbitrées en ce sens, donnaient de nouvelles armes à Skrela (32e, 20-13). Et c'est un nouvel éclair collectif qui venait aggraver le score. Sur une mêlée introduite par les Warriors dans les 22m toulousains, Kelleher chipait le ballon dans les pieds du N.8 adverse, partait le long de la touche avant de trouver sa 3e ligne et ses 3/4. Fritz héritait du ballon, crochetait à l'intérieur et prenait le trou avant de lever la tête et servir, d'une superbe passe au pied, Médard en position d'ailier qui neutralisait son défenseur en jouant en pivot pour Heymans qui marquait le troisième essai de sa formation (36e, 25-13). De l'intelligence, du dynamisme, de la cohésion, du jeu et un Fritz étincellant, la supériorité toulousaine était flagrante, tout juste limitée par une nouvelle pénalité de Jackson (38e, 25-16).

Après la pause, Guy Novès commençait à effectuer quelques changements, sans que la domination en mêlée fermée ne diminue, bien au contraire. Après 55 minutes de jeu, les Ecossais avaient déjà réalisé la bagatelle de 100 plaquages, leurs rivaux n'atteignant même pas la moitié, preuve de leur supériorité. Décidés à ne pas céder une quatrième fois, ce qui donnerait le bonus offensif au Stade, les Ecossais se montraient plus sérieux en défense, profitant d'une baisse de régime et surtout de nombreuses imprécisions à l'heure de jeu de leurs rivaux. Après avoir frôlé le bonus offensif à Newport lors de leur premier déplacement, les champions d'Europe en titre demeuraient à un essai de ce point si important dans leur lutte avec les Wasps. A six minutes du terme de la rencontre, Skrela ne trouvait pas la touche sur une pénalité sifflée à 30m, laissant passer une belle occasion d'inscrire ce quatrième essai synonyme de bonus offensif. A coups de petites approximations, le Stade laissait s'échapper une nouvelle fois ce bonus offensif, qu'il ne faudra pas regretter après la 6e journée. Ce succès (28-16) laisse donc un goût d'inachevé dans la bouche, au terme d'une deuxième période où seuls trois petits points (pour Toulouse) ont été marqués.