Les Toulonnais en mode finale
Les Toulonnais en mode finale | PIERRE ANDRIEU / AFP

Toulon en mode finale

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La joie des Toulonnais au coup de sifflet final contrastait avec celle beaucoup plus mesurée et contenue des Toulousains. Les premiers savouraient une qualification-exploit, les autres une qualification (presque) normale. Et comme une finale se joue autant dans les têtes que dans les jambes, les Toulonnais, sur le pont depuis plusieurs semaines, sont rassemblés en stage à huis clos loin de Toulon. Objectif: se préparer à la finale.

« Une minute d'héroic fantasy »

« C'était une minute d'heroic fantasy » raconte le président toulonnais Mourad Boudjellal, l'ancien éditeur de Lanfeust de Troy. « Si la pénalité ne passe pas, je me dis que c'est irréel ». Le visage déformé par l'émotion de la victoire, le bouillant Boudjellal, dont la suspension des terrains à pris dimanche, n'a pas caché sa vive émotion après la victoire en demi-finale. « Quand j'étais éditeur, les moments de joie était dilués dans le temps. Là, c'est concentrés, très fort, cela t'envahit », dit-il. « Il s’agit du plus grand résultat du RC Toulon depuis la finale de 1992 ». La qualification pour la finale est vécue comme une délivrance, un exploit. « Je ne suis pas dans la tête des joueurs mais je me mets à leur place. Ça doit être énorme », ajoute-il.

Risque de décompression ?

La question vient juste après. Les Toulonnais donnent l'impression d'avoir déjà réussi leur saison. La cohorte de joueur expérimentés et de culture anglo-saxonne (Shaw, Botha, Wilkinson, Giteau) est une garantie contre la décompression psychologique. « Cette finale, c’est un rêve de gamin. C’est un rêve sportif qui se concrétise. Je suis en fin de carrière et c’est magique pour tous ceux qui nous suivent. Pour moi, ce sera la seule finale et ça arrive bien qu’on n’ait pas bien joué… » a dit Sébastien Bruno, 37 ans. En fait, la défaite en finale de Challenge sert désormais de match référence. Les Varois se sont promis de ne plus revivre les regrets d'un match qu'ils n'ont pas joué comme ils l'auraient voulu. « On n'avait pas jouer lors de la finale du Challenge (perdu contre Biarritz 21-18), contre Clermont, on a remonté des ballons et on a essayé. Cela nous a sauvé », reconnaît l'ailier international Alexis Palisson.

Objectif : récupération et re-mobilisation

Course au barrage, finale de challenge européen perdu conte Biarritz (21-18), barrage difficile contre le Racing (17-13), demi-finale au couteau face à Clermont, les Toulonnais, souvent le même quinze, enchainer les rencontres de haut niveau, physique et serrée, qui demande une grande énergie mentale. L'entraîneur des arrières Pierre Mignoni ne se trompe pas. Le maître mot de la semaine est « récupérer ». « On a aura un jour de moins que Toulouse » et surtout deux ou trois matches en plus dans les jambes et les têtes.

Pour se remobiliser, les Toulonnais ont décidé de ne pas rentrer à Toulon et de s'offrir un stage à la Teste, près de Bordeaux, loin de la pression populaire et des sollicitations. « On connaît la ferveur et la fièvre qu'il y aurait pu y avoir à notre retour à Toulon. Le staff, volontairement, a voulu nous enlever un petit peu de pression supplémentaire car de la pression il y en en aura rien qu'avec l'événement. C'est une bonne chose qu'on ait pu se recentrer et vivre des moments en vase clos », a expliqué le pilier Laurent Emmanuelli. Les Toulonnais se donnent les moyens de ne pas buter sur la dernière marche.

Mathieu Baratas