Stade Toulousain trophée Coupe d'Europe 05 2010
Les joueurs du Stade toulousain soulèvent pour la quatrième fois la Coupe d'Europe, un record | AFP - Lionel Bonaventure

Toulouse sur le mode All Blacks

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Les deux équipes jouent en noir, et chacune a connu une année 2010 fabuleuse. La Nouvelle-Zélande a ainsi remporté le Tri-Nations sans connaître la moindre défaite, enchaînant avec une tournée parfaite dans les iles britanniques. Pour Toulouse, le 4e sacre européen conforte le club au sommet de la hiérarchie continentale, alors que Clermont a enfin vaincu le signe indien en devenant pour la première fois de son histoire champion de France. Retour sur l'année 2010.

Le fait marquant : Toulouse recordman en Europe

Première équipe couronnée sur le plan continental, le Stade Toulousain est devenue la première à être sacrée une quatrième fois en Coupe d’Europe. En sortant de sa poule où se trouvaient Cardiff, Sale et les Harlequins, l’équipe avait accompagné la bonne série tricolore (Clermont, Biarritz et le Stade Français également qualifiés). Une victoire nette et sans bavure au Stadium face aux Parisiens en quarts (42-16) avant de détrôner le tenant du titre, le Leinster (26-16), et les portes du Stade de France s’ouvraient face au BO. Dans un match acharné, contrairement à leur réputation, c’est au pied que les Toulousains ont conquis ce 4e sacre continental, le troisième décroché aux dépens d’un club français pour sa septième finale. Comble du bonheur, les hommes de Guy Novès ont pour la première fois pu fêter leur titre à domicile, la finale se jouant au Stade de France.

Le double sans-faute : les All Blacks invincibles au Nord et au Sud

Pas une défaite dans le Tri-Nations, pas une défaite lors de la tournée en terres britanniques pour le 4e Grand Chelem de l'Histoire, la saison post-Coupe du monde a été extrêmement positive pour la Nouvelle-Zélande. Afrique du Sud, Australie, Angleterre, Irlande, Pays de Galles, Ecosse, tous se sont cassés les dents sur le futur hôte du Mondial-2011, déjà bien prêt. Avec un pack retrouvé notamment dans les mêlées fermées, et un jeu de trois-quarts de plus en plus abouti, Graham Henry n’a connu qu’une faille, qu’un seul petit revers durant l’année 2010, lors du match au Japon contre les Wallabies d’entre Tri-Nations et tests-matches (26-24). Ils ratent ainsi la possibilité de battre le record absolu de 17 victoires, réalisées en son temps par les Wallabies et les All Blacks. Une défaite en douze matches, personne n’a fait mieux, mais ce quasi sans-faute ne met que plus de pression sur les Néo-Zélandais pour leur Coupe du monde 2011 dès septembre prochain. Avec un Richie McCaw, capitaine-courage redevenu le meilleur joueur du monde au terme d’une saison absolument impressionnante.

La fin de la malédiction : Clermont, un Brennus tant attendu

Dix finales perdues. Jusqu’à 2010, l’ASM Clermont Auvergne détenait le record de chute sur la dernière marche. Certains parlaient même de malédiction. Mais à force de sortir la tête basse du Stade de France, notamment trois fois consécutivement (2007, 2008, 2009), les hommes de Vern Cotter ont fini par prendre leur revanche sur le sort, et sur Perpignan qui les avait dominés la saison d’avant. Alors que Porical avait été le héros de l’USAP en 2009, le collectif des Jaunards a brillé, Nalaga marquant le seul essai du match, Parra étant l’artificier en chef (1 transformation et 3 pénalités) et Floch l’ultime drop libérateur pour toute l’Auvergne. Troisième de la saison régulière, vainqueur dans la douleur du Racing-Métro en barrage après une décision litigieuse sur une pénalité, tombeur en prolongation de Toulon avec une décision arbitrale allant encore dans son sens, c’était l’année de Clermont. Un aboutissement pour les cadres emblématiques de ce club (Rougerie, Floch, Vermeulen, Malzieu…).

La gifle : le XV de France contre l’Australie

59-16. Jamais l’équipe de France n’avait encaissé une telle défaite contre l’Australie. Si la raclée reçue a fait couler beaucoup d’encre, c’est tant en raison de son ampleur que de la faillite collective, déjà aperçue dans des circonstances différentes lors des tests d’automne en Afrique du Sud (42-17) et en Argentine (41-13). En quelques mois, le XV de France a dilapidé le petit crédit né de son Grand Chelem dans le Tournoi des VI Nations de début d’année, qui avait déjà des airs de victoire en trompe-l’œil tant les rivaux habituels (Irlande, Angleterre) avaient été loin de leur niveau. La solidité collective, notamment au niveau du pack, qui a offert ce 9e Grand Chelem au pays, n’a été vérifiée que dans le pack le reste de la saison, ce qui laisse bien des questions à quelques mois de la Coupe du monde. Comme souvent, les remises en cause ont été nombreuses comme les attaques médiatiques à l’encontre d’un staff technique confirmé et apportant toute sa confiance à un groupe et à une méthode. Le Tournoi des VI Nations 2011 sera la dernière occasion de vérifier si les Bleus sont sur le bon chemin ou si la tendance de 2010 se confirme.

La résurrection : Toulon et le Racing-Métro s'en mêlent

C’était des clubs mythiques des années 80 et 90. La suite a ramené le Racing et Toulon dans l’anonymat relatif de la ProD2, avant que Mourad Boudjellal et Jacky Lorenzeti ne viennent apporter leur puissance financière et leurs habitudes de manager d’entreprise. Après avoir ferraillé dans la division inférieure pour arracher le sésame de la remontée, à coups de stars et de bons résultats, les deux clubs ont fini par se retrouver en Top 14. Avec Philippe Saint-André, le RCT a redonné vie à la citadelle de Mayol, l’équipe occupant longtemps les deux premières places avant de tomber en demi-finales, en prolongation, face au futur champion de France clermontois. Avec Pierre Berbizier, la fusion salvatrice avec l’US Métro n’est qu’un lointain souvenir et le Racing Métro a été une belle attraction de la saison passée. Le retour de Chabal, l’arrivée de Steyn, le club parisien a fait de l’ombre à son voisin du Stade Français et a fait revivre le stade de Colombes.

Le joueur : Daniel Carter

Malgré sa blessure à l’épaule qui l’a contraint au forfait lors des tests d’automne, Daniel Carter est redevenu le meilleur marqueur de points en tests-matches de l’Histoire. Avec douze derniers points marqués au Pays de Galles, l’ouvreur a dépassé son rival Jonny Wilkinson (1178 points avec l’Angleterre et les Lions britanniques) en atteignant désormais les 1188 points. 29 essais, 207 pénalités, 208 transformations et 2 drops, l’ancien Perpignanais, qui a débuté sa carrière internationale le 21 juin 2003 contre les Gallois en honorant sa première cape d’un essai, six transformations et une pénalité, a laissé loin derrière le mythique Andrew Mehrtens, son prédécesseur qui ne compte « que » 967 points. Avec un tel joueur, capable d’animer comme personne une ligne arrière pétrie de talent, la Nouvelle-Zélande pourrait avoir l’arme fatale pour redevenir champion du monde, 24 ans après le premier dont l’extraordinaire Grant Fox était le N.10.

Et aussi…

L’Aviron Bayonnais, malgré des moyens et un soutien sans faille du public, a vécu sa crise, n’échappant à la relégation en ProD2 que grâce à la rétrogradation administrative de Montauban, proie de difficultés financières et de guerres politiques. Les Montalbanais disparaissent ainsi du paysage rugbystique de l’élite, devant redémarrer en Fédérale 1, avec une autre gloire du passé, Béziers.
Les Blue Bulls ont réalisé un doublé dans le Super-14, en dominant en finale une autre équipe sud-africaine, celle des Stormers (25-17).
Après trois années en purgatoire, le SU Agen a retrouvé le chemin de l’élite en finissant en première position de la ProD2, La Rochelle prenant une nouvelle fois l’ascenseur en parvenant à sortir vainqueur des matches de barrage.
Pour la neuvième fois de son histoire, et la deuxième consécutivement, les Tigers de Leicester sont restés les maîtres du championnat d’Angleterre, dominant en finale les Saracens lors de leur troisième finale de suite.